La Bonne Nouvelle est universelle: personne n’est rejeté par Dieu, personne ne doit donc être exclu par nous…


Le texte de l’évangile selon saint Matthieu qui nous est proposé aujourd’hui est important sous divers aspects. Il manifeste que Jésus n’a pas hésité à aller en terre «païenne». S’étant heurté à l’incroyance des siens (Ce peuple m’honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi), il sort de la Galilée pour «se retirer vers Tyr et Sidon». Les chrétiens n’ont aucune raison d’avoir peur de se trouver en terre païenne, même s’ils sont, de nos jours, affrontés à un humanisme suffisant (aux deux sens de ce mot).

Ce texte manifeste la compassion du Christ pour toutes les détresses. I: on sait que perdre un enfant est une des grandes épreuves humaines. Et cette fille «tourmentée par un démon» (c’est-à-dire sans doute épileptique) fut guérie par la seule autorité de Jésus.

Ce texte manifeste aussi que nous pouvons rencontrer une très belle foi-confiance dans chaque quartier, dans chaque village. Nulle religion n’est propriétaire de cette relation de ferme espérance envers l’éternel. Comme impressionné par les paroles de la Cananéenne, Jésus s’émerveille : «Femme, ta foi est grande !»

Il manifeste que certaines rencontres peuvent éveiller en nous ce qui existait sans qu’on en prenne conscience. Cette femme païenne «éveille» Jésus, non pas à sa mission universelle, mais à la mettre à l’action. Un peu comme Marie aux noces de Cana avait amené son Fils à ouvrir sa mission publique.

Le texte d’Isaïe, comme la lettre de saint Paul aux Romains, nous dictent aujourd’hui une attitude vécue par le Christ face à la Cananéenne, à savoir le refus de toute exclusion. Le prophète nous livre une Parole du Seigneur : «Les étrangers… je les rendrai heureux dans ma maison… qui s’appellera : Maison de prière pour tous les peuples.» Nul, quel que soit son pays, son ethnie, sa couleur, ne doit se sentir rejeté par le Seigneur. Et la relation à Dieu est pour tous source de joie. N’oublions pas que le bonheur de l’autre, c’est d’abord de se sentir respecté. «Laisserons-nous à notre table (la table du pain, la table de la dignité…) un peu de place à l’étranger ?»

Saint Paul, prolongeant ses réflexions sur les juifs, ses frères de race, voudrait certes qu’ils accueillent la Bonne Nouvelle de Jésus. L’apôtre des païens garde une amitié chaleureuse pour ceux qui ne peuvent devenir disciples du Christ. Il est à l’opposé d’avoir à leur égard une attitude de rejet. Et il en donne la raison profonde : «Dieu veut faire miséricorde à tous les hommes» car, comme il le dit ailleurs : «Dieu veut que tous les hommes soient sauvés.» Notre espérance repose sur cet amour infini. Et notre comportement s’efforce de voir en tout homme un frère que l’Esprit de Dieu habite.

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