Une histoire qui continue !


Retenons simplement trois « moments » dans le récit de la Passion selon saint Matthieu. Tout d’abord, Pilate se lave les mains devant la foule en disant : « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme : cela vous regarde ! »  Le gouverneur romain esquive sa responsabilité. Pourtant, c’est bien lui qui fait flageller Jésus et qui le livre pour qu’il soit crucifié. Nous sommes ici au cœur de la polémique qui a envenimé les relations entre les Juifs et les chrétiens : qui est coupable de la mort de Jésus ? Aujourd’hui, les « spécialistes » ont tendance à charger davantage Pilate. D’autres, s’appuyant sur la parole de Jésus à Pilate : « Celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché », continuent à accuser les chefs du peuple juif. Cette polémique semble vaine. Nous pouvons plutôt voir dans l’attitude de Pilate comme un reflet et un prolongement de l’attitude d’Adam et d’Eve  au tout début : « Ce n’est pas moi, c’est le serpent ! »  N’y a-t-il pas, en nous, une propension à nous disculper, à jeter la faute sur l’autre ? L’histoire de Pilate qui se lave les mains n’est décidément pas terminée ?

Le deuxième moment, c’est le rideau du Temple qui se déchire en deux. Sans doute, cet épisode veut dire que le culte rendu à Dieu au Temple de Jérusalem est désormais terminé. Un autre culte, « en esprit et en vérité », commence. Mais, plus profondément, s’accomplit ce que saint Paul a explicité d’admirable manière : « Jésus est notre paix, il a supprimé en sa chair la haine. Il est venu proclamer la paix. Par lui nous avons libre accès auprès du Père. » Le chemin vers Dieu est désormais direct et il est ouvert à tout homme qui veut bien écouter Jésus, car il est, lui « le Chemin, la Vérité et la Vie. »

Enfin, c’est la « confession » du centurion romain et des soldats qui étaient avec lui : « Vraiment, celui-ci était  Fils de Dieu. »  Ce sont des païens qui se laissent toucher par la lumière qui voit au-delà des apparences. Ce que tous voyaient, c’était un malheureux qui mourait dans d’atroces souffrances. Ce que ces païens ont vu, c’est le mystère qui s’accomplissait là. Nous voici encore renvoyés à nous-mêmes ! Si souvent, nous en restons à la surface des choses, des personnes et des événements. Ou alors, nous demandons des preuves pour croire. Où est notre regard de foi ?

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