Une étoile dans le cœur

Il y a une étoile dans le cœur de chaque homme.
Mais l’étoile s’éteint en tant de coeurs sous le froid de la solitude, du mépris, du rejet.

L’étoile brille à nouveau 
quand des frères et des sœurs sont relevés dans leur humanité,
quand leur dignité est à nouveau reconnue.
Alors, la nuit perd de son pouvoir sur la terre.

L’étoile brille à nouveau
quand le dialogue est renoué,
quand la fraternité grandit,
quand les mains s’ouvrent pour le partage.
Alors, le jour commence à danser sur la nuit.

L’étoile brille à nouveau
quand, humblement, avec persévérance,
quelques fragments de lumière jaillissent de nos lèvres et de nos mains.
Alors, le sourire de Dieu commence à renaître.

Anonyme

« L’unité des chrétiens »

  • Eh bien ! Dis donc ! Jésus a parlé dans le vide le jour où il a dit : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’et l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »
  • C’est sûr que, quand on regarde aujourd’hui les Eglises chrétiennes divisées…
  • Et les catholiques divisés ! Chacun sa messe ! Les églises en ville recrutent selon leur style : plus ou moins traditionaliste, plus ou moins post- conciliaire …
  • Cela n’est pas grave, si elles ne s’excluent pas les unes les autres ; si elles se laissent des temps de rencontre, et de découverte.
  • Je vois cela plutôt, moi, comme des bastions : chacun dans son camp.
  • C’est impossible, en effet, de prétendre que tout va bien du point de vue de l’amour mutuel chez les chrétiens…, toi, tu sembles en plaisanter. Moi, j’en souffre. Car nous trahissons effectivement la volonté de Jésus quand nous acceptons nos divisions.
  • Depuis le temps que nous faisons des « semaines » pour l’unité des chrétiens » !
  • Depuis le Concile Vatican II surtout. Les progrès sont d’une lenteur désespérante, c’est certain. Mais je me réjouis que déjà les autorités des diverses communautés « sérieuses » aient cessé de s’injurier, et qu’elles prient ensemble.
  • Oui, mais elles veulent aussi conserver leurs pouvoir.
  • Peut-être. Mais il y a toutes ces rencontres sur le terrain entre chrétiens de diverses Eglises. Et souvent une recherche de la vérité dans le respect de chacun.
  • Le Christ avait en tout cas raison de dire que l’unité des chrétiens est une condition pour que le monde croie

Me plaindre, plus jamais

J’ai vu aujourd’hui dans un autobus, une très jolie jeune fille, avec une chevelure blonde.
Je l’ai trouvée chanceuse, elle semblait si gaie.
J’ai regrettée de n’être pas si jolie, quand soudainement elle s’est levée pour descendre. Je l’ai vue boiter tout au long de l’allée s’appuyant sur une béquille, elle n’avait qu’une jambe.
En passant, elle m’a souri.
Mon Dieu excusez-moi de me plaindre, j’ai deux jambes, le monde est à moi.

Je suis entrée dans une boutique pour acheter des bonbons,
le garçon qui m’a servi était très gentil. J’ai conversé avec lui, que je sois en retard n’était pas important.
Quand je l’ai quitté, il m’a dit :
« Je vous remercie madame vous avez été des plus gentille, ça fait du bien de parler à des gens comme vous, vous voyez, je suis aveugle. »
Mon Dieu, excusez-moi de me plaindre, j’ai deux yeux, le monde est à moi.

Plus tard, marchant dans la rue, j’ai vue une jeune fille avec des yeux bleus, elle regardait les autres jouer. Il semble qu’elle ne savait pas quoi faire.
Je lui ai demandé :
« Pourquoi ne jouez-vous pas avec les autres ? »
Comme elle ne me répondait pas, j’ai compris qu’elle était sourde.
Oh Dieu, pardonnez-moi si je me plains, j’ai deux oreilles, le monde est à moi.

J’ai deux jambes pour m’amener où je veux,
Jai deux yeux pour voir les coucher de soleil,
J’ai deux oreilles pour entendre le chant des oiseaux.
Mon Dieu, pardonnez-moi si je me plains, vous êtes là et le monde est à moi.

Nous avons tellement de raisons de nous plaindre mais nous en avons beaucoup d’autres de ne pas le faire.

Anonyme 

l’Evangile de ce dimanche

L’heure était importante. Judas était sorti pour aller le livrer. C’est alors que Jésus leur parla de sa gloire. Comme si Dieu, désormais, ne tirait plus gloire de sa toute‑puissance, tout là-­haut sur son trône. Mais de son abaissement, tout en bas, parmi nous. Comme s’il descendait à jamais de son ciel pour se ficher en terre sur l’arbre en forme de croix. Pour y prendre raci­ne. Pour en tirer la sève. Pour déployer ses branches, comme on étend les bras. Poitrine large ouverte pour que batte le cœur. Mains et pieds attachés pour aller jusqu’au bout. Amour fou, gloire de Dieu.

En même temps, ce jour‑là, il avait ajouté : « Voici que je vous donne un commandement nouveau. » En payant de sa personne. Ainsi, pour ses disciples ne serait‑il plus question de titres hono­rifiques ni de décorations, ni de rangs, ni de grades, ni de gloires faciles, ni de trône non plus, sinon sur une croix. Et chaque fois qu’un disciple serait tenté de s’élever, on superposerait, comme en filigrane, comme par transparence, les mains, les pieds cloués, et la couronne d’épines, et la plaie au côté d’où coulent sang et eau. Pour voir si cette gloire est bien celle de Dieu.

II avait précisé : « Comme je vous ai aimés, aimez‑vous, vous aussi. » Avec, pour seule loi, ce commandement nouveau, les disciples partiraient à la rencontre de l’homme, de la femme, de l’enfant. Avec prédilection, comme s’ils se souvenaient, pour ceux qu’ils trouveraient blessés par les épines, les ronces de la vie, par l’incompréhension, l’exclusion, le rejet, la faim, le dénue­ment ; qui n’auraient pas une pierre où reposer la tête; et pour ceux qui seraient en butte aux pharisiens, aux scribes de toutes sortes. Et ces disciples‑là feraient la gloire de Dieu.

La plus belle des fleurs

Le banc dans le parc était vide quand je me suis assise pour lire
sous les longues branches broussailleuses d’un vieux saule pleureur.
Désillusionnée par la vie, j’étais justifiée de froncer les sourcils,
car le monde était résolu à avoir ma peau.

Comme si ce n’était pas assez pour gâcher ma journée,
un jeune garçon hors d’haleine s’est dirigé vers moi, épuisé d’avoir joué.
Il s’est planté devant moi, la tête légèrement penchée et a dit, tout excité :
« Regardez ce que j’ai trouvé ! »

Dans sa main, il tenait une fleur qui faisait vraiment pitié,
ses pétales étaient flétries, la pluie et la lumière lui ayant manqué.
Voulant qu’il prenne sa fleur morte et qu’il retourne jouer,
je lui ai fait un mince sourire et je me suis détournée.

Au lieu de s’en aller, il s’est assis à mes côtés,
a porté la fleur à son nez et a déclaré avec une surprise non dissimulée :
« Elle sent bon et elle est belle aussi,
c’est pourquoi, je l’ai cueillie ; c’est pour vous, voici. »

La mauvaise herbe était à l’agonie ou déjà morte.
Ni orangée, ni jaune, ni rouge, ses couleurs étaient fanées.
Si je voulais qu’il parte, je devais l’accepter.
La main fendue vers la fleur, j’ai dit:
« Merci, justement ce dont j’ai besoin. »

Au lieu de déposer la fleur dans ma main, il l’a tenue en l’air sans raison ou dessein.

C’est alors que j’ai remarqué pour la première fois que le garçon à la fleur ne pouvait pas la voir : il était aveugle.

J’ai entendu ma voix frémissante et des larmes ont coulé de mes yeux, en le remerciant d’avoir choisi ce qu’il y avait de mieux.
Il a répondu « De rien », il souriait et est retourné à ses jeux sans savoir qu’il avait transformé ma peine en jour radieux.

Je me suis demandé comment il avait pu apercevoir une femme sous un vieux saule, en plein apitoiement.
Comment avait-il senti ma détresse complaisante ?
Sans doute était-il béni de voir la vérité avec les yeux du cœur.

Par les yeux d’une enfant aveugle, j’ai enfin pu voir que c’était moi, et non le monde, qui broyais du noir.

Parce que j’avais si souvent moi-même ignoré la beauté, j’ai juré de voir la beauté dans la vie et d’apprécier chaque seconde qui me serait donnée.

J’ai porté la fleur fanée à mon nez et j’ai senti le parfum d’une magnifique rose. J’ai souri en voyant ce jeune garçon, une mauvaise herbe dans la main, s’apprêter à changer la vie d’un vieil homme sans soupçons.

Cheryl L. Costello-Forshey

Pour la vie éternelle

Trente minutes de marche par jour pour garder la forme, du collagène pour la peau, des puces dans les neurones… Les recherches scientifiques nous montrent qu’à l’évidence, Dieu a mis en nous le goût de la vie éternelle. Nos recherches spirituelles sont-elles à la hauteur de cette ambition ? Un jour de sabbat à la synagogue d’Antioche de Pisidie, Paul et Barnabé concluent que leurs interlocuteurs ne se jugent pas dignes de la vie éter­nelle. Pourtant Dieu, source de toute vie, ne cesse de com­muniquer son don à l’humanité. La Bonne Nouvelle se répand. C’est ce que laisse présager le récit du livre de l’Apocalypse dans la vision d’une « foule immense ». Les appelés à la vie éternelle viennent de toutes les nations, sont de toutes les couleurs et parlent toutes les langues. Quelle heureuse espérance ! Mais la vie éternelle, c’est maintenant. Chacun de nous la bâtit là où il vit, là où il aime, là où il choisit, là où il souffre. Le secret ? S’investir comme si tout dépendait de soi-même. Et, en même temps, tout attendre de Dieu puisque tout vient de lui. La condition ? Être rassemblés autour du Christ, le seul qui fait un avec le Père et qui peut nous le révéler. Il est le Fils et le Pasteur, la Porte et le Chemin, la Vérité et la Vie. Le prix ? Suivre le Christ et annoncer sa promesse. Deve­nir pauvre et accepter Dieu qui s’invite dans notre vie… pour qu’elle devienne éternelle. En ce jour de prière pour les vocations, rappelons-nous l’épisode de l’homme riche (Mc 10, 17-22). Même s’il n’a pas pu se décider et est reparti tout triste, il a su tourner sa quête de vie éternelle vers le « bon maître »  En cela, il avait vu clair !

L’ange et l’enfant différent

Le jour de sa naissance, l’Ange s’approche du berceau de l’enfant…
L’enfant le regarde, comprend qu’il sait et lui dit :
« Alors je suis malade ? Je ne vais pas marcher comme tout le monde ? Je ne vais pas parler comme tout le monde ? Mais comment vais-je vivre avec ma différence ? »
L’Ange lui dit :
« Tu as choisi une vie d’amour. Ton chemin ne sera pas celui de tout le monde mais tu seras entouré de personnes riches et généreuses de leur cœur qui seront là pour t’aider, pour t’aimer tel que tu es. Ta différence fera de toi un être exceptionnel, profondément humain et tu rayonneras d’amour. »
« Et ma maman ? Elle ne sait pas encore ? Elle a l’air si heureuse de me croire en bonne santé… je vais la faire souffrir ? »
« Tu l’as choisie car elle est la seule qui saura déplacer des montagnes pour te faire avancer ; oh, bien sûr elle aura des moments de faiblesse, de tristesse, car elle aimerait te voir courir et parler comme les enfants de ton âge, mais il lui suffira de te voir heureux pour s’apaiser. Elle donnerait sa vie pour prendre tes difficultés. Elle se demandera parfois qui tu aurais été sans cette maladie, mais elle apprendra à accepter et ne voudrait pas d’un autre enfant que toi. La patience, bien que mise à l’épreuve, sera sa meilleure alliée et sa plus grande vertu.
Tantôt graves, tantôt pétillants de joie, ses yeux seront le miroir de tes obstacles et de tes réussites. De tes difficultés naîtra l’espoir, tes progrès seront des victoires. Elle ne soupçonne pas encore l’amour qu’elle a en elle, tu seras sa merveille, vous serez votre plus belle histoire d’amour. »
L’Ange attendit que l’enfant s’endorme et chuchota :
« Je serai là, chaque seconde… »

Ecrit par la maman d’un enfant différent

L’ÉGLISE TOUT ENTIÈRE est née d’un appel.

L’ÉGLISE TOUT ENTIÈRE est née d’un appel. Un jour du temps. Depuis, elle ne cesse d’être traversée par l’appel de l’Évangile. Un appel à dire l’amour de Dieu, sa tendresse, sa miséricorde. Un appel à être acteur de communion et d’unité. Le secret de cet appel ? Dieu sauve ! La raison de cet appel ? La venue du règne de Dieu. La force de cet appel ? Devenir des vivants. Cet appel dont elle est née, l’Église le transmet, de génération en génération. Non sans mal, parfois, mais dans l’espérance, la foi et la charité. Transmettre un appel demande de se tourner vers un autre, de l’inviter à élargir l’espace de sa tente, de s’intéresser à ce qu’il est, à ce qu’il vit, à sa faim, à sa soif. Appeler quelqu’un, ce n’est pas simplement lui demander quelque chose : c’est le nommer et entrer en dialogue. L’appel est bien plus qu’une demande. Il est le creuset où s’invente la fraternité, au nom du Christ et à cause de l’Évangile. À travers le monde entier, l’Église prie aujourd’hui pour les vocations. Elle prie pour que des jeunes prennent le risque de faire de leur existence un service des autres sur les traces de Jésus. Elle prie pour que des hommes entendent l’appel du Seigneur à un service plus direct de l’Évangile et choisissent de donner leur vie pour cela.

De tout temps, ce n’est évidemment pas la rencontre avec quelqu’un, une communauté, une paroisse qui donne naissance à une vocation, mais bien la découverte d’un chemin qui permet une rencontre décisive avec le Christ. Ce sont ces chemins que l’Église doit inventer et tracer, avec et pour des jeunes. Pour qu’ils entendent les mots de Dieu aux appelés de son peuple pour son peuple : « Va, je t’envoie ! »

Père Benoît Gschwind,

Gagner ensemble

Aux Olympiades des personnes souffrant d’un handicap, à Seattle, 9 athlètes, tous porteurs d’un handicap mental ou physique, étaient sur la ligne de départ pour la course de 100 m. Au signalement du starter, la course commença. Tous ne courraient pas mais tous avaient le désir de participer et de gagner. Ils couraient par 3, un garçon tomba sur la piste, fit quelques tonneaux et commença à pleurer. Les 8 autres l’entendirent pleurer. Ils ralentirent et regardèrent en arrière. Ils s’arrêtèrent et rebroussèrent chemin… Tous… Une fille avec le syndrome de Down, s’assit à côté de lui, commença à le caresser et lui demanda : « Ça va mieux maintenant ? » Alors, tous les 9 se prirent par les épaules et marchèrent ensemble vers la ligne d’arrivée. Le stade entier se leva et applaudit. Et les applaudissements durèrent très longtemps… Au fond de nous, nous savons tous que la chose la plus importante dans la vie est bien plus que de gagner pour soi. La chose la plus importante dans cette vie, c’est d’aider les autres à gagner. Même si cela implique ralentir et modifier notre course. 

Anonyme

Ecouter

Jésus disait aux Juifs: Mes brebis écoutent ma voix. Moi, je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle: jamais elles ne périront.

Mes brebis écoutent ma voix

Écouter, ce mot est fréquent dans la Bible, sur les lèvres des Prophètes :

Écoutez la voix du Seigneur, votre Dieu ! (Jérémie 26, 1 3)

Écoute de toutes tes oreilles! (Ezéchiel 3, 10)

Écoutez ce que dit le Seigneur! (Michée 6, 1)

Toi aussi, Seigneur Jésus, tu reprends souvent cet appel :

Écoutez et comprenez! (Matthieu 15, 10)

Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu… (Luc 11, 28)

On peut « entendre » sans écouter, comme au début de l’histoire humaine. |’ai entendu ta voix… J’ai pris peur et je me suis caché, dit Adam à Dieu. Il a peur car il n’a pas « écouté » cette voix qui lui offrait un chemin de vie.

La même attitude a continué tout au long de l’histoire humaine.

Le cœur de ce peuple s’est épaissi; ils sont devenus durs d’oreille.

Tu reprends ce texte d’Isaïe, Jésus, pour l’appliquer à tes auditeurs :

ils entendent, mais n’écoutent pas (Mt 13, 15).

Et moi, où en suis-je?

Donne-moi de t’écouter, Seigneur, d’écouter de mes deux oreilles

ton message d’amour, de le laisser pénétrer dans mon cœur.

Moi, je connais mes brebis

Tu nous connais, au sens biblique du mot:

tu nous aimes, tu prends soin de nous, tu veux notre bien…

Merci, Seigneur, pour tant d’amour,

pour ta fidélité inlassable à rechercher les brebis perdues que nous sommes.

Je leur donne la vie éternelle

Tu nous conduis vers la vraie vie, ta vie divine, une vie de bonheur sans fin.

Et pour cela, tu donnes le véritable pain du ciel. Il entretient en nous ta vie.

Tu te fais notre pain de vie: celui qui mange ta chair et boit ton sang

a la vie éternelle (Jean 6, 32. 35. 54). Merci, Seigneur.

Viens vivre en nous afin qu’avec toi

notre vie soit une écoute de notre Père des cieux et une obéissance filiale.

J’agis conformément à ce que le Père me prescrit (Jean 14, 31).