« Laisse les morts enterrer leurs morts ! »


  • Jésus, parfois, il n’y va pas de main morte ! «  Laisse les morts enterrer leurs morts ! » C’est tout de même à cela qu’on voit l’homme se distinguer de l’animal, au souci qu’il a d’enterrer ses morts !
  • C’est sûr que ce dimanche, on a une succession de sentences plutôt bien frappées. Il est rude aussi de rejeter celui qui hésite, qui regarde en arrière…
  • Pour autant, on ne peut pas édulcorer les paroles de Jésus.
  • Non, bien évidemment. Beaucoup, d’ailleurs, ont pris ces affirmations au sérieux. Tous ceux qui renoncent au monde, comme on disait, pour choisir une voie religieuse. J’en connais…
  • Au moins, Jésus ne les leurre pas sur les difficultés qu’il y a à le suivre, et sur l’exigence que cela représente !
  • Certes. C’est aussi une façon de nous faire comprendre que le Royaume de Dieu passe avant tout.
  • Et qu’il faut aller de l’avant, sans passéisme. Le mot de Jésus que je veux retenir, ici comme ailleurs, c’est : « Va ! »

Urgence


la main de Dieu?


Ainsi ces hérétiques de Samaritains avaient donc refusé de recevoir Jésus. Et alors les disciples, Jacques et Jean, proposèrent de faire appel au ciel pour que tombe le feu et qu’il les détruise tous. Déjà la tentation de lancer un appel au bras vengeur de Dieu pour qu’il mette de l’ordre, qu’il punisse les méchants. Déjà la tentation de voir la main de Dieu dans les calamités, les malheurs, le Sida. Déjà la tentation de faire de ce Dieu un potentat qui tient à sa toute-puissance, qui punit, qui châtie. Jésus se retourna et les interpella : ce n’était pas son Dieu.

Et puis, pour bien montrer qu’il fallait à jamais laisser là ce passé, Jésus n’hésita pas à se faire tranchant : « Allons, laissez les morts. Ne perdez pas votre temps avec ce qui est passé. Choisissez ce qui vit. Et celui qui charrue et regarde en arrière, celui-là n’est pas fait pour le royaume de Dieu. Finie la nostalgie d’un passé révolu. Regardez en avant, optez donc pour l’avenir. » II allait donc falloir laisser tomber, mourir, tout ce qui, croyait-on, amènerait le succès, le triomphe et la gloire. Car pour Dieu, ce monde-là, ce n’était pas le sien.

Jésus alla plus loin, parlant à ceux et celles qui prétendaient le suivre partout où il irait. Se comparant aux renards qui ont une tanière, et les oiseaux des nids, alors que même lui n’a pas un seul endroit où reposer la tête. Libre, entièrement libre, voilà ce qu’il était. Et il nous invitait à être libres comme lui. « Appelés à être libres », dirait l’apôtre Paul. Et libérés enfin des chaînes de l’esclavage, qui vous lient aux puissants, aux pouvoirs de toute sorte, qui imposent leur loi. II n’y aurait désormais plus qu’une seule loi : c’est la loi de l’amour. Voilà le monde de Dieu.

Introduction aux lectures 13 dim Ordi C


1Rois 19, 16-21: Brûler tout ce qu’on a pu, saluer la compagnie et partir… Certaines destinées exceptionnelles commencent ainsi. Ce fut le cas d’Elisée, le laboureur devenu prophète. En jetant son manteau à Elisée, Elie lui transmet le relais de prophète, relais à prendre tout de suite, sans perdre de temps.

Galates 5, 1-18: Tout le monde parle de liberté. Mais quelle liberté? Etre libre pour quoi faire? Ecoutons Saint Paul: Le Christ nous libère, dit-il, pour que nous vivions sous la conduite de l’Esprit. Par lui, nous triompherons de l’égoïsme en aimant nos frères comme nous-mêmes. Luc 9, 51-62 : Quand il appelle à le suivre, Jésus est radical. Mais c’est tout au long de la marche avec lui qu’il purifie ses disciples et façonne leurs mentalités, pourqu’elles s’accordent à la sienne

Le rendez-vous dominical


LE RÉCIT DE LA MULTIPLICATION DES PAINS nous donne à contempler l’amour de Dieu qui, dans le Christ, se rend proche des hommes et compatit à leur faiblesse. De fait, en présence des foules qui le suivent, Jésus ne se contente pas de « faire avec » ; mais il les accueille, leur parle du Royaume, les guérit, les nourrit. Voilà qui, en cette solennité du Corps et du Sang du Christ, peut revivifier notre approche de l’eucharistie comme sacrement de la miséricorde et de la compassion de Dieu à notre égard. De fait, ne sommes-nous pas trop souvent oublieux de la présence du Christ ressuscité à nos côtés, car trop occupés de nous-mêmes, trop limités pour ne pas nous laisser disperser par des activités ou des relations qui devraient pourtant nous conduire jusqu’à lui ? Et c’est pour cela, entre autres, que Jésus nous a conviés à célébrer le mémorial de sa Pâque. Un « rendez-vous » ponctuel certes, mais qui a « pour but de nous rendre présents au Seigneur, de nous ouvrir à tous les trésors de grâce et d’amour dont son coeur est gonflé pour nous » (Maurice Zundel).

Essayons donc de vivre comme tel ce sacrement, afin d’apprendre à nous laisser rencontrer dans la totalité de notre existence. N’oublions jamais en effet que Dieu est en quête de chacun de nous personnellement, pour nous réjouir et nous faire participer toujours plus pleinement à sa vie. Mais ce rendez-vous dominical dépasse notre propre personne. De fait, c’est ensemble que nous sommes convoqués pour célébrer l’eucharistie, non plus simplement en foules mais en peuple. « Ensemble, parce qu’aucune créature n’est exclue de l’amour » du Christ. Ensemble, car « nous ne pouvons le joindre comme il est, qu’en essayant de nous rendre semblables à ce qu’il est. » Voilà pourquoi « il nous appelle à le rencontrer en prenant en charge toute l’humanité, tout l’univers » (Maurice Zundel).

Nourriture Indispensable


Nous le croyons, l’Eucharistie est le Christ livré pour nous, dans son Corps et dans son Sang. Le peuple hébreu fit déjà l’expérience d’une nourriture céleste ou divine. De Jésus lui-même, nous avons reçu ces paroles : « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang… Faites-cela en mémoire de moi. » Si le Jeudi saint est l’événement anniversaire de l’institution de l’Eucharistie, chaque eucharistie célébrée est à nouveau le grand événement. Oui, Jésus se donne, jour après jour, pour nous manifester sa tendresse et sa présence, pour reprendre une expression chère au pape François. Oui, c’est la tendresse de Dieu qui est présente dans le Corps et le Sang de son Fils. Cette tendresse guérit et apaise. Comme les mains des soignants expriment des soins, comme les gestes de tendresse expriment l’amour, le pain et le vin sont signes de sa présence réelle. Devant l’amour, nous sommes en émerveillement, devant la présence de Jésus donné en partage, nous sommes en adoration. Mais s’il y a un amour fraternel partagé dans l’Eucharistie, cela nous conduit des paroles et des attitudes priantes vers un vrai partage qui va jusqu’à la communion ! Et la communion n’est pas uniquement la réception de l’Eucharistie, elle nous envoie en mission, dans la communauté chrétienne et bien audelà avec ces paroles « Allez… dans la paix du Christ. » Allez répandre par votre vie la Vie que vous avez reçue et partagée. L’Eucharistie n’est pas que célébration, elle est vie profonde et agissante.

Le Pain de la vie


L’homme ne vit pas de pain seulement,

Mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Dt 8,3).

Ainsi s’adressait Dieu à son peuple Israël, dans le désert du Sinaï.

Il était venu à son secours en lui procurant la manne, jour après jour.

S’il prenait soin de son corps, il veillait encore plus sur sa santé spirituelle.

Tu agis de même, Seigneur Jésus.

Tu ne te lasses pas de parler du règne de Dieu.

Tu continues de le faire à chaque célébration eucharistique.

Donne-nous la soif spirituelle de tes auditeurs de la Galilée.

Renvoie cette foule

Tes Apôtres s’inquiètent lorsque le soir approche.

Ici, nous sommes dans un endroit désert, constatent-ils.

Comme leurs ancêtres qui avaient peur d’avoir faim dans le Sinaï,

Ils cherchent une solution et en proposent une. Qui ne leur coûte rien :

Renvoyer les gens !

Donnez-leur vous-mêmes à manger !

Tu sais bien, Seigneur, qu’ils n’en sont pas capables.

Mais tu veux leur faire partager ton attention aux autres, ton souci de tous…

Ils accueillent ton projet et ils sont prêts à partir acheter ce qu’il faut.

Tu acceptes leur disponibilité : tu vas te servir d’eux pour nourrir la foule.

Tu attends cela de nous aussi, à ton repas eucharistique.

Donne-nous d’y venir avec un cœur ouvert aux autres, à tous.

Jésus prit les pains, les bénit, les rompit…

Ce n’est pas encore l’Eucharistie, mais c’en est l’annonce claire ;

Tu veux que personne ne défaille en chemin (Mc 8,3).

Tous mangèrent à leur faim.

Puis on ramassa les morceaux qui restaient.

Que sont devenues les douze corbeilles qui restaient ?

On ne le dit pas.

Tu les as remises à ton Eglise, Seigneur.

Tu les remets à chacun de nous…

A la célébration eucharistique, tu te livres à nous par ta Parole et ton Pain

Et tu nous envoies partager avec les autres ta vie et ton amour.

Joie (St Sacrement)


Aujourd’hui, Seigneur Jésus, nous sommes pleins de reconnaissance. Par le pain que tu nous donnes, tu as voulu rester avec nous. Tu ne nous as pas laissés dans la tristesse de ton départ, mais dans la joie de ta présence, par le pain qui est ton corps, par le vin qui est ta vie.

Tu as voulu que ta mort soit célébrée en mémoire du don de toi-même pour nous et pour la multitude des hommes. Tu as voulu, par le Pain eucharistique, nourrir en nous la foi, l’espérance et l’amour. Sur la joie des hommes, sur la souffrance des hommes, tu dis : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang. »

Nous fêtons aujourd’hui dans l’allégresse cette richesse que tu nous as laissée.

Vous serez mes témoins aujourd’hui….. ( St Sacrement)


Si vous contribuez par votre vigilance à ne pas gaspiller els ressources de notre planète

Jean-Baptiste de Foucauld, un humaniste aux activités multiples, prône ce qu’il appelle « l’abondance frugale », base d’une société centrée sur « être », plus que « avoir ». Un programme qu’il résume ainsi : du travail pour tous, des relations abondantes pour tous, mais croire aussi en une transcendance.

Des recommandations bien difficiles, tant nous sommes immergés dans cette société de consommation, de croissance économique où les progrès se résument davantage en termes de croissance monétaire et où l’entreprise qui stagne est condamnée à disparaître. Une sorte de fuite en avant vers « toujours plus jamais atteint.

Mais nous percevons mieux maintenant les limites et els risques du système : notre terre n’est pas inépuisable, nous le savons : en effet de serre aux conséquences mal connues, raréfaction de nos ressources naturelles en eau, en énergie, des déchets envahissants. L’alerte est donnée, nous l’entendons, mais passe-t-elle « de la tête aux jambes » ?

Que faire si nous voulons laisser aux siècles à venir une terre habitable ? Bien sûr, les gouvernements s’agitent, font des lois. Mais attendrons-nous ces lois pour agir, comme de bons élèves disciplinés ou décidons-nous dès maintenant d’aller, comme des êtres responsables, vers cette abondance frugale en prenant nous-mêmes des initiatives très concrètes, par exemple : mieux séparer le nécessaire du superflu ; programmer mieux nos déplacements : réduire nos chauffages ; gérer plus sérieusement nos déchets.

Et l’adoration ?


Avec la Fête-Dieu vient aussi la question des processions et de l’adoration eucharistiques ? Si l’occasion nous en est offerte, vivons ce temps d’adoration en lien avec la célébration elle-même, en prolongement de celle-ci et pour mieux nous préparer au service de nos frères.