Pas moyen d’échapper à Noël


Pas moyen d’échapper à la fête de Noël. Depuis des semaines et des semaines on nous y préparait. Dans nos boîtes aux lettres d’abord : la pub s’est faite de plus en plus fréquente, volumineuse, luxueuse…

Ensuite, les vitrines et les rayons des magasins se sont remplis de jouets, puis d’autres cadeaux, puis des victuailles… Enfin, villes et villages se sont illuminés : lumières dans les rues, sapins illuminés, lumières aux balcons, lumières aux fenêtres… Comme à nul autre moment de l’année, nos soirées se sont habillées de lumières. C’est beau. C’est beau aussi dans nos églises – espérons-le – où ce jour et cette nuit des foules de fidèles… et d’autres personnes de bonne volonté se rassemblent. C’est beau, c’est festif, c’est chantant.

Mais pour quelle fête chantons-nous ? Celle du dehors ou celle du dedans ? Celle du dehors infestant ou étouffant celle du dedans ? Pour quelle fête dans ce monde où des millions d’hommes souffrent, désespèrent, meurent. Chrétiens, nous – en tout cas – devons nous poser la question. Car la célébration qui nous réjouit est aussi celle qui nous envoie. Tels les anges – anges veut dire messager – nous sommes chargés  » d’annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple « .
Nos contemporains, même s’ils ne le savent pas, ont faim et soif de cette bonne nouvelle et de cette joie. La preuve : ils se réunissent, ils font la fête, ils échangent des cadeaux, ils inventent le Père Noël… Ah, le Père Noël ! Ne tirons pas dessus. D’abord nous n’en avons ni le pouvoir, ni la mission. Il peut faire rêver d’un ailleurs de beauté et même de bonté quelques enfants qui n’ont rien d’autre. Mais ne le laissons pas prendre dans nos fêtes la place de Jésus : l’enfant Jésus, le fils de notre Père qui est aux cieux. Car le Père Noël est un vieillard et même on le dit venir du ciel, il n’a rien à voir avec le Père de Jésus, éternellement jeune puisqu’éternellement créateur. Le Père Noël est immensément riche et a prédilection pour les riches. Il faut voir ce qu’il apporte à ceux qui ont beaucoup d’argent. Il n’a cessé de proposer toujours plus, contre argent bien sûr, et c’est dingue l’emprise qu’il a sur certains parents, parrains, marraines… Cher… très cher Père Noël ! Mais laissons-le en dehors de nos célébrations.
Ici nous fêtons la naissance de Jésus. Ici tout est donné, tout est gratuit, tout nous invite au partage. Cette nuit Dieu se révèle père : pas créateur seulement ou géniteur, mais papa. Papa comme l’appelle Jésus et qu’il nous apprendra à le faire. Car cette nuit, mes amis, l’homme a pris un sacré coup de grand. Les plus petits d’entre les hommes ont pris ce coup de grand. Car lorsque les pauvres sont évangélisés, c’est-à-dire reçoivent pour eux la bonne nouvelle c’est que vraiment tous les hommes sont évangélisés. C’est à la fois ce qu’avaient annoncé les prophètes – depuis bien plus que 4000 ans – et en même temps tout est différent. Cela ne se passe pas dans le Temple, dans une demeure royale, dans la capitale, Jérusalem… cela se passe dans un bled perdu, au ras des pâturages, dans une maison où cohabitent des animaux, puisque sa maman le déposa dans une mangeoire d’animaux. Le village s’appelle Bethléem (à nouveau célèbre) c’est-à-dire la  » maison du pain  » : il est posé dans une mangeoire… Il est donc fait pour être  » mangé  » ? Comprenons bien ce qui veut se dire par là. Ce qui arrache l’affamé à la mort ; en avons-nous fait l’expérience ? C’est le pain reçu, mais tout autant la main qui le donne. En Jésus, Dieu se révèle comme celui qui se donne pour la vie des hommes.  » Jouez hautbois, résonnez musettes « .

Sans doute faut-il être pauvre – y compris pauvre pécheur – mais veilleur pour entendre, comme les bergers, le ciel entier chanter la louange de Dieu et le bonheur de tous les hommes aimés de lui. Sans doute faut-il avoir un cœur de pauvre pour voir que la nuit – oui la nuit – est lumineuse et que sur terre a été plantée une graine de tendresse sous les traits d’un nouveau-né. Il faut avoir l’audace et la faim et la foi des pauvres pour se lever sur l’heure afin d’aller  » voir  » ce qui est annoncé et reconnaître  » Dieu parmi nous  » (Emmanuel), Dieu qui sauve (Jésus) dans ce nouveau-né, fruit de l’amour de Dieu et de l’amour de Marie et de Joseph…

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