Pâques : Chemin de Pâques

Pâques : Chemin de Pâques

Quand la nuit est là, quand la lumière n’a pas de nom en dehors de la foi,
Dieu de toute aurore, avec ton Fils en agonie, nous voulons Te bénir encore.

Quand la blessure est là, quand la vie n’a pas de nom en dehors de ta volonté,
Dieu affrontant toute mort avec le Fils blessé à jamais, nous voulons Te glorifier encore.

Quand la lutte est là, quand la victoire n’a pas de nom en dehors de l’amour,
Dieu toujours plus fort, avec le Fils héritier de nos morts, nous voulons T’adorer encore.

Christian de Chergé

Pâques c’est cela…

L’homme était allongé tout au fond du tombeau. Lui qui avait toujours vécu libre et debout. Debout face aux puissants, aux Hérode, aux Pilate, qui s’en lavent les mains. Et debout face aux riches qui ne remarquent plus l’obole de la veuve. Debout face au grand prêtre et aux hommes de religion, aveuglés par leur Loi. Et face aux pharisiens perdus par leurs vertus. Mais ils se sont ligués contre l’homme debout. Et ils l’ont abattu. Un linge sur la face pour qu’il se taise enfin. Un linceul, des bandelettes, pour qu’il ne bouge plus. Et qu’il reste allongé.

Mais avec lui tant d’hommes, tant de femmes allongés. Ceux et celles qu’on fait taire parce que leur parole entend demeurer libre et qu’elle est dérangeante. Ceux et celles qu’on repousse parce qu’ils ne montrent pas patte blanche. Ceux et celles qu’on exclut parce qu’ils mettent en question le bon ordre établi. Ceux et celles qui font passer l’homme et la femme avant les règle­ments, les lois, les commandements. Ceux et celles aussi qui prennent le parti des petits et des pauvres, qui parlent pour les sans‑voix. Qui voulaient vivre debout et qui sont allongés.

Mais, un matin, voici que l’homme s’est levé. Qu’il s’est remis debout. Car Dieu ne supporte pas qu’on dise à l’homme « Couché ! » comme on dit à un chien. Parce qu’il veut l’homme debout et libre de l’aimer. Parce que Dieu mourrait pour en arri­ver là. Mais depuis ce jour‑là, une brise légère, légère comme un espoir, légère comme l’amour, légère comme l’Esprit, se répand sur le monde. Qui inquiète les puissants, les riches, les phari­siens. Mais les petits, les pauvres, se remettent debout. Et c’est Pâques pour eux.

Dieu, un ami du silence

Dieu, un ami du silence

Au commencement de la prière se trouve le silence.
Si nous voulons prier, il nous faut d’abord apprendre à écouter car, dans le silence du cœur, Dieu parle.
Et pour être en mesure de vivre ce silence et d’entendre Dieu, il nous faut un cœur limpide car il est seul capable de voir Dieu, d’entendre Dieu, d’écouter Dieu.
Alors seulement, de la plénitude de nos cœurs, nous pouvons parler à Dieu. Et Il écoute.
Mais nous ne pouvons pas parler à moins d’avoir écouté, à moins d’être en contact avec Dieu dans le silence de nos cœurs.
La prière n’est pas censée nous torturer, nous mettre mal à l’aise, nous troubler.
Il faut s’en réjouir à l’avance : parler à mon Père, parler à Jésus, celui auquel j’appartiens, corps et âme, esprit et cœur.
Réfléchissons donc au silence de l’esprit, des yeux et de la langue.
Le silence de l’esprit et du cœur. La Vierge Marie « gardait précieusement tous ses souvenirs et les méditait en son cœur ». Ce silence la rapprochait de notre Seigneur de sorte qu’elle n’a jamais eu à regretter quoi que ce fût. Rappelez-vous ce qu’elle fit quand saint Joseph fut troublé. Un seul mot de sa part aurait dissipé tout soupçon, mais elle ne le prononça pas et c’est le Seigneur Lui-même qui accomplit le miracle d’attester son innocence.
Si seulement nous étions aussi convaincus de la nécessité du silence ! Je crois qu’alors la voie vers l’union intime avec Dieu serait bien dégagée.
Puis nous avons le silence des yeux, celui qui nous aidera toujours à voir Dieu.
Nos yeux sont comme deux fenêtres par lesquelles, le Christ ou le monde parviennent jusqu’à nos cœurs. Il nous faut souvent beaucoup de courage pour les garder clos. Ne disons-nous pas souvent : « Si seulement je n’avais pas vu telle ou telle chose ! » Et cependant nous nous donnons si peu de peine pour surmonter le désir de tout voir.
Par le silence de la langue, nous apprendrons beaucoup : à parler au Christ, à rester joyeux en tout temps et à avoir quantité de choses à dire.
Le Christ nous parle par l’intermédiaire d’autres personnes et, lorsque nous méditons, il nous parle directement.
Dieu est ami du silence. Nous avons soif de trouver Dieu, mais il ne se laisse découvrir, ni dans le bruit ni dans l’agitation.
Voyez comme la nature, les arbres, les fleurs et l’herbe croissent dans un profond silence.
Voyez comme les étoiles, la lune et le soleil se déplacent en silence.
Plus nous recevons dans une prière silencieuse, plus nous pouvons donner dans notre vie active.
Le silence nous donne un regard neuf sur toutes choses. Nous avons besoin de ce silence afin de toucher les âmes. L’essentiel n’est pas dans ce que nous disons, mais dans ce que Dieu nous dit et dans ce qu’il transmet par notre intermédiaire. C’est en silence que toujours Jésus nous attend.
Dans ce silence, il nous écoutera ; c’est là qu’Il parle à nos âmes et c’est là que nous entendrons sa voix. Dans ce silence, nous trouverons une énergie nouvelle et une véritable unité.
L’énergie de Dieu sera nôtre pour bien accomplir toutes choses dans l’unité de nos pensées avec les siennes, l’unité de nos actions avec les siennes, de notre vie avec la sienne.

Mère Teresa

Comme un arbre

Comme un arbre,
laisser courir en moi la vie
jusqu’au bout de mes branches.
Comme un arbre,
plonger mes racines au plus profond de mon humanité,
aussi loin, aussi bas que moi-même,
sans craindre les pierres,
la roche dure, les creux immenses et vides.
Comme un arbre,
m’élancer bien droit de tout mon être,
vers toi, Seigneur, plus haut que moi-même,
de toutes mes branches tordues, cassées et trop courtes.
Comme un arbre,
m’émerveiller de toi, mon arbre-frère,
qui me laisses l’espace et le temps.
Comme un arbre,
un tout petit arbre de la forêt immense.

Bernadette Rabréaude

PRIÈRE POUR LE SAMEDI SAINT

Seigneur Jésus-Christ, dans l’obscurité de la mort Tu as fait lumière; dans l’abîme de la solitude la plus profonde, habite désormais pour toujours la puissante protection de Ton amour; alors même que tu restes caché, nous pouvons désormais chanter l’alléluia de ceux qui sont sauvés. Accorde-nous l’humble simplicité de la foi, qui ne se laisse pas dévier de son chemin quand Tu nous appelles aux heures de l’obscurité et de l’abandon, quand tout semble problématique; accorde-nous, en ce temps où se livre autour de Toi un combat mortel, assez de lumière pour que nous ne te perdions pas; assez de lumière pour que nous puissions en donner à ceux qui en ont encore plus besoin que nous. Fais briller le mystère de Ta joie pascale, comme l’aurore du matin, dans nos jours; accorde-nous de pouvoir être vraiment des hommes pascals au milieu du Samedi saint de l’histoire. Accorde-nous de pouvoir toujours marcher avec joie, à travers les jours lumineux et sombres de ce temps, vers ta gloire future. 
Amen.

Benoit XVI

Pourvu qu’il me reste la foi en Toi

Pourvu qu’il me reste la foi en Toi

Rien n’est grave.
Et même si je perds confiance en moi
et même si je deviens stupide
et même ridicule
et même si l’on me hait
et si l’on me juge
et même si j’en ai assez
et même si je n’ai plus rien
et si je suis sans charme
si je ne suis pas compris
si je ne comprends pas…
Rien n’est grave.
Si j’ai le vague à l’âme
Si un grand vide me perce le coeur
Si j’ai froid
ou si j’ai chaud.
Si je ne sais plus ce que j’ai
qui je suis ou ne suis pas.
Rien n’est grave
s’il me reste la foi en Toi.

Extrait de « Même si » (Éd. Droguet et Ardant)

Quand…

Quand

Quand les cris de guerre
M’incitent à la surenchère,
Et quand, face aux violences,
Je dis n’avoir aucun pouvoir d’influence,
Tu me rappelles à la Vie, Seigneur, et me souffles
« La Paix sera chacun de nous » !

Quand l’argent vaporeux
M’incite au « sauve qui peut »,
Et quand, face aux pauvres, abandonnés,
Je dis avoir déjà donné,
Tu réveilles ma vie, Seigneur, et me souffles
« Sans Amour nous ne sommes que cuivres qui résonnent ».

Quand le stress de mes responsabilités
M’incite à enterrer mes solidarités,
Et quand, face aux regards interrogateurs,
Je dis qu’être décideur ce n’est pas être enfant de coeur
Tu éclaires ma vie, Seigneur, et me souffles
« Bienheureux les coeurs purs car ils verront Dieu ».

Alors, à mon tour je te rends grâce, Seigneur.

Bienheureux sommes-nous, par Ton Amour,
que tu nous donnes sans limite.

Bien en route garde-nous, par Ton Espérance,
dont Tu fais de nous les témoins !

Bruno et Jocelyne Boulnois