Dieu ou l’homme ? Dieu et l’homme ?


Le lien entre les deux commandements n’est pas évident.  Au temps de Jésus, tous les rabbins savaient par coeur les deux formules : «Tu aimeras Dieu de tout ton coeur» (Deutéronome)et «tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Lévitique).  Cependant bien peu d’entre eux auraient donné à la seconde autant d’importance qu’à la première.

Dans un autre contexte, on entend souvent dire : «les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres».  Ce qui sous-entend qu’on peut servir son prochain sans référence à Dieu.  Ce qui est vrai.  Nous connaissons tous des agnostiques, voire des athées, qui sont, dans l’ordre de la charité fraternelle, des héros.  Ils ont sacrifié leur vie pour sauver un inconnu.  Ou ils l’ont donnée, silencieusement, au fil des années, dans le secret d’une famille, tout en étant éloignés de notre foi.  Nous devons rendre grâces pour l’amour ainsi prodigué et nous réjouir, sans arrière-pensée, de ce que tel non-chrétien, tel athée notoire soit plus avancé que nous sur les chemins de l’amour.  L’Esprit souffle où il veut.

À l’inverse, beaucoup de crimes ont été commis ou se commettent encore au nom de Dieu.  Pas seulement chez les intégristes de l’Islam.  Pourtant, le rapprochement entre les athées qui aiment l’homme et les croyants qui le méprisent est un faux rapprochement.  Les premiers suivent la voix de leur conscience.  Les seconds, aveuglés par leurs passions, sont en désaccord avec la volonté du Dieu qu’ils prétendent servir.

Le cri des prophètes

Avant la venue du Christ, les prophètes exhortaient le peuple juif à l’amour du prochain.  Un amour qui déjà déborde les frontières car il s’étend aussi à l’immigré.  L’amour du prochain vient de l’amour de Dieu: «Si le pauvre crie vers moi, je l’écouterai car moi, je suis compatissant».  Ainsi, avant la venue du Christ, le peuple juif savait que l’amour pour Dieu se vérifiait à l’attention au frère souffrant.

Jésus prend à son compte les deux commandements pour en souligner l’indissoluble unité.  Il va être l’homme du total amour, amour de son Père jusqu’à l’obéissance de la Croix, amour de l’homme jusqu’à la restauration de sa qualité de Fils aimé du Père.  Seul il a vécu tout le grand commandement.

Aimer Dieu c’est répondre à l’amour dont il nous a aimés le premier.  C’est nous laisser guider sur les chemins du pardon avec au coeur la passion de l’unité.

Aimer le Christ, c’est refaire la démarche du lavement des pieds, le Jeudi Saint, c’est imiter auprès du frère en difficulté le geste de celui qui est venu, non pour être servi mais pour servir.

L’eucharistie que nous allons célébrer fait mémoire de cet amour.  Que Dieu, Père plein de tendresse, nous donne l’Esprit d’amour, l’Esprit de son Fils pour que nous soyons un dans la foi et l’amour.  Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.