Archives d’Auteur: saintenoispascal

« Ceux que Dieu a choisis »

La Parole, le trésor d’Israël, s’offre à tous comme elle s’est offerte à Naaman, le général Syrien atteint de lèpre. Il a eu foi en Elisée le prophète, et cette foi a été l’instrument de sa guérison et de sa conversion. Il est de « ceux que Dieu a choisis ». Ainsi le statut de « l’étranger » est évoqué de la première lecture jusqu’à l’Evangile. Dix lépreux interpellent Jésus par son nom, – ce qui est un appel extraordinaire et rare : « Jésus, Maître, prends pitié de nous ! »  Seul un étranger reviendra rendre grâce ; le Seigneur lui dira : « Ta foi t’a sauvé. »  Et de Rome où il est prisonnier, Paul envoie à Timothée son testament spirituel : « Je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis afin qu’ils obtiennent eux aussi le salut par Jésus Christ », et il les a choisis sans distinguer les fils d’Israël des étrangers

L’écho ne nos paroles

Un jeune berger emprunta un jour un nouveau sentier avec son troupeau. Il lui sembla alors entendre le bruit de sonnailles d’un autre troupeau. Cela le remplit de joie, car il avait bien envie de se faire un ami. Il appela :
– Qui est là ?
Et il entendit aussitôt d’autres voix répondre :
– Qui est là ? Qui est là ? Qui est là ?
Il y avait donc d’autres bergers comme lui dans la vallée.
Il s’écria alors :
– Où êtes-vous, je ne peux pas vous voir ! Et les voix répondirent :
– Pas vous voir, pas vous voir, pas vous voir !
Cela le mit en colère. Les autres bergers se cachaient et se moquaient de lui. Il leur cria :
– Montrez-vous, imbéciles ! Et les voix répondirent :
– Imbécile, imbécile, imbécile !
Cela lui fit un peu peur. Il n’était pas de taille à lutter contre tous ces bergers. Il rassembla bien vite son troupeau et rentra à la maison. Son grand-père, le voyant revenir tout en sueur, le questionna :
– Qu’y a-t-il, mon petit ? On dirait que tu as vu le diable dans la vallée ! Le jeune garçon lui raconta sa mésaventure. Il lui parla de tous ces bergers qui se cachaient, prêts à l’attaquer. Le grand-père comprit que l’enfant; s’était fait peur tout seul, en entendant l’écho de sa propre voix… et il le rassura.
– Ces bergers-là ne te veulent pas de mal. Ils attendent seulement de toi une phrase amicale. Demain, lorsque tu retourneras dans les pâturages, commence par leur dire bonjour.
Le lendemain, lorsqu’il atteignit le fond de la vallée, le jeune berger cria joyeusement :
– Bonjour !
Et l’écho répondit :
– Bonjour, bonjour, bonjour ! Il ajouta :
– Je suis votre ami ! Et l’écho reprit :
– Ami, ami, ami !
Alors la peur quitta le cœur de l’enfant. Il comprit que chaque fois qu’il disait des paroles gentilles, les voix lui répondaient de même. Et, lorsqu’il devint adulte, il garda toujours en mémoire cette leçon.

D’après un conte hindouiste

Jésus, l’Ami toujours présent

« Je n’ai plus de mémoire », « je ne me souviens plus » : naguère on entendait ces phrases sortant de la bouche des anciens. Et voilà que des générations plus jeunes se plaignent de leur absence de mémoire. Sans doute parce que les informations reçues sont devenues trop nombreuses…

On dit qu’on se souvient plus facilement des méchancetés injustes que des bienfaits reçus. Même quand il s’agit d’une guérison merveilleuse, comme au temps de Jésus…

Aujourd’hui, l’apôtre Paul demande à chacun de nous : « Souviens-toi de Jésus-Christ. » Conseil qui n’est pas inutile ! Il nous arrive de parler de l’Eglise, de ce qui nous convient et plus souvent de ce qui « ne nous va pas », en oubliant Celui qui est à l’origine de notre foi. Jésus est celui à qui nous faisons confiance, au-delà du curé, de l’évêque ou du pape…

Encore faut-il mieux le connaître ce Jésus de Nazareth, devenu le rassembleur de toute l’humanité. Il n’est pas ce cadavre sur nos croix, il n’est pas celui qui s’éloignerait dans le temps, au fil des années. Il est ce Vivant, tout proche de chacun présent en nous par son Esprit, par son Pain reçu.

Il est cet Ami auquel nous pouvons dire : « Je pense à toi. » Et ce serait en même temps lui dire : « Reviens vite ! »

Et pourtant, il vole

Le poids moyen d’un bourdon est de 4,8gr, la surface de ses ailes tourne autour de 1,45 cm² ailes placées dans un plan incliné de 6° par rapport au corps.
Les lois de l’aérodynamisme sont formelles : étant donné ces caractéristiques scientifiques irréfutables, c’est clair, c’est net : le bourdon ne peut pas voler.
Et pourtant… il vole !
Mais heureusement pour lui, le bourdon ne le sait pas.
Quand on vous dira que votre projet ne peut pas aboutir et qu’il est bien préférable ne pas essayer, faites comme si vous n’en saviez rien !

Site pastorale scolaire du diocèse de Tournai

La dernière leçon

Narou, le vieux chef du village, sentait ses forces le quitter. Il était venu le temps du dernier coucher de soleil, le temps béni où il rejoindrait enfin les anciens partis dans la grande prairie depuis tant de lunes… Il lui restait à délivrer ses dernières recommandations aux jeunes de la tribu et à désigner, parmi eux, son successeur.
Une formalité que ce choix tant il était évident, aux yeux de tous, qu’il ne pouvait se porter que sur Bonga, le plus fort, le plus rusé, le plus adroit. C’est lui qui conduisait la chasse, depuis si longtemps déjà.
Le vieux chef fit donc passer le message de rassemblement et lorsque le soleil allait se faire manger par la Terre, là-bas à l’horizon, tous se retrouvèrent en conseil autour de lui. Son ultime enseignement pouvait débuter.
Il confirma d’abord Bonga dans sa future responsabilité. La tradition était bien établie : l’ancien offrait un jeune tronc d’arbre à celui qui, à l’issue de l’épreuve, pour autant qu’elle soit réussie, devait prendre la relève, à la tête de la tribu. Le défi consistait pour lui à prouver sa force devant tout le monde en brisant le tronc entre ses bras.
Le tronc était épais comme une cuisse, Narou avait-il préjugé de la force de son élu ?
Non, le bois éclata littéralement sous les cris de joie de tout le village qui reconnaissait ainsi son nouveau guide.                     
Ensuite, Narou envoya tous les jeunes gens chercher une fine branche, longue de deux coudées environ ; la mission fut vite accomplie, le village étant construit au beau milieu d’une clairière. A leur retour, ils les remirent au vieux sage qui les rassembla et les lia en un fagot dont l’épaisseur égalait pratiquement le tronc brisé tout à l’heure.
Narou demanda encore à Bonga de réitérer son exploit. Le tout nouveau chef eut beau y mettre toute sa puissance, rien n’y fit, le fagot resta intact.
Et, Narou d’en tirer les leçons qu’il présenta comme les plus importantes qu’il puisse donner :
« Nul ne pourra vaincre notre peuple si tous ses membres se tiennent toujours comme les branches de ce fagot, solidaires dans toutes les circonstances de la vie. Ne l’oubliez jamais !  Vous avez maintenant à votre tête le meilleur chef qui puisse être mais il a besoin de vous tous unis autour de lui pour vous conduire. Ne l’oubliez pas davantage ! »

Narou se mit alors en route vers la grande prairie, sa dernière mission accomplie, la paix dans l’âme.

Conte indien

Un effort de mémoire



SOUVIENS-TOI DE JÉSUS CHRIST » ! Cette exhortation de saint Paul à Timothée s’adresse à nous aujourd’hui. L’Apôtre veut éveiller notre mémoire, fortifier notre foi. Le cri de son coeur nous appelle à nous placer devant le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus, particulièrement quand nous sommes usés par les soucis, tentés par le découragement et le renoncement au combat spirituel. 

Or, cet effort de mémoire se fait de plus en plus rare. Nous constatons que Jésus Christ tombe progressivement dans l’oubli, dans la société en général certes, mais aussi chez les chrétiens, et, osons le dire, chez les pratiquants eux-mêmes. Si le nom de Jésus est connu, son contenu s’appauvrit de jour en jour. Il devient une abstraction, sans épaisseur humaine, un vague souvenir qui a perdu sa puissance de vie. Car il ne s’agit pas de faire mémoire seulement d’un nom, mais de vivre de la victoire de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, d’accueillir dans notre chair la puissance de la Résurrection qui nous libère du péché et de la mort. Cette expérience de salut conduit l’Apôtre des nations à supporter toutes les vicissitudes afin que, non seulement lui-même, mais encore tous ceux dont il porte la charge pastorale, obtiennent le salut en Jésus Christ. 

L’homme oublieux ne reconnaît pas l’oeuvre de son Sauveur. Il déserte l’eucharistie. L’action de grâce n’est en effet ouverte qu’à celui qui fait mémoire des dons reçus et la reconnaissance est l’aliment de cette mémoire. Elle est cet élan du coeur, cette réponse d’amour, qui précipite le croyant aux pieds de Jésus pour le remercier du salut obtenu. Elle est don de soi pour ne plus faire qu’un avec le Christ.

Compte en banque

Imaginez que chaque matin, une banque vous ouvre un compte de 86 400 euros. Simplement, il y aurait deux règles imposées : 
La première est que tout ce que vous n’avez pas dépensé dans les 24 heures vous est enlevé. Vous ne pouvez pas tricher, ne pouvez pas virer cet argent sur un autre compte, ne pouvez que le dépenser.
La seconde est tout aussi importante à connaître : la banque peut interrompre « le jeu » sans préavis ; à n’importe quel moment, elle peut vous dire que c’est fini, qu’elle ferme le compte et qu’il n’y en aura pas d’autre.
Que feriez-vous ?
A mon avis, vous dépenseriez chaque centime à vous faire plaisir et à offrir quantité de cadeaux aux gens que vous aimez. Vous feriez en sorte d’utiliser ce pactole quotidien pour apporter du bonheur dans votre vie et dans celle de ceux qui vous entourent…
Cette banque magique, nous l’avons tous, c’est le temps !
Chaque matin au réveil, notre compte est alimenté automatiquement de 86 400 secondes de vie pour les 24 heures à venir. Une fois passée, il n’y a pas de report, ce qui n’a pas été vécu dans ce laps de temps est perdu ; hier vient de passer. Et chaque matin, nous profitons de la même générosité…  Nous jouons avec cette règle incontournable : la banque peut fermer notre compte à n’importe quel moment, sans préavis ; à tout moment, la vie peut s’arrêter.
Alors ? Que décidons-nous de faire de nos 86 400 secondes quotidiennes ?

Site pastorale scolaire du diocèse de Tournai