QUELLE JUSTICE?


La Bible, et surtout l’Evangile, ne cessent de nous surprendre, de nous interpeller, de nous pousser toujours plus en avant dans l’insondable mystère de la justice de Dieu, infiniment riche de miséricorde et d’espérance.  Il y a peu, la parabole du débiteur sans pitié nous a rappelé les exigences et les conséquences concrètes du « pardon illimité » . Nous étions renvoyés à la prière familière du «Notre Père», si souvent récitée et chantée.  Aujourd’hui, Ezéchiel et Matthieu viennent enfoncer le clou.  Manifestement, , la conduite du Seigneur est étrange. » (1ère lecture).  Non seulement, il ne désire pas la mort du méchant, mais il lui promet le paradis s’il se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice ». Par ailleurs, le juste ne doit pas compter sur des assurances, nisur le privilège de l’ancienneté, l’addition des mérites, titres et décorations.  Nul n’échappe au risque du dérapage.  Une volte-face est toujours possible.  Tout comme une «perversité passée ne nous enchaîne pas pour toujours ». Tout peut un jour être remis en question, tant du côté du meilleur que du côté du pire.  Et donc personne ne doit se croire exempté de conversion, ni définitivement exclu de l’espérance.  Malgré son ardoise couverte de dettes, l’un des malfaiteurs crucifiés pour crime à côté de Jésus obtint « sur le fil » la promesse du paradis.  Il est vrai qu’il avait reconnu ses fautes et fait confiance au prophète libérateur.

La parabole des deux filsnous interpelle encore davantage car elle soulève le problème crucial de l’accord ou de la contradiction entre la foi proclamée et le comportement quotidien, entre le dire et le faire, entre les apparences et la réalité.  Mais aussi, entre l’appartenance et « la fidélité claironnée à l’Eglise », ses lois et ses pratiques d’une part et, d’autre part, l’accueil journalier de la contestation évangélique et du souci permanent de conversion.  Tout comme elle nous enseigne qu’il y en a qui disent non à l’institution », non à certaines «certitudes», invitations et mobilisations, tout en étant dans la pratique quotidienne des artisans de réconciliation, de justice, de paix et de solidarité.  Et chacun sait que ce n’est pas l’élite juive, ni ses chefs, ni ses théologiens qui ont pris au sérieux les avertissements de Jean Baptiste puis la parole de Jésus, mais bien les publicains « impurs » et les prostituées méprisées.  Les premiers ne semblent guère avoir pris le risque d’approfondir leur foi», ni de «mieux la mettre en cohérence avec leur vie ». Quant aux seconds, c’est en «pratiquant» l’humble écoute de la Parole, la confiance en Jésus et les conversions auxquelles il les invitait, qu’ils ont découvert et dit leur foi.

Si nous croyons que « Dieu est vivant en nous», écrit le Père Sintas,, Pourquoi alors le paralysons-nous ? Pourquoi l’empêchons-nous de s’exprimer à travers nous comme il l’entend ? » Et si, par la foi et le baptême, nous sommes devenus le Christ, « alors soyons-le » dans nos pensées et dans nos actes.

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