Dieu premier servi


Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi…

A première vue, tes paroles semblent dures, Seigneur. Serais‑tu contre la famille? Pour bien comprendre ton message, il faut le remettre dans son contexte. Or ici tu parles aux « Douze », aux Apôtres que tu as choisis et tu leur montres les exigences de la mission que tu veux leur confier. Entre autres, il y a la disponibilité et la primauté de la mission sur tout le reste, y compris sur les affections humaines les plus légitimes. Honore ton père et ta mère, prescrivait la loi de Moïse (Ex 20, 12). En cela, comme sur tous les autres points, tu as été fidèle à la Loi. Saint Luc nous dit que tu étais soumis à Marie et à Joseph (2, 51). Néanmoins, déjà à 12 ans, tu leur faisais comprendre qu’il fallait d’abord que tu sois aux affaires de ton Père (Lc 2, 49). Tout au long de ta vie, c’est vers le Père que tu regardes toujours. Tu peux affirmer: Je fais toujours ce qui lui plaît (Jn 8, 29)… même si ton coeur humain peut en souffrir. Donne‑nous, Seigneur, de suivre ton exemple, de toujours faire passer l’essentiel avant le secondaire, la fidélité à Dieu avant la recherche du bonheur terrestre.

Qui garde sa vie pour soi la perdra… Qui perd pour moi la gardera…

Chacun souhaite « réussir sa vie ». Tu nous donnes la bonne recette: faire passer Dieu avant tout le reste… Te faire confiance, renoncer à nous‑mêmes… prendre notre croix à ta suite… Au premier abord, ce n’est guère agréable, certes! Alors, augmente notre foi, Seigneur! Que nous sachions découvrir le beau projet d’amour du Père pour chacun, projet beaucoup plus beau que tout ce qu’on pourrait rêver! Fais grandir notre amour. Rends notre coeur semblable au tien: toujours tourné vers le vrai but de la vie, vers le Père qui nous aime et nous veut heureux.

Par ton Eucharistie, viens vivre en nous. Mets en nos coeurs ton amour filial. Nos amitiés et nos affections humaines n’en seront que plus vraies, plus profondes, comme les tiennes, Seigneur jésus.

A première vue, ces paroles peuvent paraître contradictoires. Qui vous accueille, m’accueille, dit Jésus, ce qui veut dire que Dieu ne se donne à trouver que dans l’autre qui est mon frère.  Aimer passionnément l’autre, c’est aimer Dieu.

Comment alors comprendre que Jésus déclare indigne de lui celui qui aime sa famille plus que lui?  Est-ce parce qu’il serait impossible de découvrir le visage de Dieu dans celui de son père ou de sa mère, dans celui de son fils ou de sa fille?  Cela voudrait-il dire que mon prochain serait tout le monde, sauf ma famille?  Vous comprenez bien que cela est absurde. Jésus nous invite simplement à sortir du cercle familial, à élargir largement le champ de notre affection.  Aimer son père et sa mère, aimer ses enfants n’a rien de très original et, à la limite, réduire son affection au cercle strictement familial conduirait très vite à se fermer l’esprit.  Or, Jésus nous demande justement de sortir de ce cocon familial, non pas qu’il soit mauvais, bien au contraire.  Nous savons tous combien une famille unie est importante pour l’éducation des enfants, nous savons tous combien une famille unie est indispensable à l’épanouissement de la personne, nous savons tous que c’est au sein de la famille que l’enfant fait l’expérience de ce que veut dire être aimé, nous savons tous bien qu’une famille unie est ce qui rend le mieux compte de ce qu’est Dieu. 

Mais Jésus nous demande d’aller plus loin, c’est-à-dire d’aimer son prochain comme s’il était de la famille, comme un fils, comme un père.  Et c’est là la nouveauté parce qu’il est toujours difficile d’aimer comme un frère quelqu’un qui n’est pas du même sang, quelqu’un qui nous est inconnu parce que venu d’ailleurs, avec ses coutumes, avec ses habitudes, avec ses modes de penser différents.  C’est pourtant à cela que le Seigneur nous convie: qui vous accueille m’accueille, et la réciproque est vraie; accueillir l’autre, c’est toujours accueillir Dieu.  A ce moment-là, la sentence ‘Celui qui aime son père et sa mère plus que moi est indigne de moi’ devient ‘Celui qui aime son père et sa mère plus que n’importe qu’elle autre personne est indigne de moi’.  La contradiction apparente n’existe plus parce qu’il ne s’agit pas d’aimer moins son père et sa mère, mais bien d’aimer le prochain, l’étranger à la famille, aussi fort que son père et sa mère.  Le prochain, c’est tout le monde, c’est tout autant le prophète, celui qui dérange parce qu’il nous dit nos vérités, que le juste, que le pauvre à qui l’on donne un verre d’eau.  Cela veut donc dire que le prochain est le tout venant, celui que Dieu met sur ma route au hasard des événements et non pas celui que je choisis.

Aimer son prochain aussi fort que son père et sa mère, voilà la clé du Royaume, voilà la clé de toute espérance.  ‘L’an prochain à cette même époque, dit le prophète Elisée à cette femme âgée et sans enfant qui n’avait pas hésité à le recevoir, tu tiendras un fils dans tes bras’.  Si Jésus nous demande d’aimer aussi fort que notre père ou notre mère ou que nos enfants, c’est bien parce que l’amour seul est source de vie.

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