C’est peu, mais c’est tout.


L’évangile de ce dimanche présente une scène qui a une certaine allure pittoresque et qui est lourde de sens pour Jésus. Commençons par l’aspect pittoresque. Jésus est assis sur l’esplanade du Temple de Jérusalem en face de la salle du trésor et observe les gens déambuler. Il voit les gens riches faire des dons importants, peut-être avec ostentation. Tout à coup, son attention est attirée par une femme qui dépose deux piécettes. Le récit précise que c’est une pauvre veuve, désignation que Jésus reprendra un peu plus loin. Ce détail est important. Qui dit pauvre veuve, dit que cette femme n’a plus le soutien financier d’un mari pour vivre, ni même celui d’un fils. Elle est donc condamnée à une existence misérable. Mais elle n’a pas perdu le sens de la générosité. Elle qui a si peu pour vivre pose un geste de confiance absolue. En donnant aux oeuvres du Temple ce qui lui reste pour vivre, elle s’en remet à la providence divine pour assurer sa survie.

C’est ici que la scène prend un sens inattendu aux yeux de Jésus. Il faut préciser que cet événement a lieu après l’entrée triomphale que la population de Jérusalem a réservée à Jésus. Nous sommes donc à quelques jours de la passion. En observant la pauvre veuve, Jésus émet une réflexion que nous pouvons aisément relier à sa passion prochaine. Il remarque que la pauvre veuve a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre. Ce geste prend une dimension prophétique, en ce sens qu’il révèle ce que Jésus s’apprête à vivre.

À la différence de la veuve, Jésus donnera plus que tout ce qu’il a pour vivre, il livrera sa propre vie, il donnera toute sa vie. Il se donnera lui-même tout entier. Le don que Jésus fait de lui-même est accompli dans un élan de confiance absolue en Dieu. Dans son humanité, Jésus met sa foi en Dieu en espérant que celui-ci se révélera vrai dans son amour et fidèle à sa volonté de conduire les êtres humains à la plénitude de la vie. Jésus croit que ce projet divin ne peut se réaliser autrement qu’à travers ce qu’il a pour vivre et pour faire vivre les hommes, à savoir l’amour de Dieu.

Alors que la tendance à l’individualisme est attirante, le geste de la pauvre veuve et le don total que Jésus fait de sa vie sont une invitation à l’ouverture à Dieu et aux autres. Une telle ouverture passe nécessairement par le don de soi, par un certain détachement de soi-même. Ce serait faux de penser que nous sommes peu de chose ou que nous avons peu à donner. Nous avons plus d’amour, de bonté et de générosité que, de prime abord, nous pensons être capables d’en donner. Ce ne sont là que quelques-unes des qualités que Dieu nous a données pour vivre. Elles ne demandent qu’à être partagées pour faire vivre les autres.

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