La Passion«« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »


Cri déchirant du Christ en croix qui résonne douloureusement à nos oreilles. Cri déchirant du Christ en croix qui nous laisse sans voix. Cri déchirant du Christ en croix qui nous terrifie et nous plonge dans la stupeur et l’incompréhension. Comment entendre, comment comprendre en effet ce cri du Christ en croix ? Dieu le Père aurait-il réel-lement abandonné son Fils en un instant si tragique ? Le Fils aurait-il réellement douté de son Père en un instant si tragique ? Et si le Christ lui-même, lui qui est le Fils de Dieu, lui qui est Dieu né de Dieu, en vient à s’exprimer de la sorte, qu’en est-il de nous qui sommes faibles et fragiles, de nous qui ne sommes pas en mesure de supporter ce qu’il a supporté, de nous qui ne sommes pas de nature divine ?Pourtant ce cri, loin de nous glacer le sang ou de nous terrifier, doit bien plutôt sonner à nos oreilles comme un réconfort. Le réconfort d’entendre le Christ nous exprimer qu’il fait bel et bien chair commune avec nous. Qu’il a réellement épousé notre condition humaine en toutes choses, excepté le péché. Qu’il n’a pas fait semblant d’être des nôtres. Qu’il a assumé notre humanité jusqu’en ces ténèbres où nous nous sentons abandonnés de Dieu. En s’exprimant ainsi, le Christ donne en quelque sorte ses lettres de no-blesse à ce cri déchirant et nous autorise par là même à le crier vers Dieu nous aussi.A condition toutefois de bien comprendre le sens profond de ce cri par lequel le Christ cite en réalité le premier verset du psaume 22. Un psaume qui décrit toute la Passion en ses moindres détails. En citant ce verset, le Christ fait donc allusion à ce psaume tout entier et montre qu’il sait exactement ce qui est en train de se passer, que tout est prévu, que rien n’est laissé au hasard, qu’il accomplit l’Écriture en toutes choses. Contrairement aux apparences, il nous révèle alors qu’il reste maître de la situation.D’autant plus que ce psaume se termine comme un chant de louange et d’espérance au Dieu de la vie. C’est pourquoi ce cri n’est pas tant un cri de désespoir qu’un chant d’espérance. Un chant d’espérance qui nous est donné pour que nous puissions l’entonner nous aussi, avec le Christ, aux heures sombres de notre vie. Un chant d’espérance qui nous permet de redire, en ces heures sombres, toute notre confiance à Dieu.

(Dominicains de Toulouse)

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