Archives de Catégorie: A méditer…

C’est à moi que vous l’avez fait


Quel équipage pour un roi! Il vient, entouré de gueux, de mal vêtus, d’affamés, d’étrangers, de prisonniers. Même la République traite mieux ses serviteurs! Je lis déjà, avant même qu’elles ne soient écrites, certaines lettres horrifiées: vous faites de la politique et du social alors qu’on attend de vous du religieux! Votre place est à la sacristie. C’est sans doute vrai, mais ma sacristie n’a pas de mur et si elle a une porte, elle ne sert qu’à ouvrir sur le monde; elle ne ferme pas. Et sur un vieux meuble (comme dans toutes les sacristies) il y a un évangile ouvert à la page qu’on doit lire pour fêter le Christ Roi et je lis: «Quand vous nourrissez un affamé, quand vous accueillez un étranger ou visitez un prisonnier, quand vous donnez des habits à celui qui n’en a pas, c’est à moi que vous le faites et c’est sur cela que vous serez jugés au dernier jour… »

Qui ne rêverait d’un christianisme permettant de s’évader du monde pour regarder le ciel et vivre une religion toute pure? Mais Dieu n’est pas au-dessus des nuages. Le ciel n’est pas un refuge, ni la prière une évasion. Pour rencontrer le Christ et balbutier au monde un peu de ce qu’Il est, il n’est pas d’autres lieux, d’autres mots, d’autres gestes, d’autres visages que ceux de la vie.

Dieu, l’Infini, l’Absolu, s’est livré aux hommes, qu’il sait pécheurs et imparfaits. Le Christ est Roi; son trône est une croix. Élevé sur la croix, il a scellé l’Alliance de Dieu avec les hommes, du ciel et de la terre. Ressuscité, il n’a que nos bras, nos mains, nos yeux, notre coeur pour transformer le monde en son Royaume où il n’y a plus d’affamés, d’étrangers, de prisonniers, parce que l’Amour est roi!

Le Jugement universel !


Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire…

Seigneur Jésus, tu aimais cette expression « Fils de l’homme »,

Par elle, tu te mettais à notre niveau humain, homme comme nous ;

Tu « as vécu notre condition d’homme en toute chose, excepté le péché… »

Tu n’as jamais voulu être reconnu comme Roi…

Cependant, dans cette parabole, tu revendiques toi-même ce titre ;

Et tu nous dévoiles aussi en quoi consiste ta royauté ;

Toi, le Fils de l’homme, tu siègeras sur un trône de gloire,

Tu seras Roi et juge de toute l’humanité.

Le devoir d’un roi en Israël, c’était de veiller sur son peuple

Comme un berger prend soin de son troupeau.

C’est ce que tu as fait, ce que tu continues de faire jusqu’à la fin du monde,

Car « tu es toujours vivant pour intercéder en notre faveur » (He 7,25)

Tu veux guider toutes les nations vers le Père ; tu aimes tous les hommes,

Ave une préférence pour les plus petits, « les brebis les plus fragiles ».

Tous, ils sont tes frères en l’humanité ; à tous tu offres de partager ta vie divine.

Partager ta vie divine, c’est accueillir ton amour ;

C’est élargir notre cœur aux dimensions du tien,

Avoir pour tous les hommes, quels qu’ils soient, le même regard que toi,

Voir en chacun le frère du Fils de l’homme.

Alors le Roi dira… : ce que vous avez fait (ou pas fait) à l’un de ces petits, C’est à moi que vous l’avez fait (ou pas fait)…

C’est sur cela que nous serons jugés ! Comme c’est clair !

Pourquoi l’oublions-nous si facilement

Pour revenir à ce que nous pouvons faire pour « gagner notre paradis » :

Nos « mérites », nos prières, nos sacrifices, nos efforts ?

Seigneur, détourne-moi de moi, pour te regarder, toi, et t’aimer,

Pour te découvrir dans tes frères, les hommes qui m’entourent,

A commencer par ceux avec qui je vis

Et par ceux que tu me signales particulièrement…

Ceux que, instinctivement, je suis porté à éviter !…

Seigneur Jésus, règne en mon cœur par ton amour…

Pour que je sois un instrument de ton règne dans tous les cœurs !

La gloire du Fils de l’homme


Méditation du père Pierre Duvillaret

Quand le Fils de l’homme viendra…

tu es venu et tu as été en toute vérité le Fils de l’homme.

Tu as caché ta condition divine en prenant notre nature humaine,

en devenant en tous points semblables à tes frères.

Le visage du fils d’homme recouvrait la gloire du Fils de Dieu

si bien que l’on a pu te traiter en homme quelconque,

se moquer de toi, te condamner dans un simulacre de jugement

où la haine et le mépris tenaient lieu de loi.

Quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire…

Tu annonces ton retour dans ta gloire :

non pas une gloire à la mode humaine,

à la tête d’une armée victorieuse écrasant ses adversaires…

mais ta gloire divine : ton humanité ne voilera plus la réalité profonde.

Sur ton visage de fils de l’homme resplendira ta face de Fils de Dieu.

Il siègera sur son trône de gloire…

Tu n’es pas un roi de la terre assis dans la splendeur d’un trône éphémère.

Aide-nous à dépasser ces images pour accueillir ton message.

Toutes les nations seront rassemblées devant toi…

Oui, tous découvriront alors qui tu es :

Fils de Dieu, Roi universel, Juge suprême, Dieu d’amour…

Venez, les bénis de mon Père !

Que nous sommes loin de la froideur d’un tribunal humain !

Ton jugement n’est pas une inspection de tous les détails de notre vie.

Tu es le Dieu d’Amour

Et tu regardes si, créés à ta ressemblance, nous le sommes restés…

si notre vie a été amour.

Donne-nous de comprendre ton message, Seigneur !

Aide-nous à le mettre en pratique.

Par l’eucharistie, viens nous transformer,

nous rendre amour comme toi, selon ta promesse :

Celui qui me mange vivra par moi (Jn 6, 57).

Pour la semaine qui vient… « Les exemples ne manquent pas »


L’Evangile de ce dimanche, au moins, est concret, très concret même…

Et les exemples de « mise en pratique » ne manquent pas. On est même surpris de voir que Jésus fait de l’amour du prochain le critère ultime du  salut : son sauvés ceux qui ont aimé « ces petits », les autres sont envoyés « au châtiment éternel »…

Jugement redoutable donc ! Il se trouve que ce dimanche 2O novembre est aussi la journée Mondiale de l’Enfance et, en France, la journée du Secours catholique.

Cette correspondance de dates rappelle que beaucoup sont engagés au service des « petits » de l’Evangile, des pauvres, et qu’il nous faut soutenir leur action. Mais, pour autant, leur engagement ne doit pour nous démobiliser de notre propre responsabilité, là où nous sommes. Car l’Evangile de ce jour interpelle très sérieusement chacun.

Et, dans les exemples très quotidiens et proches qu’il prend, Jésus montre bien que cet amour du prochain est à la portée de tous. Il suffit de regarder autour de nous : « ces petits », ils sont là, tout proches de nous…  Ceci est d’autant plus vrai en notre XXème siècle que nos sociétés ont engendré toutes sortes de « faims, de souffrances, de solitudes, d’égarements, d’appels au secours, qui attendent de nous écoute et réconfort, présence et attention.

Quand tu parles de ta venue…


Quand tu parles de ta venue,

tu ne parles pas d’une arrivée spectaculaire

ou d’autres choses

qui pourraient nous impressionner.

C’est que le vrai Messie ne revient pas

pour se faire plaisir,

il revient pour nous chercher.

Donc, c’est de nous que tu parles.

De nous et de notre attention aux autres,

de ceux qui ont risqué le peu qu’ils avaient,

de ceux qui ont fermé leurs yeux, leurs oreilles.

Tu ne nous jugeras pas

sur ce que nous avons donné à la quête,

mais sur notre amour pour les plus petits.

Pour toi.

Seigneur, que mon histoire avec toi

ne soit rien d’autre qu’une histoire d’amour.

Le reste, tu ne le comprendrais pas.

Les chrétiens et l’action sociale


  • C’est étrange : dans le fameux jugement dernier de saint Matthieu, le reproche de Jésus ne tombe pas sur ce que nous avons fait, mais sur ce que nous n’avons pas fait !
  • Il semble bien que nous n’ayons pas le même sens que lui du péché…
  • Mais, pris à la lettre, ce texte nous conduit à tout ramener au social ! Comme si le culte, la prière, la relation à Dieu ne comptaient pas, et qu’il suffise de pratiquer la solidarité… On l’a pourtant assez reproché aux mouvements d’action catholique !
  • Attention aux positions extrémistes ! Ce qui nous est dit là est plutôt l’affirmation que dieu a rendez-vous avec nous à chacune de nos relations humaines, à chacune de nos actions… ou de nos inactions.
  • En somme, c’est l’affirmation que Dieu n’est pas absent du « social » ?
  • Oui. Il nous est révélé que toute solidarité a un aspect divin.
  • Ainsi, s’occuper des autres, faire du social, c’est aussi s’occuper de Dieu.
  • Ce n’est pas moi qui le dis ! L’Eglise, depuis toujours, nous a donné les saints en exemple, eux qui ont toujours voulu servir le Christ dans les pauvres. Et les légendes chrétiennes abondent dans lesquelles un saint, secourant un mendiant, a vu ce dernier se changer et prendre les traits du Christ.
  • Oui, saint Martin. Et aujourd’hui, mère Térésa, future sainte.
  • Tous des actifs, mais tous, aussi, des priants.

Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens


Tout est dit, nous savons déjà quil sagit dune parabole sur la confiance. Le maître distribue la charge à ses trois serviteurs en fonction de leurs capacités : au premier cinq TALENTS à faire fructifier, au second deux, et au troi­sième un seul. Les deux premiers ont pris à coeur leur mis­sion. Au retour du maître, ils lui rendent compte de leur gestion. Ils ont apprécié la confiance qui leur était faite : « Tu mavais confié telle somme, voilà ce que jen ai fait. » La transposition est facile : Dieu nous fait confiance. Il nous associe à ses affaires, cest-à-dire à son Royaume, chacun selon nos capacités. Cette expression, « chacun selon ses capacités », devrait nous rassurer. Il ne sagit pas de nous culpabiliser de ce que nous navons pas su faire. Dailleurs, le maître n’entre pas dans le détail des comptes avec les deux premiers : il constate quils sont entrés dans son projet qui est la marche de ses affaires, et c’est de cela qu’il les félicite. Cest la seule chose qui nous est demandée, faire notre petit possible pour le Royaume et nous nous enten­drons dire : « Rassure-toi, tu as fait ce que tu as pu. »

En revanche, le troisième serviteur n’a pas su voir l’honneur qui lui était fait. Méfiance ou paresse ? Il s’est débarrassé au plus vite de la mission encombrante : « Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. » Non seulement, il na rien fait, ce qui est un véri­table abandon de poste pour un serviteur, mais il aggrave son cas en se permettant de critiquer son maître. Quil soit démis de ses fonctions n’étonne donc personne.

Celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance. Jésus adapte pour la circonstance une phrase du livre des Proverbes : « Donne au sage, il deviendra plus sage, ins­truis le juste, il augmentera son acquis » (Pr 9, 9). Prenons une image : quand on a choisi la bonne direction, chaque minute, chaque pas nous rapproche du but, mais quand on tourne le dos au but du voyage, chaque minute qui passe, chaque pas nous éloigne encore du but. Ce que Jésus tra­duit : « Celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. » Nous le savons d’expérience : les humbles efforts que nous avons pu consentir un jour ou lautre pour servir le projet de Dieu nous ont apporté un bonheur sans commune mesure avec la peine que nous avons pu nous donner.

Au moment où Jésus sapprête à confier lÉglise à ses disciples, la leçon est claire : le trésor remis entre les mains de ses serviteurs que nous sommes est considérable. Il sagit de l’annonce du bonheur promis à lhumanité et nous en serons les premiers bénéficiaires : « Serviteur bon et fidèle… entre dans la joie de ton maître. »

                                                                                   Fiche biblique Panorama

Le Seigneur nous confie ses biens


La première lecture brosse le portrait d’une femme « vaillante » présentée comme le modèle des fidèles de Dieu.

Elle se dépense pour les siens et « tend la main aux malheureux ».  Le fait que la sagesse biblique ait retenu cet exemple pour rappeler en quoi consiste la crainte de Dieu en dit long : tels nous devons être à la place qui est la nôtre, et c’est dans un allègre service que nous sommes appelés à

nous préparer au jour du Seigneur, ce jour qui viendra « comme un voleur dans la nuit ».

Lui, le Seigneur, en entrant dans la joie de son Père, nous a confié ses biens. Il s’en remet à nous pour les faire valoir avec le courage et l’audace de l’espérance. A chacun de veiller et d’oser prendre des risques pour faire fructifier le ou les talents reçus, en s’appuyant sur la force de l’espérance et la grâce de l’Esprit.

Une absence créatrice


LA PARABOLE DES TALENTS nous parle d’une «absence». Celle du Christ qui a pris soin de dire à ses disciples : «Il est bon pour vous que je m’en aille» (Jn 16, 7), avant de les assurer de la présence du Saint-Esprit. Une absence qui n’est pas sans évoquer le retrait de Dieu à la fin du sixième jour, lorsqu’il confia sa création à l’homme et à la femme après les avoir bénis (Gn 1, 28).Ainsi le Seigneur, en nous laissant cet espace, se révèle-t-il aux antipodes du Dieu «bouche-trou» de nos désirs infantiles qui agirait à notre place, pallierait à tous nos manques, nous éviterait le risque de cette liberté que nous revendiquons tout en la redoutant.

Mais, qualifiée de bonne par le Christ, cette absence n’apparaît- elle pas plus risquée pour l’homme comme en témoigne le parcours des trois serviteurs de la parabole? Car si les deux premiers ont su déployer leur créativité, faire fructifier leurs talents – de la foi confiance, de l’espérance, de « l’amour répandu dans leur coeur par l’Esprit Saint» (Rm5, 5) , le troisième a trébuché non à cause de Dieu, du destin, des autres, mais de sa peur. Une peur qui nourrit la défiance, gèle toute initiative, se cherche des justifications et peut aussi se cacher sous divers autres motifs: raisonnable, comme la prudence ; spirituel, comme la fausse humilité qui enterre les talents sous prétexte de ne pas se mettre en avant…! Alors, à nous d’apprendre à discerner ce qu’il en est, pour nous libérer progressivement et nous émerveiller de ce que Dieu ait choisi de nous faire confiance, accepte que nous prenions des risques, nous accompagne dans nos errances d’une présence reconnue souvent après coup. Voilà donc qui nous provoque à avancer puisque la joie de Dieu est au bout du chemin et peut-être même déjà là, timide ou plus assurée.

Fruits de l’amour


« Qu’elle soit petite ou grande, nous disposons tous de la capacité d’aimer. Osons aimer ! N’ayons pas peur ! »


Jésus converse avec ses disciples. Il leur parle de sa venue à la fin des temps. Le Seigneur se compare à un homme qui part en voyage et qui confie ses biens à ses serviteurs. Quels sont ces biens que le maître a laissés aux gens de sa maison pour qu’ils les fassent fructifier ? Ces talents sont, à n’en pas douter, les multiples manifestations de l’amour de Dieu à son Église.
Les serviteurs, dans l’Évangile, reçoivent cet amour à la mesure de leur coeur. Ils sont appelés à le redistribuer autour d’eux pour qu’il grandisse et porte du fruit. Les deux premiers se mettent immédiatement à la tâche. Ils réussissent à doubler la mise. L’amour s’est accru à la hauteur de ce qu’ils avaient reçu. Ils font la joie de leur maître et le maître les invite à partager sa joie.

Le dernier serviteur n’a pas fait fructifier son talent : il l’a enseveli comme on ensevelit les morts. Ce n’est pas l’amour mais la peur qui commande sa vie. Il n’aime pas son maître : «Tu es un homme dur ; tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. » Ce manque d’amour lui est fatal : il est jugé selon ses propres paroles, avec dureté. L’amour qui lui avait été offert – qui est toujours beau car il est l’amour de Dieu, c’est-à-dire Dieu lui-même –, lui est ôté. Le serviteur est jeté dans les ténèbres, pays des pleurs et des grincements de dents, pays sans amour et sans vie, pays où Dieu n’est pas.Qu’elle soit petite ou grande, nous disposons tous de la capacité d’aimer. Osons aimer! N’ayons pas peur! Nous sommes tous des enfants de Dieu, des enfants de l’Amour. C’est dans la mesure où l’amour est partagé qu’il grandit et s’épanouit

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