Les Pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus


Sous des apparences bien intentionnées, la question posée à Jésus nest quun piège : «Est-il permis, oui ou non, de payer limpôt à lempereur?» Curieusement, les Pharisiens préfèrent ne pas sadresser directement à Jésus, ils lui envoient des partisans dHérode. Tactique mûrement réfléchie car Hérode Antipas était le roi mis en place et soutenu par le pouvoir romain. Si Jésus conseille de ne pas payer limpôt à lempereur romain, il y aura des témoins dignes de foi. Les Pharisiens, eux, étaient connus comme des opposants au pouvoir romain parce quils considéraient loccupation romaine comme un châtiment divin. Ils se soumettaient mais à contrecoeur, et attendaient impatiemment la fin de cette humiliation. Ils étaient donc mal placés pour poser ce genre de question. Dans lautre sens, si Jésus semble empressé de conseiller la soumission, et il sera peut-être tenté de le faire, face aux Hérodiens, on pourra laccuser de collaboration. Jésus a compris le piège et le fait savoir en les traitant dhypocrites.

« Rendez donc à César ce qui est à César. »

«Hypocrites ! Pourquoi voulez-vous me mettre à lépreu­ve?» Il nest pas dupe du piège quon lui tend. Pourtant il est interdit de penser quil pourrait chercher à embarrasser ses interlocuteurs. Jésus na jamais cherché à mettre quiconque dans lembarras, ce serait indigne du Dieu dont la lumière éclaire les bons et les méchants. Il ne répond pas au piège par un autre piège. Il traite la question comme une question et il y répond vraiment. Payer limpôt à lempereur, cest tout simplement reconnaître le pouvoir politique du moment. Rien à voir avec de la servile colla­boration, au contraire, cest accepter une situation de fait. Dans la perspective de lAncien Testament on considère que tout pouvoir vient de Dieu. Jésus lui-même, au cours de sa Passion, dira à Pilate: «Tu naurais sur moi aucun pouvoir, sil ne tavait été donné den-haut» (Jean 19, i i ).

Rendez à Dieu ce qui est à Dieu

Rendre à César ce qui est à César, cest donc déjà une manière de rendre à Dieu ce qui est à Dieu (puisque tout pouvoir vient de Dieu). Une autre manière sera de ne pas rendre à César ce qui ne lui revient pas. Les rois de la terre ne sont en réalité que des roitelets. Nous navons dautre roi que Dieu. Cette leçon-là était déjà très claire dans lAncien Testament : pendant la persécution du roi grec Antiochus Epiphane, en 165 av. J.-C, par exemple, de nom­breux juifs ont affronté le martyre pour ne pas rendre au roi des honneurs qui nétaient dus quà Dieu. Plus profon­dément, Jésus pose à ses interlocuteurs une question beaucoup plus dérangeante: êtes-vous sûrs de rendre à Dieu ce qui est à Dieu? En loccurrence, il sagit de reconnaître en Jésus celui qui vient de Dieu, celui qui «est à Dieu ».

Fiche biblique panorama

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