De la sagesse à l’amour de Dieu


De la sagesse à l’amour de Dieu, et de cet amour à sorti accomplissement dans le Royaume des Cieux : on peut exprimer ainsi la méditation que nous proposent les trois textes de ce jour.

Dans le 1er livre des Rois, il nous est dit que l’initiative de la prière de Salomon vient de Dieu : «Demande moi ce que tu veux.» Promesse dangereuse si elle est humaine : le roi Hérode fit un jour cette promesse à une belle danseuse ! Face à Dieu, le roi Salomon, fils de David, a la sagesse de demander… la sagesse. Le discernement, accordé par Dieu, est sans doute le meilleur fruit de l’expérience acquise au cours des ans. Dès sa jeunesse, Salomon en sera pourvu.

A noter que le Seigneur félicite le priant de ne pas avoir demandé des biens matériels. Ni la mort des ennemis. Dommage que, ici où là, la Bible nous invite à implorer (voire à nous réjouir de) l’extermination des adversaires, en l’attribuant d’ailleurs à Dieu ! Il faudra le Christ pour nous apprendre à respecter, à aimer même nos ennemis.

L’amour de Dieu – et l’amour fraternel universel qui lui est semblable – apporte aux hommes la capacité de surmonter toute épreuve, selon ce qu’affirme l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains : «Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien.» Et saint Augustin ajoutera «même les péchés» (ce fut son expérience spirituelle). Ne nous y trompons pas: «le bien», donné par Dieu au-delà des aléas, des peines, des détresses de l’existence, c’est l’amour créateur du Père, c’est la venue du Fils parmi nous, c’est l’Esprit-Saint répandu dans nos coeurs. Et nous sommes des fils pour Dieu, nous le sommes vraiment.

Fils, donc héritiers : dans l’évangile selon saint Matthieu, le Royaume des Cieux est comparé à tin trésor. L’étrange est que ce trésor soit trouvé par hasard, découvert de manière imprévue dans un champ : c’est toujours Dieu qui nous aime le premier. Mais cette perle précieuse qu’est le Royaume doit aussi être recherchée : la foi qui n’est pas un dû mais un don, est toutefois un effort de l’homme, en tout cas une acceptation venant de sa liberté. Ce trésor, quand il est donné et acquis, ne fait pas de nous des hommes parfaits. En chacun se mêle ce qui est bon et ce qui ne vaut rien, et comme le marin pêcheur de retour au rivage, il faut trier, discerner l’un de l’autre. On retrouve ce nécessaire discernement demandé par Salomon.

Jésus compare encore le Royaume à «un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien». Pas seulement (lu neuf, il y aurait le risque d’inventer une fausse parole. Pas seulement de l’ancien, il y aurait le risque de sclérose, d’inattention à la vie… Ce ne sont pas seulement les «maîtres» (les maîtres en Israël, comme il est dit), c’est chacun de nous, croyants, qui devons être fidèles à la tradition reçue, laquelle n’est pas constituée à jamais, mais constituante pour chaque génération.

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