L'Évangile féminin.


Écrit par Jos. Deschênes

Ce matin, six décembre, où le souvenir du drame de la polytechnique revient nous hanter, je me permets de méditer une page d’Évangile qui me nourrit depuis quelques jours. Elle est inspirée du livre du Père Arnold: Dieu derrière la pote, P.177 ss.

Nous parlons beaucoup de l’option de Jésus pour les pauvres et les mal gommés de la société. Cependant Jésus a fait  une option fondamentale pour la place des femmes dans la société, il a bousculé les traditions patriarcales de son temps et nous n’en parlons presque pas. L’Évangile de Luc est un exemple percutant à ce niveau. Le drame de la polytechnique serait peut être une occasion pour se tourner vers ces passages de l’Évangile.

Le texte de l’Annonciaiton dans Luc est percutant. Marie décide seule devant la parole de l’ange d’accepter le projet de Dieu. Elle est fiancée, mais ne s’occupe pas de Joseph. Il est peinturé dans le coin. Ceci est inconcevable dans leur tradition, c’est briser une tradition patriarcale séculaire. Si nous clignotons vers Mathieu, c’est Joseph qui est mis en évidence et Marie est la petite soumise. La décision de Marie en Luc devrait provoquer  pour elle l’exclusion sociale et religieuse et même la mort. Cette décision de Marie l’élève au même  rang de dignité que les hommes. elle devient servante du Seigneur comme le furent Abraham et Moïse … Ceci nous conduit à une nouvelle conception du féminin et empêche de réduire la femme au foyer pour élever des enfants. elle n’est pas seulement  épouse et mère, elle est FEMME d’abord, elle est une personne humaine créée à l’image de Dieu. Nous avons sans doute trop réduit Marie à un rôle de priante, les mains jointes et les yeux fermées. Elle est la femme forte de l’Évangile qui brise les tabous du patriarchat et secoue dans sa base même le préjugé masculin.

L’épisode de la « prostituée » qui entre chez Simon pour baigner les pieds de Jésus, Lc 7, 36, nous questionne aussi. Nous avons mis l’accent sur le pardon que Jésus accorde à cette femme. Pourquoi n’y verrions-nous pas une amante qui vient briser les tabous masculins. elle est un témoin de l’amour qui se permet de briser les traditions patriarcales pour nous enseigner notre relation avec le Seigneur. Là où les hommes voient une prostituée, Jésus voit une amante qui dit son amour sans gêne et nous conduit sur ce même chemin. Jésus accueille cette femme et lui redonne sa dignité de femme et de personne humaine et Il nous dira le jeudi saint: Faites ceci en mémoire de moi. 

Une autre occasion forte est la présence des femmes au tombeau le matin de Pâques. Alors que les disciples sont enfermés à Jérusalem comme un groupe d’adolescents peureux, les femmes vont au tombeau découvrir et révéler la résurrection face au scepticisme de ces messieurs possesseurs de la vérité. Lc 24, 22-23. Écoutons-les: « Certaines femmes qui sont des nôtres sont venues nous dire que des anges leur avaient dit que Jésus Était ressuscité. » Mais peut -on se fier à des paroles de femmes? Jésus a pris une option fondamentale pour la place de la femme dans l’Église et la société ….

La visite de Jésus chez Marthe et Marie en est un autre exemple significatif.  Marie est assise au pied de Jésus. C’est la place et l’attitude du disciple pas celle des femmes mais celle de l’homme. la place des femmes est celle de Marthe qui prépare le repas et fait le service. Marthe veut rester à la sacristie pour préparer la liturgie alors que Marie devient disciple et témoin du Christ. Jésus veut redonner la dignité de disciple à cette femme et à toutes les autres après elle. La meilleure part que Jésus annonce est cette dignité de disciple inaugurée par Jésus de Nazareth.  Cette dignité de disciple n’était réservée qu’aux hommes.

Si nous apprenons à lire l’Évangile dans cette optique, nos mentalités pourraient chager, du moins je le souhaite. J’ai eu une femme comme mère; dans mon ministère, j’ai été marqué par des présences de femmes comme compagne de travail, J’ai découvert un intérêt pour la Bible grâce au travail de biblistes féminins qui ont ouvert des chemins nourrisants et motivants. Quand je relie des écrits contemporains dans la société et dans l’Église, je suis un peu gêné pour toutes ces femmes. Si je regarde ce qui se passe aujourd’hui encore dans notre monde, dernièrement nous avons suivit un reportage sur Mme Casgrain la première députée au Québec, le souvenir du six décembre 1989, sont encore des questions posées à notre mentalité ecclésiale. Où est passé le message de Jésus?

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