Méditation


« Tais-toi donc, grand Jacques, que connais-tu du Bon Dieu ?» a chanté un jour Jacques Brel. Il reprenait à son compte plusieurs affirmations bibliques qui nous sont proposées ce dimanche.

Il est vrai que de répéter «les voies de Dieu sont impénétrables», est devenu une manière facile de briller dans une conversation mondaine ! Et pourtant Pascal n’a-t-il pas raison quand il écrit : «La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la dépassent» (Pensées, 267). Indispensable de réaffirmer la transcendance de Dieu, à l’heure où l’on soumet volontiers tout à la raison humaine… Reste que Pascal voit aussi juste quand il précise :

«Si on choque les principes de la raison, notre religion sera absurde et ridicule» (273).

Qui fut le conseiller du Seigneur ? Il nous arrive de nous comporter, semble-t-il, comme si nous savions mieux que Dieu ce qu’il devrait faire ou ne pas faire ! L’honneur de l’homme est de reconnaître la grandeur de Dieu. C’est bien le sens de la finale de la lettre de saint Paul aux Romains : «A Dieu la gloire éternellement !» Nous le demandons dans le «Notre Père», et à chaque messe nous prions «pour la gloire de Dieu et le salut du monde». Nos prières, si souvent de demandes, ne devraient-elles pas devenir plutôt des prières de louanges ?

Dans l’évangile selon saint Matthieu de ce dimanche, Jésus commence par interroger les siens sur ce qu’on dit de lui. Puis il précise : «Et vous, que dites-vous ?», sous-entendu peut-être «entre vous». Finalement, il ne s’agit plus de ce qu’on dit mais de la réalité vécue : «Pour vous, qui suis-je ?» Chacun, comme nous aujourd’hui, a dû se sentir interpellé. L’apôtre Pierre a répondu pour nous tous : «Tu es le Messie, le Fils du Dieu Vivant». Nous sera-t-il donné de ressentir cela dans notre coeur, et non sur nos lèvres seulement ? C’est la condition pour que Jésus prenne en nous la place centrale qu’il a dans tout l’univers.

«Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise.» Cette phrase, pour nous catholiques, établit la responsabilité du Pape, successeur de Pierre. Mais chacun de nous est aussi une pierre vivante de cette immense maison qu’est l’Eglise. Jésus dit encore que «la puissance de la mort ne l’emportera pas sur son Eglise.». Phrase pleine de réconfort pour nous à condition de ne pas mal l’interpréter. Le Christ n’affirme pas que telle Église locale durera à jamais. Il n’a même jamais été dit, sauf par une tradition sans preuve, que la papauté garderait sa forme actuelle. Mais, la puissance de résurrection que Jésus nous a laissée par son Esprit, triomphera des fautes des chrétiens et des aléas de l’histoire. Il nous faut penser que l’Église est pécheresse (ô combien au cours des siècles !) et qu’elle est sainte par la force de Dieu.

Le texte du livre d’Isaïe semble avoir été choisi ce dimanche simplement parce qu’il parle de la «clef de la maison de David.» On peut estimer que ce rapprochement des expressions n’est guère nourrissant pour notre foi. Il nous suffira de penser que Dieu avait l’intention de confier à des hommes la clef pour ouvrir son Royaume.

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