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« Sanctuaire »


Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours, je le relè-verai … Jésus parlait du sanctuaire de son corps.Quel retournement ! Le temple, le sanctuaire, la demeure de Dieu avec les hommes, ce n’est pas d’abord un édifice, aussi beau soit-il, c’est le corps du Christ. Et c’est même le corps livré de Jésus crucifié d’être allé jusqu’au bout dans son amour pour les humains.Cela, c’est la folie de Dieu. Il vient habiter là où nous n’aurions jamais pensé qu’il viendrait demeurer. Le corps agenouillé du serviteur qui lave les pieds des siens. Le corps de tant d’humains qui reçoivent et donnent de la douceur, qui tantôt exultent d’allé-gresse et tantôt hurlent de douleur. C’est là d’abord que Dieu se fait Emmanuel, Dieu-avec-nous.Le corps du Christ, vrai sanctuaire, c’est aussi l’Église, l’assemblée appelée par Dieu, une assem-blée ouverte sur toute l’humanité. Avoir donné à nos lieux de culte un nom, ecclesia, qui signifie assemblée, c’est une magnifique et très juste trou-vaille. Ces lieux sont la maison de Dieu parce qu’ils sont la maison où le peuple de Dieu se rassemble. C’est ce peuple qui est sanctuaire.

(Entraide et fraternité)

Une sainte colère…


  • Traditionnellement, la colère a mauvaise presse. C’est un des sept péchés capitaux, non ?
  • Elle est souvent perçue, en effet, comme une passion néfaste et destructrice, une courte folie ainsi que le disait le poète latin Horace : « Ira brevis furor est. »
  • Alors Jésus qui, le fouet à la main, chasse les vendeurs du Temple, quel contre-exemple !
  • Non. Parce qu’on se trompe si on pense que Jésus visait les commerçants, comme s’il s’en prenait aujourd’hui aux vendeurs de souvenir pieux.
  • Ceux qu’on critique sous le vocable de « marchands du temple » ?
  • Oui. Mais il ne s’agit pas d’une colère contre tel ou tel groupe, amis d’une colère qui nous atteint tous pour remettre nos pendules à l’heure et nous rappeler l’exigence absolue du respect dû à Dieu.
  • C’était donc une juste colère.
  • Effectivement. Il y a en effet une dimension salutaire de la colère. Dans la Bible, d’ailleurs, la colère n’est pas censurée. Job, par exemple, laisse monter contre Dieu sa colère devant l’injustice et les souffrances qu’il subit et Dieu, loin de lui en faire reproche, l’encourage. Et on voit au fil du récit la révolte personnelle de Job devenir la révolte de tous les opprimés.
  • Une colère donc qui le métamorphose.
  • Oui. Une sainte colère.

Avec Jésus, tout s’éclaire


Nous sommes souvent perdus et découragés et nous ne comprenons pas toujours ce qui nous arrive. Nous connaissons si mal les autres, même ceux et celles auprès desquels nous vivons. Il faut vivre un événement extraordinaire, parfois une épreuve, pour nous ouvrir les yeux. Avec Jésus et à la lumière de l’Évangile, les autres ne sont plus des adversaires qui nous menacent, mais des frères et des soeurs. Les pauvres ne sont pas méprisés de Dieu; au contraire il prend partie pour eux et leur donne part à son royaume. Quant aux pécheurs et aux exclus de la société, ils sont invités à sa table; ils précèdent même dans le Royaume bien des prétendus justes. Avec Jésus et son message, une lumière nouvelle envahit nos coeurs. Il nous fait voir les personnes et les événements du monde tels que Dieu les considère. Par la foi, notre regard ne s’arrête pas à la surface des choses, il rejoint l’essentiel. Avec la lumière de l’Évangile, tout est transfiguré.

L’épreuve de Jésus


Au moment d’entreprendre la route qui le conduit à Jérusalem, Jésus prévient ses disciples que sa mission sera marquée par la souffrance et la mort. Mais cette épreuve sera l’occasion pour Dieu de manifester la puissance d’un amour qui ne craint pas les risques. La scène de la Transfiguration illustre bien les risques que peut prendre l’amour authentique. Elle est aussi un témoignage donné à ses disciples présents et futurs. La marche à la suite de Jésus, si elle veut être sérieuse, est à l’enseigne de la fidélité, de l’audace et de la persévérance. Dans notre vie de disciple, Jésus nous convie à prendre le risque de le suivre dans les dépassements que nous font vivre certaines épreuves. Ce sera là des transfigurations qui nous feront grandir dans la foi.

Prolongeons cette réflexion avec les questions que nous pose « Entraide et fraternité » ?

Quel monde léguons‑nous à nos proches, à nos enfants ? Un monde dans lequel la violence quotidienne nous assaille, au point de n’y voir qu’insécurité et risque ? Ou bien préparons‑nous un monde de respect de l’autre et de bienveillance?

Un monde dans lequel l’avenir est incertain et où les chances d’avoir un travail et des revenus s’amenuisent ? Ou bien un monde basé sur le partage et l’accès pour tous aux ressources de notre terre ?

Un monde dans lequel l’écart entre le Nord et le Sud ne cesse de grandir, au point de voir chaque année, plus de 10 millions d’enfants de moins de 5 ans mourir de faim et de maladie ?

Nous sommes responsables des autres, proches et lointains. Cette responsabilité nécessite une énorme confiance.

Comme les disciples, nous sommes invités à adopter un autre regard sur le monde et sur les autres : un regard de bienveillance.

Cette transfiguration, ce nouveau regard d’amour transforme les êtres et la création tout entière, elle rejette un monde où l’homme est défiguré par l’avidité, la jalousie, l’exaltation et l’insatisfaction continue. D’un regard destructeur nous sommes invités à nous munir d’un regard sensible et créateur de justice et de paix.

Sommes‑nous également prêts à tout mettre en oeuvre pour que chaque homme et chaque femme trouve sur cette terre une vie digne, faite de justice et d’amour ?

Des épreuves bénéfiques


Il faut parfois vivre une expérience de détachement pour redécouvrir les valeurs essentielles de la vie. Une personne qui a risqué de perdre la vie dans un accident ou à cause d’une grave maladie saura dire comment sa perception de la vie a été transformée. C’est souvent l’occasion de redécouvrir une foi vivante et de grandir dans l’amour. Les gens qui ont consacré quelques années à un projet de coopération dans un pays en voie de développement ou dans un organisme communautaire de leur milieu reconnaîtront qu’ils ont appris le sens du partage et de la fraternité universelle. C’est parfois en quittant le nid familial qu’un jeune conquiert son autonomie et le sens des responsabilités. Ces exemples parmi d’autres indiquent que c’est souvent en acceptant les risques de l’inconnu que l’on vit une expérience de croissance humaine.

L’ÉVANGILE AU PRÉSENT MARC 9,2‑svt


Nous connaissons si mal les autres, même ceux auprès desquels nous vivons. IL faut parfois qu’un événement extraordinaire survienne pour les révéler à nos yeux. L’épisode de la Transfiguration révèle à ses apôtres le vrai visage de Jésus de Nazareth, et nous fait entrevoir notre vrai visage.

Clarté sur le visage du Fils

Au moment où jésus gravit la montagne de la Transfiguration, il arrive au terme de son ministère en Galilée. II subit l’incompréhension des foules, parfois enthousiastes, mais surtout superficielles et versatiles. L’hostilité des chefs religieux est à son comble; ils le rejettent comme Messie. Jésus sait que ce refus va le conduire à la Croix.

Quant aux disciples, leur foi est fragile ; ils achoppent sur l’annonce de la Passion et de la Résurrection ; Pierre lui-même est révolté à cette idée… C’est dans ce contexte de «défiguration » que survient la Transfiguration.

L’apôtre Pierre écrit dans une lettre: « Nous avons été les témoins oculaires de sa majesté» (2 P 1, 16). La gloire divine, mise en veilleuse dans l’humanité de jésus de Nazareth, a été soudain dévoilée. A ce moment, l’humanité du Seigneur est devenue transparente de l’identité du « Fils bien‑aimé ».

C’est un signe annonciateur de sa Résurrection que jésus a donné à ses disciples. Ce resplendissement annonce l’heure de gloire de Celui qui est « la Lumière véritable » Jn 1, 9).

Aurore pour l’homme

Durant ce Carême, portons notre regard sur la «face cachée » de notre être où sont imprimées « l’image et la ressemblance de Dieu » !

Le péché défigure nos visages de baptisés. Il altère cette beauté secrète qui est notre «portrait d’éternité » , comme le manque d’amour reçu et donné « casse » à la longue un visage d’homme ou de femme. Il creuse en nos coeurs les rides d’un vieillissement mortel. Quel visage du Christ donnons‑nous alors à voir?

La lumière sur la face du Seigneur transfiguré nous révèle notre vrai visage. Elle projette sur nous l’éclat de notre vocation de fils et de filles de Dieu, au‑delà de tout ce qui brouille l’empreinte de « l’image de Dieu ». Le Carême, ce sont quarante jours pour « se refaire une beauté » du coeur!

La Transfiguration du Seigneur est un signe de résurrection qui nous est adressé, jusqu’au moment où Dieu « transfigurera notre corps humilié pour le rendre semblable à son corps de gloire » (Ph 3, 21).

Sur le visage du Seigneur brille ce qui est notre espérance! Devenons ce que nous sommes! Vivons en «enfants de lumière » !

Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne



Le commentaire pour Panorama de Marie-Noëlle Thabut, bibliste

II n’existe pas de « haute montagne » en Galilée, et Marc le sait. S’il tient à ce détail, c’est parce qu’il y a là une allusion très évocatrice pour ses lecteurs. Tout d’abord, les hautes montagnes suggèrent spontanément une plus grande proximité avec Dieu. Dans de nombreuses religions, on les considère comme des portes du ciel. Pour cette raison, les temples et, en particulier, celui de Jérusalem, sont généralement ériger sur des hauteurs.
Pour les lecteurs de Marc, une haute montagne, cela fait également penser au Sinaï : c’est là, sur cette montagne véritablement haute, que Moïse puis Elie ont eu le privilège d’une bouleversante rencontre avec Dieu lui-même. L’un comme l’autre, dans toute l’histoire biblique, ont eu, là-bas, une manifestation de sa présence. Et voilà que, sur la montagne de la Transfiguration, ils sont mis en présence du fils de Dieu lui-même. La blancheur éblouissante de ses vêtements ne laisse aucun doute sur son identité. Cette similitude entre ces deux manifestations divines sur la montagne n’a pas échappé aux lecteurs de l’évangile. L’un d’entre eux, mosaïste au VIe siècle (ap. J.-C.) a représenté Moïse, déchaussé devant le Christ transfiguré, tout comme il l’avait été devant le buisson ardent (Mosaïque de la basilique de la Transfiguration, au monastère Sainte Catherine, au pied du mont Sinaï).

Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu’ils avaient vu

Pourquoi ce secret? Ils ont obéi, mais sans comprendre : « Ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : ressusciter d’entre les morts. » On peut penser que les disciples croyaient à la résurrection des morts, comme la majorité des juifs de leur époque. La résurrection future de Jésus, tout comme la leur, ne faisait aucun doute, mais ils l’imaginaient seulement pour la fin des temps. Ils ne voyaient peut-être pas pourquoi ils devaient se taire jusque-là, ni pourquoi Jésus parlait d’un événement aussi lointain !
Autre surprise pour eux, ce titre de Fils de l’Homme que Jésus s’attribuait à lui-même : quand il parlait du Fils de l’Homme, on pensait tout de suite au prophète Daniel qui parlait du Messie en l’appelant « fils d’homme ». Ce « fils d’homme » était en réalité un être collectif, puisque le prophète l’appelait aussi « le peuple des Saints du Très-Haut ». Jésus, à lui tout seul, ne pouvait pas être considéré comme un peuple! Il faudra attendre la Résurrection et même la Pentecôte pour que les disciples de Jésus de Nazareth comprennent que Jésus a pris la tête du « peuple des Saints du Très-Haut », et que tous les baptisés de par le monde sont invités à ne faire qu’un avec lui pour sauver le monde.
Deux bonnes raisons pour les inviter à ne pas raconter tout de suite ce qu’ils n’avaient pas encore compris.

Le sacrifice du Fils


  • Quand on lit ce récit du sacrifice d’Isaac, on peut penser que Dieu a vraiment mis Abraham à l’épreuve. C’est ainsi que la Tradition a interprété ce « sacrifice », louant l’obéissance du Patriarche.
  • Interprétation discutable, dans la mesure où il est difficile d’imaginer que Dieu demande à un père de tuer son fils ! Beaucoup pensent qu’Abraham a voulu imiter ses voisins qui pratiquaient les sacrifices humains, et notamment celui du fils aînés. Et Yahvé refuse précisément cette offrande.
  • Certes, le Nouveau Testament dit à plusieurs reprises que Dieu a « livré » son Fils. Mais cela ne signifie pas que le Très-Haut a exigé la passion et la mort de Jésus. Ce serait insupportable et odieux ! Il l’a d’abord livré à la vie…
  • Le Père a « livré » son Fils aux hommes pour les tirer de leur malheur et de leur péché. Et ce « sauvetage » s’est fait dans la souffrance. Mais loin de « se draper dans sa dignité bafoué », le Père partageait avec Jésus les outrages de la Crucifixion. La phrase «  Dieu a livré son Fils » est équivalente à celle-ci : « Il s’est livré pour nous » car le Père et le Fils ne font qu’un, dans la Trinité salvatrice. Condamné à mort par les chefs de sa nation, Jésus a transformé cette « nécessité » de mourir en un don libre, il s’est livré : « Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne », a-t-il dit. Il a fait du sacrifice de sa vie un acte d’amour si absolu, si intense (si divin) qu’il relie définitivement l’humanité avec Dieu, dans une alliance indestructible.
  • La justice de Dieu n’est pas celle de l’ « œil pour œil, dent pour dent ». C’est la sainteté de l’Amour qui en appelle « humblement » à notre liberté.

Silence, écoute !


Étrange, ce dialogue entre Jésus, Moïse et Élie, quelque part à l’écart, sur une haute montagne. Pierre, Jacques et Jean sont témoins de quelque chose qui les dépasse ! Sur la montagne, Jésus est transfiguré. Il n’est pas un autre homme. La transfiguration manifeste pleinement son identité. Aux apôtres qui sont sur la montagne, Dieu laisse entrevoir sur le visage de Jésus de Nazareth son visage de Père. Aux yeux des Apôtres qui sont là, Jésus s’inscrit dans l’histoire du peuple de Dieu. Le temps est à la rencontre! Rencontre du passé et du présent, rencontre de l’Ancien et du Nouveau Testament, rencontre de l’ancienne et de la nouvelle Alliance. Autant de rencontres qui soulignent l’étonnante fidélité de Dieu à travers les âges. Moïse rappelle la Loi, Alliance signée entre Dieu et son peuple. Élie rappelle la restauration de l’Alliance : quand le peuple s’égare, Dieu reste fidèle à sa promesse.

La transfiguration fait mémoire de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Elle donne à Jésus de Nazareth le visage du nouveau Moïse et du nouvel Élie. De celui qui s’entend dire au jour de son baptême « tu es mon Fils bien-aimé », le Père dit aujourd’hui « voici mon Fils bienaimé. Écoutez-le!» Nous sommes appelés à reconnaître en Jésus le Fils de Dieu, le bien-aimé du Père et nous avons à l’écouter.

Voix du Père, Verbe fait chair, lui seul peut nous transfigurer. Prenons le risque de faire taire en nous et autour de nous tout ce qui nous empêche de nous mettre à l’écoute.

Écoutons-le !

Voix et chemin vers le Père


Pierre, Jacques et Jean sont de la randonnée. Quelque part à l’écart, sur une haute montagne. L’évangile de ce jour me remet en mémoire tant et tant de courses en montagne avec des amis. Personne ne part seul en montagne, et ce pour des raisons évidentes de sécurité. Personne non plus ne s’encorde avec des inconnus : se connaître est essentiel pour la bonne marche de l’expédition. La confiance est de mise. La randonnée donne aux uns et aux autres de se livrer et d’apprendre à mieux se connaître dans cette vie communautaire fondée par la marche elle‑même.

Sur la montagne, Jésus est transfiguré. Dieu laisse entrevoir sur le visage de Jésus de Nazareth son visage de Père. Aux yeux des Apôtres qui sont là, Jésus s’inscrit dans l’histoire du peuple de Dieu. Dans la nuée, Élie et Moïse sont là, présents aux côtés de jésus. Rencontre du passé et du présent, de l’Ancien et du Nouveau testament, de l’ancienne et de la nouvelle Alliance. Rencontre qui souligne l’étonnante fidélité de Dieu à travers les âges. Moïse rappelle la Loi, Alliance signée entre Dieu et son peuple. Élie rappelle la restauration de l’Alliance: quand le peuple s’égare, Dieu reste fidèle à sa promesse. La transfiguration fait mémoire de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Elle donne à Jésus de Nazareth le visage du nouveau Moïse et du nouvel Élie. Il est celui qu’il nous faut écouter comme voix du Père. Il est celui qu’il nous faut suivre, chemin vers le Père.

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