Y’a d’ la joie

« Y’a d’la joie»

 

  • C’est bizarre : il y a plein de lectures bibliques qui invitent à la joie, plein de prières qui disent qu’on exulte de joie, et quand je regarde autour de moi dans les assemblées dominicales, je vois des visages abattus et j’entends des voix mornes pas du tout en phase avec les paroles chantées !
  • Je suis assez d’accort. Personnellement, cela me gêne souvent, d’autant que moi-même je ne me sens pas particulièrement exalté certains dimanches matin. Mais je suis pareillement en porte-à-faux avec les épanchements artificiels sans vraie joie ou les battements de mains et les chants bruyants mais sans âme.
  • C’est certain. Les jeunes, pour cela, peuvent nous aider ; ils sont parfois exemplaires ; j’en ai fait souvent l’expérience avec des groups d’aumônerie : des adolescents, bruyants, rigolards, capables d’un coup d’entrer dans le silence et le recueillement, ou dans la joie des chants de louange.
  • Exact ; C’est cela, par exemple, la force de ce qui est proposé à Taizé : les jeunes vivent une aventure de foi dans la joie de vivre.
  • Allez « sursum corda », comme disait le latin « haut les cœurs » Apprenons à mettre l’action de grâce au cœur de nos célébrations. Dieu ne demande qu’une chose : notre bonheur. Bonne nouvelle, tout de même !

Oui, bonne nouvelle

Agir ou accepter

Agir ou Accepter

François était travailleur, courageux et tenace.
Il cultivait sa terre avec bonheur.
Ses champs les plus fertiles s’étendaient le long du fleuve.
Il les appelait ses terres du bas.
Sur les terres du milieu, il y avait sa ferme entourée de vergers, de prairies et de quelques cultures.
Sur les terres du haut, plus arides, poussaient des oliviers.

Jacques était un vieil ami.
Il avait quitté le village pour parcourir le vaste monde.
Il avait bourlingué pendant des années avant de revenir au pays,
la peau tannée, la besace pleine de récits merveilleux et d’une bonne dose de sagesse.

Le fleuve, bon an mal an, sortait de son lit et fécondait les terres du bas puis se retirait.
François l’appelait son allié. Cette année-là, les eaux gonflèrent plus que de coutume.
Un flot tumultueux envahit les terres du bas et submergea bientôt les terres du milieu.
François mit ses bêtes à l’abri sur les terres du haut et rejoignit sa ferme à la nage.
Réfugié à l’étage, il voyait les flots grossir inexorablement.
La peur commença à étreindre son coeur, mais il ne voulut pas abandonner sa maison.
L’eau monta encore. Il se retrouva sur le toit, serrant contre lui quelques objets.

Jacques veillait au grain.
Il connaissait bien son ami: il était si obstiné qu’il se serait laissé emporter par les flots
plutôt que de quitter ses biens. Jacques dirigea sa barque vers la ferme.

– Monte, dit-il. Les eaux vont t’emporter.
– Pas question, elles finiront bien par se retirer. Je ne quitterai pas mon toit.
– Fuir vaut mieux que risquer la mort. Pour faire face au danger, il vaut parfois mieux l’éviter, s’en éloigner, partir.

François décida de suivre Jacques.
Il s’installa dans une grange qu’il possédait sur les terres du haut.
Les jours passèrent. Les eaux ne baissaient toujours pas.
D’alliée, la nature était devenue hostile.

François sentit monter en lui une profonde colère contre les éléments déchaînés,
qui se transforma vite en un désir puissant d’affronter et de combattre ce nouvel ennemi.
Il réussit à convaincre les hommes du village de mener ce combat avec lui.
Ensemble, ils réussirent à construire des digues et de solides murs
pour séparer les eaux des terres du milieu et regagnèrent ainsi une partie de leurs vergers et de leurs champs.
Mais les terres du bas restaient sous les eaux. Le terrain y était instable, les digues s’affaissaient.

Jacques voyait François lutter sans succès.

– Laisse tomber, lui dit-il, cesse ce combat vain et épuisant.
– N’y compte pas, répliqua François. Je ne suis pas un lâche.
– Au contraire, dit Jacques. Tu as fait tout ce que tu pouvais pour sauver tes terres.
Tu as lutté avec courage et ténacité. Mais la nature est plus forte que nous.
Changer les choses ne dépend plus de toi. Aie la sagesse d’arrêter ce combat.

– Me résigner, rétorqua François, jamais.
– Reconnaître ton impuissance et cesser d’épuiser tes forces dans une lutte vaine
n’est pas de la résignation, dit Jacques,
mais une façon de commencer à faire  le deuil de tes terres du bas,
à abandonner ton rêve de tout récupérer et à accepter cette nouvelle réalité.
Si tu ne réussis pas à l’accepter tu pourrais effectivement sombrer dans la résignation ou le désespoir,
et passer ton temps à ruminer ton impuissance et ta frustration ou à regretter ce que tu as perdu.

– Mais les flots se retireront peut-être,
rétorqua François, dans un dernier effort pour s’accrocher à cette réalité à laquelle il tenait tellement.
Ou  nous finirons par trouver un moyen de construire des digues plus solides.

– Si cela arrive et si entre temps tu as réussi à faire le deuil de tes terres, dit Jacques,
ton bonheur de les retrouver sera d’autant plus grand.
– Je pense que tu as raison, dit François, même si ce que tu suggères me paraît très dur.
– Oui, répondit Jacques, le chemin de l’acceptation est très difficile.
Il demande autant de courage et de ténacité que la lutte contre les éléments.
La tristesse t’envahira souvent. Sache l’accueillir-la, car elle t’aidera à avancer
et te permettra de mesurer le chemin parcouru.
Quand elle te quittera, tu seras arrivé à destination.

   François estima une fois encore que son vieil ami faisait preuve de sagesse
et décida d’accepter la perte de ses terres.
Cela fut long et difficile, mais il y parvint.
N’étant plus obsédé par la récupération de ses terres,
il put consacrer toutes ses forces à valoriser ses champs, ses vergers et ses prairies du milieu et du haut.
Il retrouva sérénité, entrain et joie de vivre.

    Quelques mois plus tard, Jacques dit à son ami qu’il s’apprêtait à faire un long voyage
pour rendre visite à un vieux compagnon d’aventure.

– Si tu veux, tu peux m’accompagner, dit Jacques.
Tu mérites un peu de repos, après le travail ardu que tu as accompli ces derniers mois.

François y consentit et ils partirent pour un pays lointain retrouver le vieil ami de Jacques.
On l’appelait Archimède.
C’était un vieil homme original et ingénieux.
En toute circonstance, il trouvait un moyen de se tirer d’affaire.

Un jour, Jacques suggéra à François d’accompagner Archimède au marché.
Ils traversèrent un village qui attira l’attention de François
car il ressemblait étrangement au sien.
Un fleuve le traversait, bordé de champs et de prairies.
Mais ce qui l’intrigua surtout, ce fut un groupe d’hommes occupés à travailler
dans les eaux peu profondes longeant les berges du fleuve.

– Que font-ils, demanda François ?
– Ils ont fixé sur le fond du fleuve des nasses pour attraper des poissons, répondit Archimède.

Alors François comprit que Jacques, par l’intermédiaire d’Archimède,
lui avait une nouvelle fois tendu la perche.
Il rentra chez lui, reconquit ses terres du bas,
qui étaient devenues les hauts fonds du fleuve,
en y installant des nasses pour y prendre des poissons.
Et le fleuve redevint son allié.

Source: Charles Brulhart  Janvier 2006 www.metafora.ch...www.lespasseurs.com

Aime et tu vivras

Aime et tu vivras


Nous les hommes, face à Dieu !
Par bonheur, Dieu nous cherche infiniment plus que nous ne le cherchons. Nous l’attendons sur des chemins de morale, de culpabilité et de peur. Il vient à notre rencontre en termes de mystique, de pardon et de bonheur.
Dans mon enfance, le visage de Dieu m’attirait, surtout par les multiples splendeurs de la création. Très vite, il est devenu censure, répression, rejet. Les dieux qui sont contre le monde, le sexe, la joie, vont-ils dominer nos esprits ? Non, ces dieux sans pitié qui ont provoqué l’athéisme contemporain sont bien morts. Celui qui se montre à nous, c’est le « Dieu inconnu », le « Dieu de la tendresse », infiniment plus vaste et plus proche que je n’osais le rêver.
Dieu vient à nous dans nos joies et nos souffrances, dans la richesse de l’amour et l’épreuve de la mort… Dieu est parmi nous en Jésus Christ, l’amour fait homme. Oui, le visage de Jésus Christ me fascine.

Stan Rougier, né en 1930, a travaillé comme éducateur de jeunes délinquants. Ordonné prêtres en 1960, aumônier de lycées et faculté, il a animé de nombreuses retraites spirituelles. Chroniqueur à La Croix, Panorama, Famille Chrétienne… et prédicateur au Jour du Seigneur et à France Culture, Stan Rougier continue, à 85 ans, à parcourir la planète en animant retraites spirituelles, rencontres et conférences, pour dire et redire à chacun : « Dieu t’aime à la folie ! Aime et tu vivras ! »

Non violence

Non violence

Le Père n’exige nullement le sacrifice de son Fils !

JACQUES ET JEAN ne manquent pas de culot ! Les voilà qui réclament les meilleures places au paradis… Manque flagrant d’humilité ? Rien n’est moins sûr : en fait, ils ont peur. Sur le chemin qui les mène à Jérusalem, Jésus leur a annoncé sa passion. Ils sont scandalisés et cherchent à se rassurer : s’il faut aller jusqu’à la tragédie, qu’au moins ce soit pour partager ensuite le Royaume !

Leur question maladroite traduit le malaise de l’ensemble des disciples, et sans doute le nôtre également, encore aujourd’hui. Pourquoi faut-il donc que le propre fils de Dieu meure ? Pourquoi faut-il donc qu’il se mette à genoux et lave les pieds de ses disciples, comme un esclave ? C’est le monde à l’envers ! Lorsque les prophètes annonçaient la venue du « Fils de l’Homme », n’évoquaient-ils pas un roi puissant ? C’est à ne rien y comprendre : voici que le Messie tant attendu se présente comme un être fragile, bientôt terrassé par le tribunal des hommes… Avouons-le, cette histoire de sang versé en « rançon pour la multitude » nous choque…

Mais gare au contresens ! Le mot « rançon » évoque pour nous la somme exigée par des ravisseurs contre la libération de leur otage. Dans notre passage, le mot « rançon » a un tout autre sens. Il est dérivé d’un verbe qui signifie « délier », « détacher»… Jésus ne verse donc pas son sang pour apaiser la prétendue colère de Dieu contre l’humanité. Non, le Père n’exige nullement le sacrifice de son Fils ! Ce qu’il espère, c’est que nous entendions enfin la parole d’amour du Christ, que nous découvrions enfin que la seule libération possible passe, non par la violence, mais par l’agenouillement devant l’homme…

J’ai appris

J’ai appris

J’ai appris avec le temps que peu importe ce qui peut arriver aujourd’hui,

la vie continue et les choses iront mieux demain.

J’ai appris qu’on peut en dire long sur une personne

juste de la façon dont elle réagit devant trois situations : un jour de pluie, un sac de voyage perdu et des lumières de Noël toutes mêlées.

J’ai appris que peu importe la relation que tu as avec tes parents,

tu t’ennuieras d’eux le jour où ils ne feront plus partie de ta vie.

J’ai appris la différence entre « réussir dans la vie » et « réussir sa vie ».

J’ai appris que parfois, la vie te donne une deuxième chance.

J’ai compris que tu ne peux pas toujours avancer dans la vie avec un gant de baseball dans chaque main pour essayer de tout attraper.

Tu dois pouvoir lancer la balle à ton tour de temps à autre.

J’ai appris que lorsque je décide avec mon coeur, c’est généralement une bonne décision.

J’ai appris que lorsque je souffre, je n’ai pas à le faire payer aux autres.

J’ai appris que chaque jour, il faut tendre la main à quelqu’un.

Les gens aiment bien qu’on les serre dans nos bras, ou même qu’on leur donne juste une petite tape sur l’épaule.

J’ai appris que les gens finissent par oublier ce qu’on leur a dit, mais jamais ce qu’on leur a fait.

Source: Anonyme...www.lespasseurs.com

La vraie grandeur

La vraie grandeur

 

Jacques et Jean s’approchent de Jésus…

Depuis longtemps déjà Jacques et Jean te suivent avec les autres apôtres.

Ils te voient vivre ; ils écoutent tes paroles…

Mais pas toutes, cependant,

car ils n’aiment pas t’entendre lorsque tu parles de souffrances, de mort…

Ils rêvent d’un Messie terrestre rétablissant le royaume d’Israël.

Et ils se voient déjà ministres de ce royaume :

Accorde-nous d’être à ta droite et à ta gauche dans ta gloire !

Les dix autres y songent aussi : ils s’indignent contre Jacques et Jean.

La course aux premières places est de toutes les époques !

N’est-elle pas au fond de mon cœur quelquefois ?

 

Vous ne savez pas ce que vous demandez !

Tu nous dis à nous aujourd’hui, Seigneur.

Nos prières ressemblent parfois à celles de Jacques et de Jean.

N’est-ce pas davantage notre intérêt personnel

Que ton règne que nous cherchons ?

 

Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ?

Tu nous ramènes à l’essentiel : les hommes à conduire vers Dieu.

Sur le Calvaire, ton trône sera la croix.

Tu auras à ta droite et à ta gauche non pas deux apôtres

– ils ont fui – mas deux brigands, symboles de notre humanité,

à la fois pécheresse

et accueillante à ta lumière et à ton amour.

Jean comprendra alors et il se ressaisira :

Au pied de la croix avec Marie, il boira à ta coupe…

 

Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.

Sur la Croix, tu nous donnes l’exemple de la vraie grandeur, Seigneur.

L’Eucharistie nous le rappelle et nous invite à boire à la même coupe.

Toi, le Maître, tu continues de te faire le serviteur de tous.

Tu demeures parmi nous non pour être servi, mais pour servir

et donner ta vie pour la multitude… (Mt 2O,28)

Béni sois-tu, Seigneur ! Donne-nous de te suivre !

La vraie prière…

La vraie prière

 

Jacques et Jean s’approchent de Jésus et lui disent:

Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande…

 

Jacques et Jean s’approchent de Jésus…

L’épisode se situe pendant ta dernière montée à Jérusalem.

Pour la troisième fois, Seigneur,

Tu viens d’annoncer à tes apôtres ce qui t’attend :

Ta passion, ta mort et ta résurrection.

Mais au lieu de t’écouter,

D’essayer de comprendre ce qui te préoccupe,

Ils restent ans leurs idées terrestres, leur mesquinerie humaine.

Ils s’approchent de toi non pour mieux te suivre,

Mais pour mieux se servir de toi

Dans la réalisation de leur projet terrestre.

 

Aujourd’hui, comme tout au long de l’histoire de ton Eglise,

Nous connaissons els mêmes tentations que tes disciples.

On veut bien s’approcher de toi…

Mais plus pour te demander les premières places dans ton Royaume

Que pour partager la coupe que tu vas boire.

 

Vous ne savez pas ce que vous demandez !…

Bien souvent, Seigneur, tu pourrais nous dire cela à nous aussi !

Continue de faire pour nous ce que tu as fait pour tes apôtres.

Nous sommes de la même race humaine, lents à comprendre,

Retombant sans cesse dans nos étroitesses d’esprit et de cœur…

Avec patience, viens nous améliorer,

Nous débarrasser de nous-mêmes,

Pour que, à ta suite et avec toi, nous apprenions la vraie grandeur.

 

Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir…

Pour servir jusqu’au bout,

Jusqu’à donner sa vie pour la multitude…

Quand la tentation est là, Seigneur Jésus,

La tentation de penser à moi, à mon avantage, à ma « gloire »…

Quand je suis tenté de me faire servir au lieu de servir…

Quand je suis tenté de prier pour que tu fasses ma volonté,

Remets-moi à ta suite, à la place de serviteur.

Par la célébration eucharistique,

Tu es toujours le Corps livré pour tous,

L Sang versé pour la multitude…

Tu m’appelles à te suivre sur ce chemin,

Et tu m’en apportes les forces, la grâce.

Béni sois-tu, Seigneur !

Garde-nous fidèles à ta suite,

Cherchant non à être servis, mais à servir.