Archives de Catégorie: A méditer…

Pas un de vos cheveux

Pas un de vos cheveux !

  • Je suis toujours un peu mal à l’aise devant ces annonces de la fin des temps.
  • C’est certain. Ces images apocalyptiques nous déroutent, ou nous font peur. Il faut se souvenir aussi que Luc a vécu le temps de l’empereur Titus avec la destruction de Jérusalem et du Temple. En 79, il y eut également l’éruption du Vésuve…
  • Et les persécutions de Néron en 63 : je connais mon histoire romaine ! C’est mon histoire romaine ! C’est sûr, vu comme cela, que les communautés menacées ou persécutés avaient grand besoin de fortifier leur foi en la victoire finale du Christ.
  • On a toujours besoin d’être réconforté. On a si souvent envie de dire : « Mais que fait Dieu … ? »
  • Une seule réponse de notre part : rester fidèle et confiant, comme Jésus nous l’a demandé, comme Paul y exhorte ses communautés.
  • Car pas un de nos cheveux ne sera perdu !
  • Oui, rien de ce que nous aurons fait par amour ne sera perdu.

UNE NOUVEAUTE

Au temps de Jésus, les pieux pharisiens admettaient cette « nouveauté » de la croyance en la résurrection.  Inadmissible et non conforme à la Tora, répliquaient les Sadducéens conservateurs et matérialistes, du haut de leur prestige hiérarchique.  Cependant, « leur » Tora était limitée aux cinq livres du Pentateuque.  Mais quelle était l’opinion du jeune prophète de Nazareth ? Sur la question de la résurrection, on le disait proche des pharisiens.  Il s’agissait donc de tester sa fidélité à Moïse, même de le ridiculiser en l’attirant dans le piège d’un cas extrême, bien précis, à résoudre.

Pour les « anciens », la seule manière de survivre était d’avoir des enfants.  D’où cette loi de Moïse qui prescrivait au frère d’un mort sans enfant d’épouser sa veuve pour assurer une descendance légale au défunt.  Mais si les morts ressuscitent, que devient le respect de cette «loi de Dieu»?  Ainsi, par exemple, si une femme, par devoir, a dû épouser successivement six de ses beaux-frères après la mort de son premier mari.  Un cas manifeste de polyandrie.  Autrement dit, la croyance à la résurrection ne peut que conduire à des situations illégales et même scandaleuses.  Un échantillon typique d’« absurdité casuistique » comme on en rencontre à toutes les époques.  La réponse immédiate de Jésus a dû singulièrement surprendre et secouer les maîtres et gardiens de l’orthodoxie. ,Allez donc relire dans l’Ecriture tout ce que dit Moïse et cessez de transposer dans l’au-delà vos fantasmes et les réalités provisoires et relatives d’ici-bas ».

Enfants de Dieu pour toujours

Des Sadducéens,

Ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de résurrection,

Vinrent trouver Jésus et ils l’interrogent…

Ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de résurrection…

Les Sadducéens étaient des gens religieux.

Ils observaient à la lettre la Loi de Moïse

Et s’opposaient à toute nouveauté

Dans le domaine de la foi et du culte.

Or, des « nouveautés », tu en apportais, Seigneur,

Par ton enseignement, par ton comportement envers le Sabbat,

Par ton attitude envers les pécheurs, etc. …

Entre autres, tu parlais de vie éternelle, de résurrection …

Eux, ils en restaient aux mots de la Genèse, pris à la lettre :

Tu es poussière et tu retourneras en poussière (3,19).

Il n’était pas question de ressusciter !

S’ils t’interrogent, c’est plus pour te mettre dans l’embarras

Que pour chercher quelque lumière sur le mystère de la mort ?

Avec ce cas d’une femme qui a épousé successivement sept frères

Pour obéir à la Loi de Moïse,

Ils pensent avoir un argument indiscutable…

Préserve-nous, Seigneur, de cette prétention

De prendre nos idées pour la seule vérité.

Garde-nous petits et humbles devant ce qui nous dépasse…

Donne-nous aussi d’imiter ta patience

Dans le dialogue avec les autres …

Ta réponse aux Sadducéens est faite de douceur et de clarté.

Tu proposes ton message

En rappelant le projet de Dieu sur l’homme :

Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.

Créé à l’image de Dieu,

L’homme est appelé à partager sa vie éternelle :

Ils ne peuvent plus mourir ; ils sont fils de Dieu :

Ils vivent de sa vie.

C’est une nouvelle vie, semblable à celle des anges,

Où les mutations de notre existence actuelle ne seront plus,

Où le mariage n’aura donc plus de raison d’être.

Cette vie éternelle a été semée en nous pas le baptême.

Tu viens, Seigneur, l’entretenir, la développer par ton Eucharistie :

Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité (JN 6 ,51)

Tu mets en nous un germe de résurrection :

Celui qui mange ma chair…

Je le ressusciterai au dernier jour (Jn 6,54)

Béni sois-tu, Seigneur, pour ce Pain de Vie éternelle !

Personne n’est…

Les outils du charpentier

Il y avait une fois, il y a bien longtemps de cela, dans un petit village nordique, un atelier de charpentier. Un jour que le Maître était absent les outils se réunirent en grand conseil sur l’établi. Les conciliabules furent longs et animés, ils furent même véhéments. Il s’agissait d’exclure de la communauté des outils un certain nombre de membres.
L’un prit la parole : « Il nous faut, dit-il, exclure notre sœur la scie, car elle mord et elle grince des dents. Elle a le caractère le plus grincheux du monde ».
Un autre dit : « Nous ne pouvons conserver parmi nous notre frère le rabot qui a le caractère tranchant et qui épluche tout ce qu’il touche ». 
« Quant au frère marteau, dit un autre, je lui trouve le caractère assommant. Il est tapageur. Il cogne toujours et nous tape sur les nerfs. Excluons-le ». 
« Et les clous ? Peut-on vivre avec des gens qui ont le caractère aussi pointu ? Qu’ils s’en aillent ! Et que la lime et la râpe s’en aillent aussi. A vivre avec elles, ce n’est que frottement perpétuel. Et qu’on chasse le papier de verre dont il semble que la raison d’être dans cet atelier soit de toujours froisser ! »
Ainsi discouraient en grand tumulte les outils du charpentier. Tout le monde parlait à la fois. L’histoire ne dit pas si c’était le marteau qui accusait la scie et le rabot la lime, mais il est probable que c’était ainsi, car à la fin de la séance, tout le monde se trouvait exclu.
La réunion bruyante prit fin subitement par l’entrée du charpentier dans l’atelier. On se tut lorsqu’on le vit s’approcher de l’établi. Il saisit une planche et la scia avec la scie qui grince. La rabota avec le frère rabot au ton tranchant qui épluche tout ce qu’il touche. Le frère ciseau qui blesse cruellement, notre sœur la râpe au langage rude, le frère papier de verre qui froisse, entrèrent successivement en action. Le charpentier prit alors nos frères les clous au caractère pointu et le marteau qui cogne et fait du tapage. Il se servit de tous ses outils au méchant caractère pour fabriquer un berceau pour accueillir un enfant à naître.

Légende suédoise

À qui la faute ?

Dans une paisible contrée, un lac déborda soudain, noyant brutalement les terres qui étaient en contrebas. Ce fut une terrible catastrophe ! Des jardins furent emportés, des villages submergés, des hommes précipités dans les eaux grondantes.
Lorsque la décrue s’amorça, les survivants en colère allèrent se plaindre auprès des divinités. Ils furent reçus par celle qui avait en charge le juste équilibre des choses et exposèrent leur requête. La divinité convoqua donc le lac et le somma de se justifier.
– Ce n’est pas ma faute, répondit le lac. La rivière qui m’alimente a brusquement grossi et j’ai soudain gonflé comme une outre.
On convoqua donc la rivière.
– Ce n’est pas ma faute répliqua-t-elle. Les torrents qui se jettent dans mes eaux ont cette année doublé de volume. Comment pouvais-je les retenir ?
On convoqua donc les torrents.
– Ce n’est pas notre faute, s’excusèrent-ils. Les neiges des montagnes ont fondu en quelques jours seulement et nous ont grossis comme des fleuves.
On convoqua donc les neiges des montagnes.
– Ce n’est pas notre faute, plaidèrent-elles. D’habitude, les sapins nous retiennent sur les hauteurs, mais cette année les hommes ont coupé tous les arbres à la fin de l’hiver.
Les villageois se firent alors tous petits, s’excusèrent auprès de tout le monde et reprirent leur chemin, songeurs.

Michel Piquemal  (Les philo-fables pour la terre)

Les couleurs de l’amitié

Un jour, toutes les couleurs du monde se mirent à se disputer entre elles, chacune prétendant être la meilleure, la plus importante, la plus belle, la plus utile, la favorite.
Le vert affirma : « Je suis le plus essentiel, c’est indéniable. Je représente la vie et de l’espoir. J’ai été choisi pour l’herbe, les arbres et les feuilles. Sans moi, les animaux mourraient. Regardez la campagne et vous verrez que je suis majoritaire. »
Le bleu prit la parole : « Tu ne penses qu’à la terre mais tu oublies le ciel et l’océan. C’est l’eau qui est la base de la vie alors que le ciel nous donne l’espace, la paix et la sérénité. Sans moi, vous ne seriez rien. »
Le jaune rit dans sa barbe : « Vous êtes bien trop sérieux. Moi j’apporte le rire, la gaieté et la chaleur dans le monde. La preuve, le soleil est jaune, tout comme la lune et les étoiles. Chaque fois que vous regardez un tournesol, il vous donne le goût du bonheur. Sans moi, il n’y aurait aucun plaisir sur cette terre. »
L’orange éleva sa voix dans le tumulte : « Je suis la couleur de la santé et de la force. On me voit peut-être moins souvent que vous mais je suis utile aux besoins de la vie humaine. Je transporte les plus importantes vitamines. Pensez aux carottes, aux citrouilles, aux oranges, aux mangues et aux papayes. Je ne suis pas là tout le temps mais quand je colore le ciel au lever ou au coucher du soleil, ma beauté est telle que personne ne remarque plus aucun de vous. »
Le rouge qui s’était retenu jusque-là, prit la parole haut et fort : « C’est moi le chef de toutes les couleurs car je suis le sang, le sang de la vie. Je suis la couleur du danger et de la bravoure. Je suis toujours prêt à me battre pour une cause. Sans moi, la terre serait aussi vide que la lune. Je suis la couleur de la passion et de l’amour, de la rose rouge, du poinsettia et du coquelicot. »
Le pourpre se leva et parla dignement : « Je suis la couleur de la royauté et du pouvoir. Les rois, les chefs et les évêques m’ont toujours choisie parce que je suis le signe de l’autorité et de la sagesse. Les gens ne m’interrogent pas, ils écoutent et obéissent. »
Finalement, l’indigo prit la parole, beaucoup plus calmement que les autres mais avec autant de détermination : « Pensez à moi, je suis la couleur du silence. Vous ne m’avez peut-être pas remarquée mais sans moi vous seriez insignifiantes. Je représente la pensée et la réflexion, l’ombre du crépuscule et les profondeurs de l’eau. Vous avez besoin de moi pour l’équilibre, le contraste et la paix intérieure. »
Et ainsi les couleurs continuèrent à se vanter, chacune convaincue de sa propre supériorité. Leur dispute devint de plus en plus sérieuse. Mais soudain, un éclair apparut dans le ciel et le tonnerre gronda. La pluie commença à tomber fortement. Inquiètes, les couleurs se rapprochèrent les unes des autres pour se rassurer.
Au milieu de la clameur, la pluie prit la parole : « Idiotes ! Vous n’arrêtez pas de vous chamailler, chacune essaie de dominer les autres. Ne savez-vous pas que vous existez toutes pour une raison spéciale, unique et différente ? Joignez vos mains et venez à moi. » Les couleurs obéirent et unirent leurs mains.
La pluie poursuivit : « Dorénavant, quand il pleuvra, chacune de vous traversera le ciel pour former un grand arc de couleurs et démontrer que vous pouvez toutes vivre ensemble en harmonie. L’arc-en-ciel est un signe d’espoir pour demain. Et, chaque fois que la pluie lavera le monde, un arc-en-ciel apparaitra dans le ciel, pour nous rappeler de nous apprécier les uns les autres. »