Accueillir la lumière du messager.


La fête de la chandeleur, la fête de la lumière, quarante jours après Noël, clôt les solennités de la Manifestation de Dieu aux hommes en son Verbe fait chair. On l’appelle aussi fête de la présentation de Jésus au Temple car Jésus est présenté à nos yeux comme le Messie du Seigneur, mais aussi fête de la Purification de Marie car nous sommes tous purifiés par celui qui vient enlever le péché du monde. En ce jour, Jésus est consacré à Dieu au Temple de Jérusalem et ce jour est devenu la fête de tous les consacrés, hommes ou femmes, qui ont donné leur vie au Christ. Mais ce jour est aussi la fête des messagers, la fête des anges, car en hébreu c’est le même mot : malak.

I/ Le messager de l’Alliance.

Malachie, en hébreu, veut dire « mon messager ». Le prophète de l’AT qui clôt les livres prophétiques dans la Bible hébraïque, le prophète Malachie, nous annonce la venue du messager de l’Alliance dans le Temple du Seigneur, le messager qui purifiera les fils de Lévi. Jésus est accueilli par Anne et Syméon dans le temple comme ce messager annoncé par les prophètes. La lettre aux Hébreux le voit comme le grand prêtre miséricordieux d’une tribu de Lévi purifiée. Accueillir Jésus aujourd’hui, c’est accueillir tout l’Ancien Testament, toute l’Histoire Sainte, car il n’y pas deux alliances, ni deux testaments, mais une seule accomplie en la personne du Christ. L’espérance messianique d’Israël est comblée, le Messie du Seigneur tant attendu est là parmi nous. La lumière que nous cherchions dans les ténèbres s’offre à nos yeux en la personne de ce petit enfant juif qui suscite la louange des pauvres d’Israël, les anawims, Syméon et Anne.

II/ Le messager qui apporte la liberté face au péché et à la mort.

Le message apporté est un message de liberté nous dit la lettre aux hébreux : « Il a rendu libres ceux qui passaient leur vie dans une situation d’esclaves. » Il nous libère du péché par sa Passion et réduit la mort à l’impuissance. « Mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple. »Ce petit enfant juif est en premier lieu la manifestation du salut pour les juifs, comme dirait Paul, ils sont premiers dans le royaume, d’où le sentiment de jalousie qu’ils suscitent. Mais, le prophète Syméon révèle que ce salut est aussi pour tous les peuples de la terre, pour tous les païens. La merveille d’un Dieu fait homme, d’un Dieu qui par sa mort libère du péché et de la mort dépasse les frontières d’un peuple, d’une église ou d’une personne. Cette merveille, cette lumière brille pour tous et nous ne pouvons et ne devons pas la restreindre ou la limiter, de toute façon nous ne pourrions pas.

III/ Etre messager de la Bonne Nouvelle pour le monde entier.

Le message de liberté, la lumière du salut, nous devons au contraire le porter et la rayonner dans nos vies. A la suite du Christ, par le baptême, nous sommes devenus des Messagers de l’Alliance, des Malachies, ceux que Dieu appelle ses anges ou ses messagers. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous fêtons aussi les consacré(e)s. Les religieux et religieuses sont signes visibles de cette lumière de Dieu dans le monde. Peut-être que ce ne sont pas tous des anges, mais ils manifestent tous et toutes, à leur manière, cette lumière de la Bonne Nouvelle dans notre monde. Ils et elles sont les Syméon et les Anne de notre temps, savons-nous dépasser les apparences pour le reconnaître ? Comme Anne et Syméon, parfois rien ne les distingue des autres. Ils et elles sont les pauvres du Seigneur qui témoignent dans la contemplation ou l’apostolat de cette lumière aux hommes et femmes de notre temps. Comment les accueillons-nous ou les jugeons nous ? Comme toutes ces personnes dans le Temple qui ne font pas attention à eux et qui passent sans les voir, ou comme Marie et Joseph qui sont capables de les reconnaître pour ce qu’ils sont : des messagers de Dieu.

Il ne s’agit pas de les mettre sur un piédestal ou sur les autels, mais de se mettre à leur école, de recevoir le message qu’ils portent pour à son tour devenir messager de la Bonne Nouvelle. Car nous sommes tous de par notre baptême des messagers, comme le Christ, de la Bonne Nouvelle pour tous les peuples. Nous avons à devenir la lumière que nous accueillons aujourd’hui dans ce petit enfant juif présenté au Temple.

P. Damien Stampers

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