Roulons la pierre pour faire Église


Je tiens en mes mains une pierre. Elle est de taille moyenne, certains d’entre vous en ont peut-être trouvé des semblables dans leur jardin, au cours des premiers jours réellement ensoleillés de ce début de printemps ? Dans le temps, ces pierres étaient taillées et utilisées dans la construction de maisons, de remparts, de châteaux forts, de puits, d’églises et de cathédrales. Elles servaient aussi à moudre le grain afin d’obtenir la farine de notre pain quotidien, ou encore de fabriquer de l’huile.

Une telle pierre est dure, massive et lourde. Et malheureusement elle n’est pas uniquement utilisée pour de bonnes choses. Elle a par exemple été longtemps utilisée comme arme. Des plus petites pierres le sont d’ailleurs encore aujourd’hui en Palestine avec l’Intifada. Elles servent aussi depuis des centaines d’années dans le cadre d’horribles lapidations. Enfin, lorsqu’une pierre de bonne taille se trouve sur notre chemin, elle peut nous faire trébucher et il n’est pas toujours facile de la pousser sur le côté.

Une telle pierre, mais bien plus grande encore, va jouer un rôle important au matin de Pâques. En effet, Marie-Madeleine se rend au tombeau de bon matin, alors qu’il fait encore nuit. Elle sait qu’une pierre lourde condamne l’entrée du tombeau. Mais une autre pierre tout aussi lourde à porter se trouve au fond de son cœur ! Elle ne peut pas oublier ce qui s’est passé vendredi dernier. Jésus, qu’elle avait tant aimé, ce Jésus qui l’avait délivré des démons, qui était devenu son ami le plus cher, est mort. Tout l’espoir qu’elle avait retrouvé grâce à lui est donc mort aussi. Ce chemin qu’elle parcourt pour se rendre au tombeau est bien sombre, il est fait d’inquiétude, de désespoir, de questions qui ne trouvent pas de réponse. Elle ne sait comment tout cela va continuer. Que vont devenir les apôtres ? Qui veillera sur elle lorsque les démons reviendront la tenter ?

Mais voilà qu’en arrivant à destination elle comprend que quelque chose vient de se passer. La pierre est roulée ! Cette pierre qui aurait pu la faire trébucher ou même être la fin de son chemin, la voilà roulée sur le côté. Elle n’aperçoit pas de gardien pour l’empêcher d’approcher. Elle est surprise et ne sait pas tout de suite ce qu’elle doit penser. Elle s’approche doucement et découvre que le tombeau est vide ! Enfin, la pierre qui étouffait son cœur, ce grand poids tombe, lui aussi. Cette pierre qui bouchait son horizon n’est plus là. Vous connaissez certainement tous ce sentiment lorsqu’une pierre tombe de notre cœur ; par exemple, après avoir réussi un examen difficile, ou lorsque nous venons de subir une opération. Nous nous sentons alors comme libérés. Marie-Madeleine aussi se sent soudainement libérée. Elle se sent pousser des ailes. Elle court annoncer la bonne nouvelle aux disciples : la pierre du tombeau et la pierre de leur cœur sont parties. Mais cette dernière pierre était si lourde que Pierre et Jean devront se rendre eux-mêmes au tombeau pour être entièrement libérés.

C’est ainsi qu’en ce jour nous sommes tous invités à nous sentir libres. Laissons tomber la pierre qui étouffe notre cœur. Nous aussi nous pouvons à nouveau être libre de toute peur, de tous soucis, de toute angoisse face aux épreuves qui nous attendent. Ce n’est qu’en laissant la pierre tomber que nous pourrons faire l’expérience de Pâques, que nous pourrons ressusciter à notre tour. Laissons aussi tomber les plus petites pierres, celles que nous aimons jeter sur les autres !

Cette expérience de la résurrection, de la renaissance et de la libération du poids de nos fautes, nous sommes invités à la vivre aujourd’hui mais aussi chaque jour de notre vie. Chaque jour nous pouvons fêter la Pâques de notre vie. À chaque instant, un voisin, un collègue, un ami ou même moi-même, peut faire surgir une pierre dans notre jardin, dans notre cœur… une pierre sur notre chemin qui risque de nous faire trébucher. Aujourd’hui, Jésus nous fait comprendre que nous ne sommes plus seuls à vouloir faire rouler cette pierre sur le côté. Il est là, chaque jour de notre vie, à nous aider pour être libre. Il est là par pure bonté, comme il a accepté de mourir pour nous. Il est là à côté de nous pour pousser cette pierre trop lourde.

Il nous libère alors même que nous n’avons souvent rien demandé. Mais ce qui compte c’est ce que nous allons faire désormais de notre vie. Allons-nous continuer notre route comme si de rien n’était ? Ou allons-nous courir, annoncer la bonne nouvelle aux autres pour qu’eux aussi soient libérés ? Pâques est vraiment une fête que nous ne pouvons vivre qu’en communauté. Notre joie doit se communiquer, notre joie est libératrice.

Faisons aujourd’hui cette expérience de Pâques. Laissons la pierre de notre cœur tomber. Jésus est aujourd’hui ressuscité pour moi, il vient me libérer ! Allons courir, annoncer la bonne nouvelle au monde entier !

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