PERDRE SA VIE


« Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n ‘est pas digne de moi… Qui veut garder sa vie pour soi la perdra… » Ces paroles sont dures et la suite de cette page d’Évangile nous montre que beaucoup de disciples de Jésus se sont éloignés de lui. D’autres ont demandé des explica­tions, notamment Pierre que la perspective du sup­plice de la croix bouleversait et scandalisait. Mais Jésus a répondu fermement et c’était dans la logique de sa mission.

En écoutant aujourd’hui ces paroles de Jésus, nous sommes invités à réfléchir sur notre fidélité à le suivre. Dans toutes nos vies se succèdent des hauts et des bas. Nous connaissons des moments de foi vive, de clarté, de joie comme Pierre lorsqu’il s’écriait: « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. »

Nous connaissons aussi des heures de découragement, de lassitude ou de contestation. La fidélité appelle à la persévérance à travers les années qui s’écoulent. Les événements éprouvent, usent, remettent en cause bien des choses. Vous savez, par exemple, combien l’institution du mariage est peu admise dans sa stabilité. De même on admet mal le caractère définitif de l’engagement d’un prêtre, ou les voeux perpétuels d’une religieuse. Le monde change, dit‑on, les hommes aussi et même l’Église. Alors comment pourrait‑on s’engager pour toujours ?

L’Évangile répond. Il nous montre, bien sûr, la contestation et la faiblesse de Pierre, mais aussi et surtout la fidélité de Jésus, fidélité envers ses disciples, fidélité envers ses amis. Ainsi lors de la dernière rencontre au bord du lac de Tibériade entre lui, le Ressuscité, et les Apôtres, trois fois Jésus demande à Pierre : « M’aimes‑tu? » Évidemment il lui offre ainsi le moyen d’effacer son triple reniement, mais il ne lui fait aucun reproche. Au contraire, il le confirme dans sa mission : « Sois le berger de mon troupeau. » L’Évangile nous découvre que Dieu toujours se sert de l’histoire et du temps pour découvrir sa pensée sur chacun de nous. Pierre n’a pu comprendre l’ampleur de la mission de Jésus qu’au fur et à mesure qu’il en vivait, lui‑même.

Il en est de même pour nous. En vérité, ni les jeunes qui se marient, ni les parents qui accueillent leur petit enfant, ni les jeunes religieux qui consacrent leur vie par des voeux.., ne savent exactement à quoi ils s’engagent. Mais ils en savent assez pour faire confiance à Dieu et à l’avenir qu’il leur prépare. Leur fidélité ne doit pas être une crispation sur ce qu’eux‑mêmes ont pu rêver à leur point de départ. Dans la clarté et la loyauté envers leurs engagements, elle doit devenir une ouverture à tout ce que Dieu veut déployer dans leur vie et cela c’est une fidélité à l’avenir, un accueil de l’espérance. L’espérance est toujours possible, car elle est enracinée dans la force du Christ qui nous aime et nous sauve.

Notre fidélité profonde est une question de foi. Nous avons souvent besoin du pardon et de la miséricorde du Christ comme Pierre. Mais ce n’est peut‑être pas le plus important. À nous comme à son Apôtre, Jésus pose toujours la question: « Que dis‑tu que je suis ?  » Puissions‑nous lui répondre chaque jour avec simplicité et confiance: « Je crois, Seigneur, je crois que tu es mon Sauveur, mais augmente ma foi! « 

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