Deux interrogations assez provocantes, à partir des textes du 23 ème dimanche c.


D’abord, à partir de la lettre de Paul à Philémon. Pourquoi les chrétiens, comme saint Paul, ont-ils accepté l’esclavage ? N’ont-ils pas vu que cette situation d’esclave était contradictoire avec le respect évangélique de tout homme ?

Il faut reconnaître que les chrétiens ont mis longtemps, trop longtemps pour se battre contre un tel mépris de la personne humaine. C’est une des raisons qui ont provoqué la repentance exprimée par Jean Paul II. Qu’on songe aux siècles qui ont vu des chrétiens « acheter» des noirs et les transporter en Amérique, dans des conditions parfaitement inhumaines!

Mais si la lettre de Paul à Philémon n’invite pas à un changement de système politique ou social, elle invite à un changement radical au cœur de l’homme. Paul montre à un patron d’esclaves que la fraternité chrétienne dépasse les classes sociales. Un esclave peut – et doit – être traité comme un frère, sans discrimination. On ignore la réaction de Philémon, mais le ton amical, chaleureux – et habile – de cette courte lettre de saint Paul a dû être suivie d’effet. C’est l’occasion de nous rappeler que nous sommes, aujourd’hui encore, esclaves de nos peurs, du «qu’en dira-t-on », de la mode, de nos routines… Le péché du monde (violence, consumérisme, profit et domination...) nous habile et nous abîme ! L’Esprit de Jésus peut nous libérer.

Le texte de l’Evangile de Luc est particulièrement provocateur. Qui aime sa femme, ses parents, ses enfants, plus que Jésus, n’est pas digne de lui ! C’est pour le moins abrupt… Le Christ ne nous prêche pas la haine (bien que le texte hébreu parle de «haïr»), mais il nous demande une préférence. Ce qui implique forcément un certain détachement, une certaine distance avec la famille. Plusieurs fois dans l’évangile, Jésus prend du recul par rapport aux tiers familiaux. Aucune institution ne doit se substituer à notre liberté, aucun amour ne doit être fusionnel… Chacun de nous est unique devant Dieu. Comme c’est chacun de nous qui décide de construire sa vie (sa «tour»), et de donner cette vie, si nécessaire. Et au dernier jour, mieux vaudra la donner que se la faire ôter!

A garder dans l’esprit quand nous disons avoir des doutes ou croyons connaître la volonté de Dieu : ses pensées ne sont pas nos pensées, elles nous dépassent. Dieu est le Tout Autre.

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