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Cette homme qui jette le grain…


Cet homme qui jette le grain dans son champ… c’est toi Seigneur Jésus. Tu as jeté le grain de l’amour, de la foi, tout au long de ta vie. Tu l’as jeté d’abord au cours d’une vie cachée aux yeux des hommes, mais remplie d’amour pour Dieu et de disponibilité à sa volonté.

Plus tard, tu l’as jeté dans le champ de la Palestine par tes paroles et par ton attention aux autres.. Puis de semeur, tu es devenu semence : tu as été le grain de blé jeté en terre pour donner beaucoup de fruit. Semeur, chacun de nous doit l’être à ta suite. Tu nous envoies dans le champ du monde pour y répandre le bon grain : la foi, l’amour, la paix pour répandre cette semence par nos paroles, mais surtout par notre vie éclairée par la foi et vivifiée par ton amour. Le paysan répand les grains dans son champ, puis il compte sur la nature pour les faire germer et grandir : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, c’est la merveille du travail du Créateur. Il en va de même pour la semence spirituelle : tu nous demandes de semer, mais c’est toi qui fais pousser et produire du fruit en son temps. Donne-nous la patience et l’humilité du cultivateur.

Nous sommes si souvent pressés ; nous voulons voir des résultats… Et nous nous imaginons si facilement que c’est le résultat de notre travail, alors que nous n’avons apporté qu’une part mimine du labeur ! Oui, donne-nous un cœur humble et disponible, Seigneur, un cœur plein de reconnaissance aussi pur la grâce que tu nous fais en nous demandant de travailler à ton champ.

Donne-nous de rester à notre place ; nous sommes des serviteurs quelconques ; nous n’avons fait que ce que nous devions faire (Lc 17,10).

La célébration eucharistique nous rappelle que tu attends notre participation. Que notre vie tout entière, unie à la tienne, contribue à ton règne dans le monde d’aujourd’hui.

Crédo 11ème dimanche ordinaire B


Je crois en Dieu Père,

qui sème en surabondance

et n’arrête jamais de donner la vie.

Je crois en Jésus Christ,

qui a mené simplement son existence

répandant des germes de vie dans le quotidien des personnes qu’il rencontrait

Je crois en l’Esprit Saint,

qui éclaire nos consciences

nous permettant de comprendre la Bonne Nouvelle du Royaume

en croissance dans l’ordinaire de notre vie.

Je crois à l’Eglise,

lorsqu’en rendant visible le style de vie de Dieu

elle permet à tous de reconnaître sa présence

et sa sollicitude pour chacun.

L’ÉVANGILE AU PRÉSENT MARC 14,12…26


Le sang est une réalité vitale pour l’organisme. Il revêt une force symbolique extraordinaire dans toutes les cultures ‑ et dans la Bible, comme on le voit dans les trois lectures du jour. Communier au sang du Christ est un geste lourd de signification…

Communier: recevoir la vie

« Le sang, c’est la vie », dit la Bible (Gn 9, 5). Si le sang infesté par la maladie peut être fatal, le sang indemne donné sauve des vies.

Jésus a voulu que le don de son sang versé pour nous soit source de vie éternelle. « Si vous ne mangez pas ma chair, si vous ne buvez pas mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous » (Jn 6, 53). Communier, c’est recevoir le sang du Ressuscité, le sang du Donneur universel de vie.

Dans l’Eucharistie, une réelle et divine transfusion s’opère en nous, pour que nous devenions des vivants et, à notre tour, des donneurs de vie. « Lui, Jésus, a donné sa vie pour nous; nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères » (1ln 3, 16).

Communier: protester contre la violence

Le sang versé est le symbole de la violence contre laquelle, s’élève la Bible : « De votre sang, qui est votre propre vie, je demanderai compte… » (Gn 9, 5).

Le sang du Christ, auquel nous communions, a été répandu par la violence des hommes. Mais le sacrifice de Jésus fut une victoire contre les instincts sanguinaires qui habitent le coeur humain. « Dans sa chair, il a détruit le mur de séparation : la haine » (Eph 2, 14).

Dans la communion, recevoir ce sang prend valeur de protestation contre la violence qui a « fait mourir le Prince de la vie » (Act3, 15). Communier nous engage à bannir de nos cœurs et de nos vies tout ce qui pourrait tuer, blesser, faire saigner, au propre et au figuré, un frère ou une sœur en humanité.

Communier: s’engager dans la solidarité

Fête-Dieu



Matthieu 14-12,26

Le commentaire pour Panorama
de Marie-Noëlle Thabut, bibliste

Le premier jour de la fête des pains sans levain

Ce jour-là, Jérusalem était dans l’effervescence : car on préparait la Pâque. D’innombrables agneaux étaient égorgés au Temple pour être ensuite partagés en famille. Dans les maisons, c’était le premier jour de la fête des pains sans levain, ce qu’on appelait les “azymes”.
Depuis des siècles, ces deux rites commémoraient la libération d’Egypte, au temps de Moïse : ce jour-là, Dieu était “ passé” parmi son peuple pour en faire un peuple libre ; puis, au Sinaï, il avait proposé son Alliance et les fils d’Israël s’étaient engagés dans cette Alliance, “ Tout ce que le Seigneur a dit, nous y obéirons” parce qu’ils faisaient confiance à la Parole du Dieu libérateur. Désormais, pour toutes les générations suivantes, célébrer la Pâque, c’était entrer à son tour dans cette Alliance, vivre d’une manière nouvelle, débarrassée des vieux ferments, libérée de toute chaîne.
Jésus a choisi d’inscrire ses derniers instants dans cette perspective-là, perspective d’Alliance, perspective de vie libérée : “Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude.” Ce soir-là, il ne fait aucun doute pour personne qu’il parle de sa mort et de son sang qui va être répandu ; mais voilà qu’il donne à sa mort le sens d’un Sacrifice d’Alliance avec Dieu, dans la ligne de celui de Moïse au Sinaï. Le problème, c’est qu’il ne pouvait être question pour aucun juif, même pas pour les disciples, d’envisager le moins du monde la Passion du Christ comme un sacrifice : Jésus n’est pas prêtre, il n’est pas de la tribu de Lévi, et surtout son exécution s’est déroulée hors du Temple, hors même des murs de Jérusalem. Or seul un prêtre pouvait offrir des sacrifices à Dieu, et uniquement dans le Temple de Jérusalem. Enfin, et c’est beaucoup plus grave, il n’était pas possible en Israël d’envisager la mort d’un homme comme un sacrifice susceptible de plaire à Dieu : il y avait des siècles qu’on savait cela. Ceux qui ont exécuté Jésus n’ont jamais eu l’intention d’accomplir un sacrifice : ils se sont débarrassés purement et simplement d’un homme qui, à leurs yeux, était un mauvais Juif et qui troublait la vie et la religion du peuple d’Israël.

Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance

Et pourtant, Jésus peut bien être comparé à l’agneau pascal : non pas qu’il serait une victime égorgée pour plaire à Dieu, mais parce que le sang de l’agneau pascal signait l’Alliance entre le Dieu libérateur et son peuple. Le nouvel agneau pascal, parce qu’il dévoile enfin aux yeux des hommes le Vrai Visage de Dieu, libère les hommes de toutes leurs fausses images de Dieu. Désormais, ceux qui connaissent le Dieu de tendresse et de pitié, peuvent vivre, à leur tour, dans la tendresse et la pitié. Finalement, c’est cela, être des hommes libres. Parce que nos pires chaînes sont celles que nous dressons entre nous.

L’Eucharistie est une action de grâces


  • L’eucharistie est une réalité d’une grande richesse spirituelle. Les premiers chrétiens parlaient de la « fraction du pain » ou du « repas du Seigneur » et soulignaient ainsi l’aspect partage. L’eucharistie est aussi vécue comme la Pâque du Seigneur. Elle est encore le mémorial de l’Alliance Nouvelle qui instaure la communion avec le Christ et la communion entre chrétiens.
  • L’eucharistie est également dans le prolongement des sacrifices de louange célébrés dans le Temple de Jérusalem. Une partie de la victime offerte était mangée au cours d’un repas sacré. Et cette sorte de « communion » était vécue dans la joie. On proclamait les merveilles de Dieu.
  • Le mot « eucharistie » signifie précisément « action de grâce ». Et à chaque messe, nous remercions Dieu pour sa création, pour la vie et les joies qu’il nous donne. Mais plus profondément, les merveilles de Dieu que nous célébrons concernent Jésus, dans sa Passion qui nous sauve, dans sa Résurrection qui est victoire sur la mort, sur toute mort. Car à chaque eucharistie, la force de résurrection du Christ nous est redonnée et vient soulever toute notre existence.
  • On comprend ainsi que la longue prière eucharistique prononcée par le prêtre aboutisse à ce moment : « Par Jésus, avec Lui et en Lui, à toi Père tout-puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire… »
  • On peut s’interroger sur la manière dont est vécue cette action de grâces par les participants  à l’eucharistie. Cet aspect ne semble pas réellement mis en valeur. Qui pense à préparer, par exemple, un texte d’action de grâce ?

Devenir ce que nous recevons


Célébrer la Fête-Dieu, c’est célébrer l’un des modes de présence du Christ ressuscité à son Église et à notre humanité. Présent dans sa Parole ou « lorsque deux ou trois sont réunis en son nom » (Mt 7), c’est en nourriture qu’il se donne à nous dans le saint Sacrement. Comme l’affirme Vatican II : « la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Église, c’est-à-dire le Christ lui-même, lui notre Pâque, lui dont la chair, vivifiée par l’Esprit Saint et vivifiante, donne la vie aux hommes» (PO 5).

Voilà qui, en écho à l’évangile de ce jour et à la prière eucharistique, nous recentre sur le mystère de Pâques-Pentecôte. Sous les espèces du pain et du vin, devenus son corps et son sang par l’action de l’Esprit Saint, le Christ se livre à nous et nous entraîne dans son offrande. Car, comme le fait remarquer saint Augustin, ce n’est pas nous qui absorbons et transformons cette nourriture, c’est elle qui nous fait devenir ce que nous recevons: le corps du Christ, donné au monde pour y «incarner» l’Amour et la compassion du Père. Comme nous le rappelle Maurice Zundel, «on ne communie pas pour soi » seulement, « mais avec toute l’humanité, avec toute l’histoire, avec tout l’univers ». «À travers la réalité eucharistique, à travers la présence du Christ, se constitue un dialogue secret et silencieux qui nous joint à Jésus au coeur de notre coeur, et au coeur du coeur des autres, dans une relation où notre être est engagé dans sa plus secrète intimité.»

Alors, quel que soit notre sentiment présent au moment de la célébration, nos soucis personnels, déposons-les devant Dieu pour accueillir le «Roi de toutes choses ». Car n’est-ce pas là se revêtir de « l’habit nuptial» qui réjouit le coeur de Dieu (Mt 22, 11) ?

Une faim nouvelle…


EN CÉLÉBRANT la Pâque avec ses disciples, Jésus fait mémoire de la libération du peuple hébreu, entraîné par Moïse à sortir de l’esclavage et à marcher au désert vers la Terre promise. Pour cette grande fête, on sacrifiait des agneaux au Temple et dans chaque maison, on chassait symboliquement toute trace du levain de l’année précédente dans l’attente d’un levain nouveau pour un pain nouveau. Une fête en mémoire de l’Alliance passée entre Dieu et son peuple, qui était donc placée sous le double signe du sang et du pain.

En prononçant, au cours de son dernier repas, la bénédiction traditionnelle, Jésus lui donne soudain un sens nouveau : « Prenez, ceci est mon corps », « Ceci est mon sang». Par ses paroles, le Christ annonce que, par lui, l’Alliance de Dieu avec les hommes est renouvelée. Voici que le pain et le vin deviennent le signe de la sortie de tous nos esclavages, le signe de l’abandon de tous nos vieux levains fatigués, le signe d’un pain nouveau, d’une faim nouvelle. Voici que le propre Fils de Dieu, en se faisant nourriture, vient couler dans nos veines, vient se faire chair de notre chair, coeur de notre coeur, vient transformer l’homme de l’intérieur, désensabler, en chacune et chacun d’entre nous, la source de l’amour.

À chaque fois que nous nous levons pour aller communier, nous traversons le désert de nos infidélités pour marcher vers la Terre promise de notre Résurrection.

Le corps du Christ! Amen!


“Le corps du Christ. — Amen ! » La simplicité du langage liturgique rejoint celle du charpentier de Nazareth : « D’un morceau de pain, il a fait tout son Évangile. » Dès l’instant où l’hostie touche mes lèvres, le corps glorieux du Ressuscité investit mon corps de chair. Il en va de même d’une goutte de précieux sang offert en viatique à un agonisant. Dans le sacrement de l’Eucharistie, le Christ se donne réellement à moi, sous les espèces du pain et du vin consacrés.

Rien de magique dans ce rite institué par Jésus la veille de sa passion. « Amen », le vocable hébreu prend ici tout son sens : d’un souffle unique, il dit la foi de celui qui s’avance pour recevoir cette nourriture d’éternité et la solidité du Mystère auquel le croyant adhère. « Amen, c’est vrai ! » La confiance seule autorise les communiants à affirmer à la suite de saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, mais Christ vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi».
Un geste, un mot… J’accepte d’entrer plus avant dans le combat inauguré le jour de mon baptême. L’homme ancien, la femme que je suis doit mourir pour que l’enfant de Dieu vienne au jour : douleur d’un enfantement qui dure encore. Le sacrement de l’Eucharistie nous met résolument sur notre trajectoire filiale. Avec le Christ, nous apprenons à recevoir toute la vie comme un don du Père, dans l’action de grâce. Ce sacrement nous révèle aussi la fraternité sans limites instaurée par Jésus. Nous qui communions, nous sommes le Corps du Christ, signe visible du rassemblement de la multitude dans le Royaume nouveau, lorsqu’il sera « tout en tout »..

Méditation : « Le repas Pascal »


Le premier jour de la fête…les disciples de Jésus lui disent : Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ?

La fête des pains sans levain où l’on immole l’agneau pascal est arrivée.

C’est la dernière fois que tu vas la célébrer, mais ce ne sera pas comme les autres années.

Pour toi, cette fête de la Pâque ne sera vraiment pas seulement la célébration de la sortie d’Egypte, en faveur de tous les hommes, pour leur libération de l’esclavage du péché.

Les préparatifs de ton repas pascal…

Il y a les pains sans levain, il y a le fruit de la vigne, mais il n’est pas question d’agneau pascal. Tu seras toi-même l’Agneau immolé et mangé à travers le pain rompu et le vin offert :

  • Prenez, ceci est mon corps : c’est moi ! Je me donne à vous pour que cous ayez la vie, que vous viviez en enfants de Dieu…
  • Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, répandu pour la multitude : Pour sceller l’alliance du Sinaï, Moïse a aspergé le peuple avec du sang, moi je vous donne le mien à boire, je donne ma vie pour vous, pour tous…

Après le chant d’action de grâce, ils partirent pour le mont des oliviers…

Ce que tu viens de vivre dans le « mystère » du pain et du vin, tu pars le vivre ensuite concrètement à travers la passion et ta mort. Tu seras condamné vers la sixième heure

(Jn 19,14-36), à partir du moment où l’on immolait les agneaux dans le Temple en vue du repas pascal.

La célébration eucharistique nous fait partager sans cesse ton repas pascal. Pour ce Pain Vivant qui donne la Vie… pour ce Vin qui nous apporte la joie de la Nouvelle Alliance, merci, Seigneur Jésus !

Le repas de l’Alliance


Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ?

La question de tes Apôtres semble curieuse, Seigneur.

Pourquoi ne disent-ils pas : notre repas pascal ?

C’est bien le repas de fête pour tout le groupe, comme les autres années…

Et portant, est-ce une intuition, une inspiration de l’Esprit ?

En ce dernier repas de ta vie, ce ne sera pas comme d’habitude.

Ce sera bien ton repas pascal, d’une manière unique.

Il va marquer ta « Pâque », ton passage de ce monde à ton Père.

Les préparatifs seront réduits au minimum pour les disciples.

Car c’est toi qui fourniras, qui seras, l’Agneau immolé et mangé.

Il vous montrera une grande pièce, toute prête pour un repas.

Cette salle, à l’étage, était la plus belle de la maison et la plus vaste.

Pour ton repas pascal, tu veux de la beauté et de l’espace.

C’est le repas de l’Amour, de l’amour qui va jusqu’au bout. (Jn 13,1).

C’est le festin des noces divines avec l’humanité entière.

Nos églises sont le prolongement de cette grande pièce prête pour un repas.

Il faut de la place pour tous les hommes, car tous sont invités…

Il faut de la beauté, car c’est un jour de joie, le jour de l’Alliance.

Jésus prit du pain, prononça la bénédiction…

Depuis lors, ce dernier repas ne cesse de se prolonger.

Tu nous appelles à partager ta « bénédiction »,

à entrer dans ta louange, ton action de grâce au Père.

En faisant mémoire de Toi, nous sommes là avec tes disciples.

Nous t’entendons dire : Prenez, ceci est mon Corpsc’est moi !

Tu nous présentes la coupe et nous invites à boire :

Ceci est mon Sang, le Sang de l’Alliance…

c’est moi qui t’aime… jusqu’à faire alliance avec toi !

Augmente notre foi et notre amour, Seigneur Jésus.

A chaque célébration eucharistique, viens raviver notre alliance avec Toi.

Que nous repartions dans la joie profonde et l’action  de grâce

pour vivre ensemble avec Toi

une nouvelle journée, une nouvelle semaine.

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