Il est mort pour nous


La foi chrétienne est ferme, depuis les premiers temps : « Jésus est mort pour nous. » Les textes du Nouveau Testament ont essayé d’expliquer ce point fondamental, mais difficile à recevoir : pourquoi fallait-il que Jésus endure sa passion ? Ils l’ont fait en s’appuyant sur les catégories de pensées qui étaient d’abord celles de l’Ancien Testament, et aux images qu’ils connaissaient :

  • le bouc émissaire (voir Epître aux Hébreux) : on chargeait symboliquement un bouc des péchés du peuple et on l’envoyait mourir dans le désert. Une façon de dire que le pardon de Dieu détruit le péché. D’une certaine manière, Jésus est cette victime qui a pris sur lui le péché du monde, mais qui l’a pris volontairement et l’a détruit lui-même par l’amour avec lequel il a offert sa vie (« Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne) ».
  • L’agneau sans tache (1ère lettre de Pierre, Epîtres aux Romains, aux Corinthiens, Apocalypse…) qui rappelle le dernier soir des Hébreux en Egypte avant de passer la mer Rouge. Le sang de cet agneau « pascal » préservait du fléau les maisons qui en avaient marqué leur porte, et rendait leurs habitants prêts au départ. De même, ceux qui sont « lavés » par le sang de Jésus sont préservés de la condamnation et aptes à passer au monde des libérés ;
  • Le rachat ou rédemption. Dans un monde où les esclaves étaient nombreux, ce mot de rachat avait une résonance extraordinaire. Il était synonyme d’affranchissement pour ceux qui n’avaient aucun droit, aucune existence personnelle ! De même, Jésus est entré dans l’humanité esclave du mal et de la mort. En acceptant de partager cette condition d’esclave, il en a affranchi l’humanité entière, capable de devenir, pour Dieu, un peuple fraternel.
  • Mais que ces images ne nous trompent pas. Ce n’est pas parce que le Evangiles, ou saint Paul, ou encore la Lettre au Hébreux expriment la mort de Jésus en terme de rançon, d’expiation ou de substitution que nous devons rester prisonniers de la théorie selon laquelle le père aurait exigé le sang du Christ comme satisfaction à sa justice. On aurait bien raison de se détourner avec horreur d’une justice divine dont la sombre colère enlèverait tout crédibilité au message d’amour…
  • En mourant sur la croix, le Christ a révélé la vraie nature de la toute-puissance de Dieu : c’est celle de la plénitude de l’amour qui est effacement de soi, don de soi. La mort de Jésus n’est pas une compensation, mais le signe de l’amour qui va jusqu’au bout du don, jusqu’au « par-don », jusqu’au don parfait.

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