Méditation du ce jour (17 dim ordi C)


Victor Hugo a une position tout à fait chrétienne quand il écrit, parlant des enfants malheureux : « S’ils ont faim, le paradis pleure, et le ciel tremble s’ils ont froid ». C’est bien ce que nous dit, ce dimanche, le livre de la Genèse : « Comme elle est grande, la clameur qui monte de Sodome ! » Aujourd’hui encore, tant de cupidité, de violences, de guerres… ne peuvent pas ne pas être entendues au ciel.

Mais Dieu ne répond pas comme au temps d’Abraham. Par exemple, Jésus, en qui nous lisons les « sentiments » divins, réprimande (le mot est faible !) ses disciples Jacques et Jean, lorsque ceux-ci veulent envoyer le feu du ciel sur les villages de Samarie qui ont refusé de les accueillir : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes ! »

Car l’esprit du Christ manifeste un renversement total de perspective. Il cherche la brebis perdue pour la sauver, tandis que « Les Trois Visiteurs » cherchaient des justes, pour que la ville ne périsse pas. L’Amour n’use pas de sa Puissance, mais de sa Tendresse.

La prière d’Abraham est admirable par son audacieux marchandage. Sa franchise va de pair avec une réelle solidarité humaine. Il nous faut cependant la comparer avec la prière enseignée par Jésus. Et l’on s’apercevra alors que la prière chrétienne nous « décentre » en premier lieu. Elle nous tourne d’abord vers le Père. « Que ton nom, que ton règne, que ta volonté… » car « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur »…

Nous avons tous à demander : « Seigneur, apprends-nous à prier », et cela est déjà une belle prière. Jésus nous assure que son Père des Cieux est meilleur que le meilleur des pères. Mais il nous arrive de le croire moins bon (par exemple vengeur colérique ou indifférent…)

D’instinct nous nous tournons vers Dieu pour lui demander ce qui nous manque : trois pains, ou la santé, ou un nouveau travail, ou la réussite à un examen. On lui demandait naguère la pluie ou le soleil. Nous avons mieux compris aujourd’hui que le Très-Haut ne nous apporte pas ce qui nous fait défaut, mais qu’il est bon de « jeter en lui nos soucis ». C’est un signe de notre confiance. Et Dieu répond à notre ouverture d’esprit à son égard.  En nous faisant don de son Esprit. Puisque c’est l’Esprit que Dieu nous accordera, nous devrions d’emblée le lui demander !

Dans sa lettre aux Colossiens, l’apôtre Paul cherche, de différentes manières, à expliquer comment le salut, la rédemption (fin de l’esclavage) nous viennent par la mort et la résurrection du Christ. L’explication donnée (une dette envers Dieu nous accablait, le billet de cette dette a été cloué sur la croix) est faible, son juridisme ne peut nous convenir. L’essentiel de notre foi est de savoir que « Dieu nous a donné la vie avec le Christ ».

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