Présence dans l’absence


Le passage du Seigneur sur la terre a été de très courte durée.

Le temps de la présence dans l’absence est infiniment long. Il est scandé par la célébration de la Cène, qui nous renvoie à l’engagement où le Christ nous donne ce qu’il y a de meilleur : son Esprit. Tout est toujours d’actualité, l’amour du Christ, les croyants tels qu’ils sont.

La première lecture évoque du tiraillement entre Pierre et Paul : cela, c’est l’Eglise, comme celle de Jérusalem,  a le pouvoir de dire ces mots extraordinaires : « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé… »   Les croyants sont ainsi engagés dans le temps présent tandis que leur regard est orienté vers la cité de Dieu.

Là, plus de Temple : le Temple c’est le Seigneur, c’est l’Agneau ! Tout s’accomplit dans l’indéfectible lien entre Dieu et l’Agneau !

« Où donc est-il ton Dieu ? » : c’était la question posée du psalmiste. C’est encore la question – consciente ou inconsciente – que posent nombre de penseurs d’aujourd’hui.

La réponse de l’évangile selon saint Jean est claire : là où est la foi confiante, là Dieu est. Jésus disait : « Si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. » Si nous creusons au fond de nous-mêmes, nous rencontrerons le Seigneur.

Dans notre relation à Dieu, la religion du cœur a toujours tendance à devenir la religion des rites. Nous voyons, dans la première lecture de ce jour, qu’il a fallu un « concile » pour faire comprendre à des hommes religieux que la foi l’emportait sur la circoncision ! L’Eglise semble toujours menacée de donner priorité à ses rites et coutumes, au détriment de l’intériorité de la foi. Chacun de nous aussi connaît  ce risque de confondre des traditions (anciennes ou nouvelles… ) avec la vérité, de croire éternel ce qui fut le progrès d’une époque, d’affirmer comme venant de Dieu ce qui ne vient que de l’homme.

« Là où est l’Esprit, là est la liberté », car les obligations, les impératifs, sont nécessaires comme les rives pour le fleuve. Mais c’est le fleuve qui fait vivre.

« L’Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé… »  Phrase d’une étonnante audace, qui devrait éclairer pour nous la manière divine d’agir en notre monde. Pour nous, avec nous, en nous, l’Esprit-Saint est toujours à l’action, sans que soit diminuée notre liberté. Dieu n’a pas décidé ce qui convenait à son Eglise, sans Jude et Silas, Barnabé et Paul, et Pierre, et les Anciens… Naguère, les évêques ont été jusqu’à dire que tout baptisé est co-responsable de l’Eglise, avec l’Esprit-Saint !

Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie… » Dur à entendre, ce « si vous m’aimiez » !  Mais dur aussi de nous demander d’être joyeux, alors que nous ressentons une absence. N’avons-nous pas le désir de voir Jésus, de le toucher, d’être face à face avec lui ?  Son silence n’est-il pas parfois pesant ? Pourtant, au-delà du sentiment de l’absence, la foi en Jésus Ressuscité nous donne la paix, une joie intime. Présence de l’absence : « Je suis avec vous jusqu’au dernier jour. »

La Jérusalem céleste nous causerait sans doute  une grande joie, comme cher l’auteur de l’Apocalypse, si la Jérusalem de Palestine donnait l’exemple de paix… Que l’Esprit donne aux hommes responsables le courage du pardon et de la paix !

Une fois de plus, même à la veille du noir Vendredi Saint, Jésus redit à ses apôtres et à nous : « Ne soyez pas bouleversés, ne soyez pas effrayés… » La peur ou la foi !

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