Seigneur, tu es notre Père


Au risque de nous surprendre, les hommes de la Bible ne sont pas les premiers à donner à Dieu le nom de Père : d’autres peuples le faisaient déjà avant eux. Ainsi, au XIVème siècle avec Jésus-Christ, à Ugarit – en Syrie, au nord de la Palestine -, le dieu suprême s’appelait « El, roi-père ».  Mais là s’arrête la ressemblance ; le mot est identique, mais sa signification est très différent. Chez les autres peuples, la divinité est considérée comme un père à la manière humaine, un père biologique. En Israël, au contraire, il n’a jamais été question d’envisager Dieu comme un père biologique : Dieu est le Tout-Autre. Lorsqu’on s’adresse à lui comme à un père, c’est pour faire appel à sa toute puissance, à sa sollicitude, à sa bonté, car on le reconnaît comme l’auteur de nos jours, à notre créateur. Dans certains textes, pour éviter toute ambiguïté, on emploie l’image du potier : celui-ci n’est pas le papa biologique de l’objet qu’il crée : il en est le créateur, c’est tout autre chose : « Seigneur, tu es notre Père. Nous sommes l’argile, et tu es le potier : nous sommes tous l’ouvrage de tes mains. »  On entend ici un écho du récit de la Création dans le livre de la Genèse : « Le Seigneur modela l’homme avec de la poussière prise du sol »  (Gn 2,7).

Tu es, Seigneur, notre Rédempteur

L’autre titre donné ici à Dieu par Isaïe est celui  de « Rédempteur » : « Tu, Seigneur, notre Père, notre Rédempteur : tel est ton nom depuis toujours. »

Le mot traduit par « Rédempteur » n’a pas d’équivalent en français, car il s’agit d’un terme juridique particulier de la loi d’Israël – en hébreu, le « Go’el ».  Le livre du Lévitique prévoit que le plus proche parent d’un homme endetté s’interpose entre le créancier et le débiteur. Si par exemple, le débiteur a été contraint de se placer comme esclave chez son créancier pour payer ses dettes, le plus proche parent ira trouver le créancier pour obtenir la libération du débiteur (Lv 25,47-49).

Mérité donc le titre de « Go’el » le plus proche parent qui agit en libérateur.

C’est exactement dans ce sens que le prophète Isaïe attribue ce titre à Dieu : le centre de la tradition d’Israël, la mémoire qu’on se transmet de génération en génération, c’est « Dieu nous a libérés ».  Car, avant même l’Alliance du Sinaï, la première expérience qu’Israël a fait de Dieu, c’est celle de la libération d’Egypte. Et l’on sait que, tout au long de l’Histoire, Dieu pourquoi son œuvre : jusqu’au jour où l’humanité sera enfin libérée de toute chaîne. Pour cela, Isaïe voudrait voir les cieux se déchirer : pour qu’enfin, l’humanité accède à l’Alliance parfaite avec son Dieu, son Père, son Rédempteur « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes fondraient devant toi. »

Quelques siècles plus tard, au baptême de Jésus, les cieux se sont déchirés : Dieu a exaucé la prière d’Isaïe : il est intervenu en son Fils pour nous faire revenir à lui.                       Fiche biblique Panorama

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