« Quel au-delà ? »


  1. On aimerait bien, tous connaître ce qui se cache derrière le rideau de la mort.
  2. Oui. Certains de nos contemporains semblent bien être allés jusqu’aux limites de la vie. Ils parlent de lumière, de paix, de joie… Mais aucune parole d’outre-tombe.
  3. Et comment vérifier leurs affirmations ?
  4. Je préfère la discrétion de Jésus. Il affirme, soit dans des paraboles, soit dans des débats, soit même en croix, l’existence d’un au-delà de la mort, d’une vie heureuse qui ne ressemble pas forcément à notre vie terrestre.
  5. Les chrétiens sont peut-être tout aussi crédules que les autres. Leur confiance au Christ n’est-elle pas aveugle ?
  6. C’est une confiance risquée : croire, ce n’est pas voir. Mais elle n’est pas irrationnelle : Jésus est crédible ! Et pourquoi ne pas faire le pari revigorant de croire à la vie après la mort ?
  7. J’aimerais bien partager votre foi ! Vous êtes des privilégiés avec de telles convictions…
  8. Privilégiés, oui, mais par la tendresse de Dieu qui s’est manifestée en Jésus ressuscité.

Le programme


Un homme riche mourut


Un homme riche mourut. Un pauvre mourut aussi. II s’appelait Lazare. II n’avait pas de nom. Le riche n’avait pas de nom. II n’avait que son argent, ses vêtements de luxe, ses festins somptueux. A force de nous complaire dans nos festins à nous, entre nous, en Eglise, sa taille, son développement, la baisse des pratiquants, la hausse des vocations, il se creuse un abîme entre nous et Lazare, tous les Lazare du monde. Mais tout à nos festins, à nos richesses, à nos calculs, à nos soucis d’avenir, comment les verrions-nous ? Excusez-nous. Pas vu.

Mais au séjour des morts, en proie à la torture, le riche, pour une fois, peut-être la première, se rappela qu’il y avait sur terre d’autres que lui. Notamment ses cinq frères, qui vivaient comme lui. Si Lazare pouvait aller les avertir, si ses frères voyaient un homme revenir de ce séjour des morts, ils se convertiraient. Et toujours ce besoin de voir du merveilleux, des signes dans le ciel, et des apparitions, d’entendre des messages, de voir des guérisons. Mais tout à leurs visions, comment voudriez-vous qu’ils entendent les prophètes ? Excusez-nous, pas entendu.

Car ici, aujourd’hui, il y a des prophètes. Des prophètes qui crient les priorités. Attention, disent-ils, il y a parmi vous des malades du sida et bien d’autres qui risquent de le devenir. Et des couples nouveaux. Et des jeunes différents. Des hommes et des femmes en recherche de sens. Et puis les sans-emploi et les sans-domicile. Ceux et celles qui n’ont pas de passé ni d’avenir. Mais tout à nos festins, n’aurions-nous pas peur que ces prophètes ne troublent notre digestion ? Peur que rien que d’entendre que l’on cite leur nom ne nous dérange entre la poire et le fromage ?

Introduction aux lectures 26 dim ordi C


AMOS:

Huit siècles avant notre ère, le prophète Amos nous fait visiter les notables d’Israël. Ils vont de fête en fête et ne se soucient ni du peuple ni des bouleversements qui se préparent. Finalement, 28 siècles plus tard, ne vivons-nous pas, à peu de choses près, la même situation?

TIMOTHEE:

Timothée est responsable d’une communauté. A la fin de sa lettre, Paul lui adresse quelques conseils. Que le pasteur soit surtout un homme de Dieu, un homme de foi qui vit, chaque jour, la justice et l’amour dans l’attente de la manifestation du Christ Jésus.

LUC: Dieu a un tel souci des pauvres, qu’il interviendra lui-même pour leur rendre justice, si les hommes se révèlent incapables d’établir une société de partage.

L’argent trompeur


La liturgie de la Parole commence par un bref et virulent passage du livre d’Amos…  « Une véritable bombe, ces propos, aujourd’hui comme au VIIIe siècle avant Jésus Christ. »

Amos, ce ‘ premier prophète écrivain’ », cet éleveur de bétail, s’y connaissait en ce qui concerne l’enrichissement des riches au détriment des pauvres. Et il se révoltait… comme Dieu – « la Fierté d’Israël » – se révolte : « Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits. » Dieu ne méprise pas les hommes et les femmes de pouvoir. Paul, aujourd’hui rappelle le devoir d’intercession pour eux tous.

Ce que Dieu ne supporte pas, c’es l’injustice faite aux petits, aux démunis ce qui noue reproche par la bouche de Jésus, c’est notre asservissement à ce qui n’est qu’un leurre : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. »

Les préférés de Dieu



POUR LA MAJORITÉ D’ENTRE NOUS, le mois de septembre est la reprise d’un rythme plus soutenu que les mois d’été qui viennent de s’écouler; et nous voilà prêts à continuer nos activités professionnelles ou caritatives. Il y a sans doute du neuf à bâtir mais aussi de nouvelles résolutions à engager pour l’année scolaire qui commence au pas de charge et l’invitation pressante du prophète Amos dans la première lecture de ce dimanche peut interpeller notre élan et ne laisse pas indifférent : « Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre pour anéantir les humbles du pays. »

À son époque, en effet, le royaume d’Israël en grande prospérité fait oublier aux gouvernants la présence des plus faibles qui y sont exploités. Son oracle a pour unique but de reprocher à la classe dirigeante ainsi qu’aux plus riches les abus et les écarts de conduite qui éloignent du Dieu véritable. Chaque prophète en son temps n’a cessé tout comme Amos de rappeler que le pauvre et le faible sont les préférés de Dieu parce que de leur indigence visible, ils ont gardé une immense richesse de coeur.

Le psalmiste nous aide à y faire mémoire en priant le Seigneur Dieu : car « de la poussière il relève le faible » et « il retire le pauvre de la cendre.» Ces réalités bien concrètes nous rappellent aussi comment le Christ a souffert parce qu’il a mis à la première place celles et ceux qui n’en avaient plus, il a su déranger l’ordre trop bien établi. Au commencement d’une nouvelle année qui fourmille de mille projets, sachons repérer de quelle manière ils répondent à une certaine dimension sociale en lien avec notre foi et notre vision de l’homme.

Se dépasser dans l’ordinaire


Septembre, c’est le mois de la ren­trée. Les vacances et le repos ont ravivé notre désir de mener une vie plus conforme à l’idéal vers lequel nous nous projetons. L’heure est à l’organi­sation, aux résolutions. Le programme de l’année comportera peut-être l’ap­prentissage d’une langue étrangère, l’inscription à un club de sport, un engagement social ou ecclésial signi­ficatif, etc. Rien ne fait peur, la moti­vation est à son comble. L’homme aime à se dépasser. Il veut aller jusqu’aux limites de ses possibili­tés, jusqu’au bout de ses rêves. Cela – est vrai aussi en ce qui concerne sa vie religieuse. Sans doute sommes-nous prêts à réaliser beaucoup de choses, même difficiles, pour le Christ. Peut-être serions-nous même disposés à don­ner notre vie, pour l’Evangile, si les circonstances l’exigeaient. L’extraordinaire nous attire. Nous pei­nons pourtant à assumer avec amour des choses réputées plus faciles, celles du quotidien, celles qui relè­vent de notre devoir d’état. L’évangile de ce jour nous   •’• » exhorte à la fidélité dans les petites choses afin de devenir dignes des plus grandes.   Accomplir la tâche qui nous est confiée, jour après jour, en y mettant tout l’amour qu’on peut, n’a appa­remment tien d’extraordinaire. Une telle disposition est pourtant éton­namment mobilisatrice : effectuer son travail avec et pour le Seigneur, dire une parole bienveillante, prévenir le désir de Vautre, tout cela reste bien modeste, imperceptible, mais demande une attention de tous les instants. N’est-ce pas là la grande œuvre à laquelle  nous  sommes appelés ? N’est-ce pas là ce qui nous ouvre à Celui qui vient, ce Bien plus grand, que nous espérons tant ?           

Avoir pour être


En somme, cela revient concrètement à passer de l’avoir à l’être : avoir de l’argent n’est pas coupable, si c’est pour être généreux envers les autres, envers les pauvres/ L’avoir n’a de sens qu’au service de l’être. Au cours des jours qui viennent, prenant conscience de notre « avoir », essayons de faire croître notre « être »

Qui servir ?


Trop complexés par la richesse, les catholiques ? Par moments, on pourrait le croire. Les lec­tures de ce dimanche nous invitent à replacer l’exigence au bon endroit. Tout d’abord, il n’y a qu’un seul Dieu. Ce qui veut dire que tout ce qui n’est pas le Père, le Fils et le Saint-Esprit, c’est une idole. Seul Dieu peut sauver et toute vie vient de lui. Ensuite, Dieu veut que tous les hommes soient sau­vés. Si le salut est universel, « les riches » en for­tune, en culture, en pouvoir, ne peuvent pas en être exclus. Pas plus que « les pauvres » de toute sorte. Pour finir, c’est à nous de choisir celui ou ce que nous voulons servir. Servir. Commençons par reconnaître nos richesses, si petites soient-elles. Pas besoin d’avoir la foi pour mettre notre avoir, notre savoir ou notre pou­voir au service des autres. La responsa­bilité et le bon sens du vivre-ensemble nous donnent mille occasions de par­tager avec ceux qui sont dans le besoin. Les pauvres. La foi en Jésus Christ change radicalement la relation à la pauvreté. Lui, qui de riche s’est fait pauvre pour nous révéler le Père, fait du dépouillement le mouvement essentiel de l’expérience pascale. Se dépouiller, c’est laisser le Christ pauvre vivre en nous. C’est lui demander de nous rendre capables d’aimer les pauvres comme lui-même les a aimés. Aimer. L’amour des autres, inspiré par Dieu, aboutit nécessairement à l’action. Pourrions-nous nous déro­ber à l’invitation qui nous est faite de vivre la charité ? Sachons donner suite à l’exhortation de saint Paul : prions pour tous ceux et celles qui acceptent de servir, d’être attentifs aux pauvres et d’aimer.

Gérant de Dieu


Un homme riche avait un gérant

qui lui fut dénoncé parce qu’il gaspillait ses biens…

La tentation est grande de vouloir ergoter sur cette parabole. Au lieu de nous laisser interpeller par ta Parole, Seigneur, nous discutons sur des détails et nous passons à côté du message que tu nous adresses.

Cet homme riche, c’est Dieu.

Tout vient de lui : tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes.

C’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être (Ac 1 7, 28).

Le gérant, c’est chacun de nous.

Oui, nous ne sommes que cela; mais nous risquons facilement de l’oublier.

Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu,

pourquoi t’enorgueillir comme si tu ne l’avais pas reçu (I Co 4,7)?

Nous agissons alors comme le gérant malhonnête.

Nous nous comportons en propriétaires de biens

qui ne sont que mis à notre disposition…

Jésus, tu nous rappelles le plan du Créateur.

Il veut nous associer à son œuvre.

Cet homme, sorti nu du sein de sa mère, donc sans rien,

et qui quittera la terre dans les mêmes conditions,

sans rien emmener avec lui (Job 1, 21 ),

cet homme devient le gérant de la terre :

tu as mis toutes choses à ses pieds (Ps 8, 7)…

Alors, qu’est-ce que je fais de tout ce qui m’a été confié?

Au lieu de tout régenter selon mes propres idées,

pour mon seul avantage, sans référence au « propriétaire » de ces biens,

donne-moi, Seigneur, de les gérer selon le projet divin, en bon serviteur.

Préserve-moi d’être l’esclave de l’Argent, des biens de ce monde!

Il y a aussi ces richesses qui demeurent pour l’éternité: la foi, la vie divine, par lesquelles nous sommes enfants de Dieu et qui nous associent, |ésus, à ton œuvre du salut du monde…

Qu’est-ce que j’en fais? Donne-moi, donne-nous, de faire passer ces biens avant tout le reste…

Que ton Esprit nous éclaire et nous guide, Seigneur!