L’Evangéliste jean nous invite à une rencontre


  L’évangéliste Jean nous invite à une rencontre, une vraie rencontre : de celles qui déstabilisent, ébranlent nos certitudes et nous reconstruisent « autre ». Il laisse entrevoir sa rencontre, décisive, lumineuse, avec celui qu’il veut nous présenter : Jean le baptiste, l’envoyé de Dieu, venu pour rendre témoignage à la Lumière afin que tous y croient. « Qui es-tu Jean ? » (*) Jean répond : « Je ne suis ni le Messie, ni le prophète Élie, ni le grand prophète. »
Mais alors : « Qui es-tu Jean ? » Provoqué par les prêtres et les lévites, c’est en l’exprimant que Jean le baptiste découvre son identité profonde à travers sa mission. Il est le précurseur, le héraut, le cantonnier des chemins du Seigneur annoncé par Isaïe ! « Si tu ne fais pas partie de ceux que nous connaissons, pourquoi baptises-tu ? » (**)   Le piège est subtil : ma mission, mon expérience, ma vocation, ma parenté, mes connaissances, mes relations, tout ce qui m’identifie et qui m’enferme. Le fils de Zacharie ne se laisse pas entraîner sur ce terrain miné d’orgueil. Il m’invite à une autre rencontre, énigmatique celle-là, mais qui conditionnera toutes les autres. « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. »(***) Dans son intuition prophétique, Jean s’efface pour laisser s’avancer celui qui vient derrière lui. Laisser la place, toute la place, à celui qui vient et lui ouvrir la porte. Au début de son évangile, Jean trace le seul chemin qui conduit vers le Seigneur, vers nous-mêmes, et vers les autres. C’est un chemin d’humilité, d’honnêteté, de détachement et d’abandon. Expérience vertigineuse ! Rencontrer et me laisser rencontrer c’est accueillir et apprendre à aimer l’inconnu que je suis. Connaître, « naître avec » !   Renaître en s’abandonnant, en se laissant remodeler à l’image et à la ressemblance perdues au jardin d’Éden. Avec Jésus, nous naissons tous à Bethléem, et notre histoire unique et personnelle est une histoire d’amour unique et personnelle entre Dieu et nous, entre Lui et moi. Seule la longue patience de son amour me permet de connaître qui je suis grâce à celui qui est en face de moi, et qui se tient au milieu de nous. Le voir, le deviner, le reconnaître et l’aimer. Arrive la déchirure du renoncement, le moment où le témoin visible s’efface pour laisser son témoignage prendre chair en moi, vivre, s’épanouir dans la solitude, présence dans l’absence.
Non, je ne suis pas digne de défaire la courroie de sa sandale. Mais n’est-ce pas mon indignité, mon indigence qui attire sur moi la sollicitude, la miséricorde, la tendresse infinie de celui qui vient, qui est déjà là, caché derrière le témoin que je vois, que je suis, que je deviens ?

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