Annoncez aux prisonniers la délivrance


Cette phrase est extraite du chapitre 61 d’Isaïe : or les chapitres 56 et 66 sont traditionnellement attribués à un prophète des années 520 à 500 avant Jésus-Christ. Le retour d’Exil est donc chose faite : et pourtant, curieusement, le prophète, décrivant sa mission, parle de prisonniers : « Il – le Seigneur- m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance, et aux captifs la liberté.  Il est vrai que, si les déportés sont revenus, ils ne sont pas un peuple libre pour autant, puisque la Palestine est désormais sous la domination des rois de Perse, Cyrus et ses successeurs. Mais enfin, on ne peut quand même pas parler de prison ou de captivité au vrai sens du terme.

Seulement voilà, finalement ces exilés rentrés au pays sont affreusement déçus du retour : là-bas, à Babylone, ils attendaient leur libération leur délivrance comme un grand bonheur…  Ils espéraient connaître l’éblouissement de celui qui a été dans un cachot aveugle et qui émerge tout d’un coup à la lumière le jour où l’on lui ouvre la porte. En fait, ils découvrent qu’il existe dans nos vies d’autres prisons, d’autres chaînes, moins matérielles, mais tout aussi oppressantes.

Car au pays, on ne les attendait pas vraiment. Et on leur a mis les bâtons dans les roues pour les empêcher de reconstruire le Temple. Il faut dire qu’en leur absence, d’autres populations déplacées ont été installées à Jérusalem et y ont introduit leur propre religion : désormais par le biais des mariages mixtes – entre des juifs et des étrangères – la religion juive est en minorité. Qui respecte encore la Loi ? Elle est loin, la pureté de la pratique religieuse qu’on espérait restaurer !

L’Esprit du Seigneur Dieu est sur moi

Curieusement, Isaïe s’applique à lui-même un vocabulaire et des expressions jusqu’ici réservés au Messie : « L’Esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. »  Il s’agit de l’onction d’huile que recevaient les rois le jour de leur sacre ; celui qui avait reçu l’onction s’appelait désormais un « messie » parce que messie en hébreu veut dire « oint , consacré » et cette onction signifiait deux choses : d’une part le roi était désormais investi d’une mission, celle d’apporter le bonheur et la sécurité à son peuple, dans le cadre de cette responsabilité, il était assuré d’être soutenu et inspiré par Dieu qui lui avait confié cette mission.

Or, Isaïe reprend ici à son compte tout le vocabulaire que  l’on employait pour décrire la mission du Messie ? Ce faisant, il annonce deux nouvelles de grande importance : d’une part, Dieu n’a pas oublié son projet d’envoyer à son peuple un libérateur, celui qu’on appelle le Messie. D’autre part, puisqu’il n’y a plus de roi en Israël, ce Messie pourrait bien être un prophète.

                                                                             Fiche biblique « Panorama »

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