Un dimanche où il s’agit de semence, de pluie, de neige… de la création.


Dans le livre d’Isaïe comme dans l’évangile selon saint Matthieu, la parole de Dieu est comparée à une semence. C’est-à-dire à une réalité qui ne s’impose pas de l’extérieur mais qui a un étonnant dynamisme de vie, et qui est fécondante. «Ainsi ma Parole ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir accompli sa mission» et même «sans avoir fait ce que je veux», précise Isaïe. Et là les chrétiens pensent qu’il s’agit de Jésus, Parole de Dieu, qui agit sans cesse selon la volonté du Père.

Cette fécondité de la parole n’est pas automatique. Et le Christ indique même que cette semence peut ne pas survivre à une terre trop ingrate. Il dépend de la conscience de chacun de l’accueillir ou non. Mais, en tant que telle, la Parole de Dieu accomplit chaque jour sa mission : elle indique le chemin de la vie, elle dévoile la douceur, et la vulnérabilité, et la gloire, et la joie du Père des Cieux ; elle trace le sentier de notre horizon éternel, elle est lumière dans nos ténèbres.

La semence, aujourd’hui, ne donne pas nécessairement cent pour un ! Mais la pensée est claire : celui qui aime est source de vie, il crée autour de lui un climat de résurrection.

Faut-il s’étonner que Jésus, rappelant Isaïe, prononce cette phrase (qui vaut pour beaucoup de nos contemporains peut-être, et en partie pour chacun de nous) «Ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux.» Quel appareillage, quelle opération, pourrait rendre la vue et l’ouïe ? Eveiller à la Parole, savourer cette Parole, c’est de notre responsabilité en ce monde.

Un monde qui, si l’on comprend bien l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains, attend une libération qui passe par les humains. Ce passage exprime une pensée plutôt mystérieuse pour nous ! L’«esclavage de la création», c’est peut-être la permanente lutte pour la vie qui s’impose aux animaux et même aux végétaux, le fort l’emportant toujours sur le faible. La «souffrance» de la création ? C’est peut-être cet irrespect des humains à l’égard de certaines formes de vie. Irrespect grandissant puisqu’on sacrifie à notre confort de nombreuses espèces, puisqu’on prend des risques climatiques… Saint Paul compare cette situation aux douleurs d’un enfantement. Dépend-t-il de l’achèvement de l’homme qu’enfin, sinon le cosmos du moins la terre, connaisse une nouveauté (Terre nouvelle, dit l’Apocalypse) où régnera l’admiration de la diversité et le respect de toutes choses, selon son ordre ?

«Pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent, et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous» dit encore saint Paul. Sans justifier, pour autant, toute souffrance.

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