Le mur mitoyen

Dans la ville de Bagdad, le palais de Moulay Idriss était tout proche du palais de Moulay Hassan. Un seul mur les séparait. Mais les deux hommes ne s’aimaient pas. C’est peu de dire qu’ils ne s’aimaient pas, disons même qu’ils se détestaient.
Or, un jour, un maçon s’aperçut que, sous le mur mitoyen, des termites avaient formé une colonie. Il alla trouver Moulay Idriss et lui expliqua que s’il ne faisait rien, le mur risquait non seulement de s’écrouler, mais aussi de faire effondrer la toiture de son palais. Car les termites qui nichent sous la terre se nourrissent des murs de torchis et des boiseries.
– Ce n’est pas seulement mon mur à moi, répliqua Moulay Idriss, c’est aussi le mur de Moulay Hassan. Va donc le trouver ! C’est à lui de payer !
Le maçon se rendit donc chez Moulay Hassan. Mais celui-ci, qui était aussi avare que son voisin, lui rétorqua :
– Pourquoi viens-tu me voir, moi ? Pourquoi ne vas-tu pas trouver ce coquin de Moulay Idriss ?
Le maçon dut bien avouer que c’était déjà chose faite, mais sans succès… ce qui mit Moulay Hassan en fureur :
– Comment ! Ce vieil avare cousu d’or ne veut pas payer ! Eh bien, je ne paierai pas non plus.
La querelle prit de l’importance. Les deux hommes s’insultèrent, s’obstinèrent à refuser de faire les travaux. Et au bout du compte, le mur s’écroula et les deux palais avec lui.

Michel Piquemal

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