Il enseignait en homme qui a autorité


Jésus vient de recruter ses quatre premiers disciples au bord de ce que nous appelons le lac de Tibériade : Simon et André son frère, d’abord, puis Jacques et Jean, les fils de Zébédée. Avec eux, il « arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sab­bat, il se rend à la synagogue. » Rien de plus normal pour un Juif. Marc note, ici, l’enracinement de Jésus dans le monde juif, dans la tradition de son peuple, et sa fidélité dans la pra­tique de sa religion. Quand Jésus a commencé à parcourir la Galilée en proclamant : « Le temps est accompli, le Règne de Dieu s’est approché » (Mc 1, 15), il s’inscrivait bien dans l’attente de son peuple, dans la continuité du projet de Dieu sur Israël. Et voilà que, dans la synagogue de Capharnaüm, il se met à enseigner. Rien de plus normal : tout Juif adulte avait le droit de se présenter pour commenter les Ecritures qui venaient d’être lues.

Mais il semble bien que l’évangéliste ait voulu concentrer l’intérêt du lecteur sur l’enseignement de Jésus, puisque les mots « enseigner » et « enseignement » reviennent qua­tre fois en quelques lignes. « Un enseignement nouveau, proclamé avec autorité » ne signe-t-il pas l’aube des temps nouveaux ? Jusqu’ici, les scribes commentaient la parole de Dieu, Jésus, lui, semble parler de sa propre autorité.

Peut-être certains ont-ils pensé à la promesse que Dieu avait faite à Moïse : « Je ferai se lever au milieu de leurs frè­res un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles » (Dt 18,18, première lecture de ce dimanche). Un certain nombre de contemporains de Jésus, lassés de ne pas voir venir le Messie-roi longtemps attendu, avaient reporté leur espérance sur cette annonce du livre du Deutéronome. Comme pour encourager leur intuition, Jésus allie le geste à la parole en expulsant un démon, ce qui est un acte émi­nemment libérateur.

Il commande même aux esprits mauvais.

Jésus chasse le démon, mais pourquoi lui donne-t-il l’ordre de se taire ? « Tu es le Saint, le Saint de Dieu », criait-il. N’était-ce pas la pure vérité ? Mais, d’une part, une décla­ration même exacte ne constitue pas forcément une pro­fession de foi et seule la foi sauve. D’autre part, Jésus veut peut-être nous faire comprendre que lui seul est habilité à parler de lui-même. Et tout ceci, nous l’avons vu, se passe à la synagogue (Marc le précise deux fois) et un jour de sab­bat, ce qui n’est pas non plus sans importance ! Puisque le sabbat était le jour par excellence où l’on célébrait l’action du Dieu créateur et libérateur.

En Jésus, Marc nous montre le Père libérant l’homme de tous les démons qui le possèdent : les temps sont accom­plis, oui, puisque le Mal est vaincu. Matthieu rapportera cette autre phrase de Jésus : « Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, alors le règne de Dieu vient de vous atteindre » (Mt 12,28).

                                            Fiche biblique « panorama »

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