Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne



Le commentaire pour Panorama de Marie-Noëlle Thabut, bibliste

II n’existe pas de « haute montagne » en Galilée, et Marc le sait. S’il tient à ce détail, c’est parce qu’il y a là une allusion très évocatrice pour ses lecteurs. Tout d’abord, les hautes montagnes suggèrent spontanément une plus grande proximité avec Dieu. Dans de nombreuses religions, on les considère comme des portes du ciel. Pour cette raison, les temples et, en particulier, celui de Jérusalem, sont généralement ériger sur des hauteurs.
Pour les lecteurs de Marc, une haute montagne, cela fait également penser au Sinaï : c’est là, sur cette montagne véritablement haute, que Moïse puis Elie ont eu le privilège d’une bouleversante rencontre avec Dieu lui-même. L’un comme l’autre, dans toute l’histoire biblique, ont eu, là-bas, une manifestation de sa présence. Et voilà que, sur la montagne de la Transfiguration, ils sont mis en présence du fils de Dieu lui-même. La blancheur éblouissante de ses vêtements ne laisse aucun doute sur son identité. Cette similitude entre ces deux manifestations divines sur la montagne n’a pas échappé aux lecteurs de l’évangile. L’un d’entre eux, mosaïste au VIe siècle (ap. J.-C.) a représenté Moïse, déchaussé devant le Christ transfiguré, tout comme il l’avait été devant le buisson ardent (Mosaïque de la basilique de la Transfiguration, au monastère Sainte Catherine, au pied du mont Sinaï).

Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu’ils avaient vu

Pourquoi ce secret? Ils ont obéi, mais sans comprendre : « Ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : ressusciter d’entre les morts. » On peut penser que les disciples croyaient à la résurrection des morts, comme la majorité des juifs de leur époque. La résurrection future de Jésus, tout comme la leur, ne faisait aucun doute, mais ils l’imaginaient seulement pour la fin des temps. Ils ne voyaient peut-être pas pourquoi ils devaient se taire jusque-là, ni pourquoi Jésus parlait d’un événement aussi lointain !
Autre surprise pour eux, ce titre de Fils de l’Homme que Jésus s’attribuait à lui-même : quand il parlait du Fils de l’Homme, on pensait tout de suite au prophète Daniel qui parlait du Messie en l’appelant « fils d’homme ». Ce « fils d’homme » était en réalité un être collectif, puisque le prophète l’appelait aussi « le peuple des Saints du Très-Haut ». Jésus, à lui tout seul, ne pouvait pas être considéré comme un peuple! Il faudra attendre la Résurrection et même la Pentecôte pour que les disciples de Jésus de Nazareth comprennent que Jésus a pris la tête du « peuple des Saints du Très-Haut », et que tous les baptisés de par le monde sont invités à ne faire qu’un avec lui pour sauver le monde.
Deux bonnes raisons pour les inviter à ne pas raconter tout de suite ce qu’ils n’avaient pas encore compris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :