Consolez, consolez mon peuple


Une telle phrase, de la part d’un prophète, suggère que la période est difficile. C’est un lointain fils spirituel d’Isaïe qui parle, au VIème siècle avant Jésus-Christ, pendant l’exil à Babylone. Les habitants de Jérusalem ont été déportés après la victoire de Nabuchodonosor. Combien de temps leur exil va-t-il durer ? Nul ne le sait, évidemment.

En attendant un retournement de la situation et un hypothétique retour au pays, le prophète s’ingénie à trouver des motifs d’espérer : à tel point que son livre est couramment appelé le « Livret de la Consolation d’Israël ». Mission difficile, car ses contemporains sont persuadés que leur épreuve n’est que le juste châtiment de leurs innombrables infidélités envers Dieu. Aurait-on donc oublié que le Dieu d’Israël est « riche en pardon » (Is. 55,7)/

Pour « parler au coeur de Jérusalem », comme il dit, le prophète recourt à ces images que tout le monde comprend, celle de la « double punition » est une allusion à la loi juive : d’après celle-ci, un voleur devait restituer le double des biens qu’il avait volés – par exemple deux bêtes pour une – (Ex. 22,8).

Parler au passé de cette double punition, c’était donc une manière imagée de dire que la libération approchait puisque la peine était déjà purgée : « Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez  que son service est accompli » – son esclavage est terminé – que son crime est pardonné et qu’elle a reçu de la main du Seigneur double punition pour toutes ses fautes. »

Votre Dieu

Ces deux mots sont la plus belle des consolations pour ce peuple-là ; ils sont la preuve que Dieu ne renie pas son Alliance dont la devise était précisément « Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu ».  C’est pour cela que le prophète n’hésite pas à se répéter : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu (…). Tracez une route pour notre Dieu (…). Dis aux villes de Juda : Voici votre Dieu. »   Voilà la grande nouvelle des ce texte : Israël, malgré ses fautes, est encore le peuple choisi par ce Dieu, que l’on appelle le « Seigneur », d’un nom qui dit, à lui seul, une promesse de présence protectrice. La répétition de ce nom sacré est volontaire de la part du prophète : « La bouche du Seigneur a parlé (…). Voici le Seigneur Dieu. «    Autre image très réconfortante à l’oreille des exilés, celle du berger : « Comme un berger, il conduit son troupeau ; son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits. »

Préparez le chemin du Seigneur

Comme souvent, le prophète Isaïe joue sur deux tableaux : le jour béni où l’on rentrera au pays, il y aura tout un long chemin à parcourir, à travers le désert, et le Seigneur sera avec nous. Mais tout le monde comprend que le prophète suggère à ses contemporains une autre préparation, un autre chemin, celui de la conversion.

                                                                                                                                   Fiche biblique « Panorama »

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