15 Août Fête de l’Assomption

Dans l’Église orthodoxe, Marie occupe une grande place dans la liturgie, la spiritualité et la prière. La vie de Marie y est perçue comme une parabole de l’Église, la vie de Marie évoquant la vie de l’Église et sa mission…

 

Messagère

 

Le départ de Marie, en toute hâte, vers la ville de Judée où habitent Zacharie et Elisabeth, ressemble au retour à Jérusalem des disciples d’Emmaüs. Marie accueille la présence du Christ en elle et elle court en porter la nouvelle. Les disciples ont reconnu le Seigneur ressuscité marchant avec eux et partageant le pain, et ils reviennent en urgence l’annoncer aux apôtres…

 

Marie, en route vers ses cousins, est l’Église en chemin. Celle-ci n’est pas encore née; elle ne le sera qu’à la Pentecôte. La Vierge porte en elle le Christ et elle assume déjà en germe la mission de la communauté chrétienne habitée par le Christ: le porter au monde. Marie est l’icône de l’Église servante de l’Évangile.

 

La hâte de Marie dit l’empressement qui est ou doit être celui de l’Église, communauté pressée de porter la Bonne Nouvelle. L’exemple de la Mère de Dieu nous stimule. Il est urgent d’annoncer le Christ à notre temps.

 

Priante

 

Le Magnificat est un chant d’action de grâces, une prière à la gloire de Dieu qui tient promesse et instaure un nouvel ordre des choses en Jésus‑Christ.

 

A travers Marie, c’est encore l’Église qui célèbre les merveilles de Dieu. En effet, du sein de la Vierge monte déjà la louange du Christ à son Père. Le Magnificat est une liturgie où se célèbrent le salut et la vie apportés par le Fils de Dieu.

 

A l’école de Marie, nous apprenons le goût et la joie de la prière en Église et dans le secret de nos coeurs. La Mère de Dieu nous enseigne la splendeur de la prière d’action de grâces, lumineuse de foi et de reconnaissance.

 

Témoin

 

Marie aurait sans doute pu rester dans le recueillement et la contemplation du don qui lui était fait, du don qui était fait au monde… Elle sort. Elle part. Elle marche. Elle ne peut garder pour elle Celui qui est sorti du Père pour venir jusqu’à nous.

 

En cela encore, elle est figure et prémices de l’Église. Le rassemblement fondé par le Christ n’a pas pour vocation d’en rester là ; son destin est de sortir, de se risquer sur les routes humaines pour faire part à tout homme du salut et de la joie messianique. Une Église tournée vers elle‑même et cantonnée dans le cercle de ses organisations ne serait pas l’Église. Elle est, par nature et vocation, missionnaire.

 

Marie nous entraîne en visitation.