C’est sans doute la valeur de l’accueil qui est soulignée aujourd’hui dans les textes de ce 13 dimanche


Avec le Livre des Rois, le prophète Elisée est bien accueilli par une femme riche de Sunam (à 80 kms au sud de Jérusalem). Et, dans l’évangile selon Matthieu, jésus nous dit : «Qui vous accueille, m’accueille.» On sait l’importance de l’hospitalité dans les pays du sud de la Méditerranée. Pour l’évangile, l’accueil est à la fois matériel et spirituel. Il s’agit, très concrètement, de donner à boire, «même un simple verre d’eau fraîche» au passant qui a soif. Il s’agit aussi d’ouvrir notre porte au message de jésus. On pense à la très belle formule de l’Apocalypse (3/20) : «Voici : Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre sa porte, j’entrerai chez lui et je prendrai le repas avec lui, et lui avec moi.»

Au temps d’Elisée, une femme, pour exister dans la société, devait être mère d’un enfant, et plus précisément, d’un garçon. D’où la compassion du serviteur d’Elisée «Hélas, elle n’a pas de fils.» Jésus mettra à égalité l’homme et la femme. Les chrétiens, aujourd’hui, comprennent que la paternité ‑ ou la maternité ‑ peut être spirituelle. Mais biologiquement ou spirituellement, il est nécessaire, d’une manière ou d’une autre, de «donner la vie» autour de soi. C’est ainsi que nous sommes à l’image et à la ressemblance du Père, source de toute vie.

Pour jésus, l’accueil de Dieu en nous est plus essentiel que la présence en notre coeur d’un être cher, quel qu’il soit. En son langage, souvent provocateur, le Christ va jusqu’à dire : «Qui ne hait pas son père ou sa mère, n’est pas digne de moi.» La traduction, plus supportable, dit : «Qui aime ses parents plus que moi …» Il ne s’agit pas, comme jadis, de mettre à distance père et mère pour être un bon moine, une bonne religieuse. Il s’agirait plutôt aujourd’hui de ne pas se laisser enfoncer dans le cocon familial. La foi est d’abord un acte de liberté personnelle qui passe avant toute tendresse conjugale ou filiale.

De la lettre de saint Paul aux Romains, on peut ce dimanche retenir cette phrase‑clef : «Morts au péché, vous êtes vivants pour Dieu en Jésus‑Christ.» Optimisme de l’apôtre : si le péché ne nous tue pas, il nous affaiblit toujours. La foi, le baptême, ne nous rendent pas saints au quotidien ! Mais notre santé spirituelle grandira si nous sommes des «vivants». Ce devrait être une des certitudes fortes de notre foi : Dieu fait de nous des vivants ! Le cantique ‑ beau ‑ nous le fait chanter : «Béni sois‑tu, Dieu notre Père ! Tu fais de nous des vivants.» Devant nos contemporains, c’est sans doute le témoignage le plus parlant l’élan de vie que l’Esprit met en nous.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.