Une partie de cartes


 
Un de mes camarades boitait. Jamais il n’en avait parlé à Sophios, mais celui-ci sentait bien que ce handicap le rongeait. Le jeune homme le vivait comme une terrible calamité qui l’empêcherait à tout jamais d’être heureux. Aussi, un jour, Sophios l’invita à faire une partie de cartes. L’élève fut un peu surpris, mais fier que Sophios s’intéresse à lui. Tout l’après-midi, ils distribuèrent, jouèrent, abattirent leurs cartes et le jeune homme s’y révéla acharné.
À la fin du jour, alors que le jeune homme venait de gagner une partie avec un jeu pourtant médiocre, Sophios lui parla ainsi :
« Vois-tu, le sort nous distribue à la naissance un certain nombre de cartes. Ensuite, c’est à nous de jouer. On peut réussir une belle partie avec des cartes pas fameuses, comme faire une partie médiocre avec tous les atouts dans son jeu. C’est pour cela que la vie vaut d’être vécue, peut-être même plus encore quand on a entre ses mains un jeu qu’il nous appartient de faire briller. »
On prétend que le jeune homme comprit le sens de cette allégorie !

Michel Piquemal

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