Seigneur, je suis Ton petit instrument

Seigneur, je suis Ton petit instrument 

Seigneur, je suis un petit instrument. Très souvent j’ai l’impression d’être un bout de crayon entre Tes mains. C’est Toi qui penses, qui écris et agis. Fais que je ne sois rien d’autre que ce crayon. 

Tu m’as envoyée. Ce n’est pas moi qui ai choisi où aller. Tu m’as envoyée non pour enseigner mais pour apprendre : à être douce et humble de cœur. 
Tu m’as envoyée pour servir et non pour être servie. Servir avec un cœur humble. Et tu me dis : va, pour être cause de joie dans ta communauté. Va chez les pauvres avec zèle et amour. Va servir en hâte, comme la Vierge. 
Choisis les choses les plus dures. Va avec un cœur humble, avec un cœur généreux. 
Ne va pas avec des idées inadaptées à ton genre de vie, avec de grandes idées sur la théologie ou sur ce que tu aimerais enseigner ; va plutôt pour apprendre et servir. 
Partage avec un cœur humble ce que tu as reçu. Va chez les pauvres avec une grande tendresse. Sers-les avec un amour tendre et compatissant. Va te donner sans réserve.

Mère Térésa de Calcutta

La vraie douceur

La vraie douceur 

La vraie douceur combine la fermeté de l’esprit et la tendresse du cœur ; elle évite la complaisance et l’inaction de l’esprit débile, aussi bien que la violence et l’amertume du cœur dur.
Sans la douceur du cœur, la fermeté de l’esprit est froide et distante, laissant la vie dans un perpétuel hiver privé de la douceur du printemps et de l’agréable chaleur de l’été. Quoi de plus tragique que de voir une personne qui s’est élevée jusqu’aux hauteurs disciplinées de la fermeté de l’esprit, mais qui a sombré en même temps dans les abîmes sans chaleur de la dureté du cœur.
 
Martin Luther King

Redescendre de la montagne

QU’ONT « RÉELLEMENT » VU Pierre, Jacques et Jean sur la montagne ? Mystère ! Ce qui est certain, c’est qu’ils ont fait une expérience spirituelle exceptionnelle. Contemplons la scène. L’événement se déroule sur une « montagne». Attention ! Lorsque la Bible évoque la montagne, c’est pour annoncer une parole importante de Dieu. Songeons à Moïse sur le mont Sinaï, à Élie sur l’Horeb… 

Les disciples dorment. Attention ! C’est souvent de nuit que Dieu annonce de grandes vérités. Rappelons-nous l’épisode de la vocation du jeune Samuel, pensons aussi à Joseph à qui l’ange apparaît En donnant tous ces détails, Luc nous avertit : ce qui se déroule ici est d’une extrême importance : en « apparaissant » aux côtés de Jésus, Moïse symbolise la Loi et Élie, les prophètes, autrement dit, toute l’histoire de la Révélation. Cette « vision » vient annoncer aux disciples ce qu’ils
n’osaient espérer : cet homme nommé Jésus est le Fils de la Promesse, le Messie attendu ! 

Le coeur brûlant de joie, ils sont pris d’un réflexe humain : « dressons trois tentes », autrement dit, restons ici, loin du monde, confortablement à l’abri de ses violences et de la Passion qui, déjà, s’annonce… 

Mais, une expérience spirituelle qui nous ferait rêver d’une vie hors de la condition humaine, ne serait pas chrétienne ! Il faut « redescendre de la montagne », revenir vers la vie des hommes, même si l’ombre de la Croix y plane. Retenons de cette scène trois enseignements de Carême : se mettre à l’écart sur la « montagne », s’abstraire un peu du quotidien ; se laisser ensuite « réveiller », tirer de toutes nos léthargies spirituelles ; et enfin, la foi revivifiée, redescendre vers la « vallée », là où Dieu n’a que nos mains pour mener les combats contre toutes les crucifixions dont l’homme – temple de l’Esprit – est victime.

Une école de la douceur

Une école de la douceur 

La douceur a fait pacte avec la vérité ; elle est une éthique redoutable.
Elle ne peut se trahir, sauf à être falsifiée. La menace de mort même ne peut la contrer.

La douceur est politique. Elle ne plie pas, n’accorde aucun délai, aucune excuse. Elle est un verbe : on fait acte de douceur. Elle s’accorde au présent et inquiète toutes les possibilités de l’humain.

De l’animalité, elle garde l’instinct, de l’enfance l’énigme, de la prière l’apaisement, de la nature, l’imprévisibilité, de la lumière, la lumière.

La douceur est l’un des noms de cette réconciliation avec ce qui a été refoulé, exilé dans le passé et ainsi « repris » avec mansuétude et le courage qu’il faut pour s’avouer qu’on y était, en conscience.

La douceur est ce qui nous permet d’aller au-devant de cet étranger qui s’adresse à nous, en nous. C’est la voix que le poète anime, et recueille.
C’est une part du monde sauvage déposée là.

La douceur apparaît d’abord comme une défaillance. Elle déroge à toutes les règles du savoir-vivre social. Les êtres qui en font preuve sont parfois des résistants mais ils ne portent pas le combat là où il a lieu habituellement. Ils sont ailleurs. Incapables de trahir comme de se trahir, leur puissance vient d’un agir qui est constamment une manière d’être au monde

« Puissance de la douceur », Anne Dufourmantelle

Saisis par l’Amour

Saisis par l’Amour

Il faut prendre des envolées et monter sur des sommets pour goûter certaines aurores. Il faut monter sur la montagne, quitter le bruit des plaines et du monde pour voir large, pour reprendre souffle. Jésus aimait la montagne, les sommets et les déserts. Autant pour prier son Père que pour parler aux foules. Entre la colline des Béatitudes, où Jésus propose un chemin de bonheur et appelle à le suivre, et la colline du Golgotha, où sa vie est toute donnée pour le salut de l’humanité, il y a cette haute montagne où Jésus emmène ses disciples, Pierre, Jacques et Jean. Ici, Jésus est transfiguré. Dieu laisse entrevoir sur le visage de Jésus de Nazareth son visage de Père. Aux yeux des Apôtres qui sont là, Jésus s’inscrit dans l’histoire du peuple de Dieu, Élie et Moïse présents à ces côtés dans la nuée en sont les témoins. Ils attestent que l’Écriture s’accomplit maintenant, en la personne de Jésus, le Messie annoncé et attendu. Les disciples viennent d’entendre Jésus annoncer sa mort prochaine et cela les a choqués, scandalisés. Au cœur de la nuée, tout est dit : la mort, la Résurrection et la gloire du Père. Tout est dit, jusqu’au nom de celui que les disciples suivent : « Celui-ci est mon Fils ; écoutez-le. » Pierre veut dresser trois tentes pour que dure à jamais cette vision d’éternité. Quoi de plus normal ? Quiconque entre dans l’amitié, dans l’intimité du Christ, se laisse saisir entièrement par l’amour jusqu’au don de soi. La marche des disciples va se poursuivre. Ils savent désormais par quels chemins et par quels sommets il leur faudra passer pour qu’ils aient la vie en abondance.

Le sourire

Le sourire

Il est un bon moyen de se créer une âme amicale : le sourire. Pas le sourire ironique et moqueur, le sourire en coin de lèvres, qui juge et rapetisse. Mais le sourire large net.
Savoir sourire : quelle force ! Force d’apaisement, force de douceur, de calme, force de rayonnement. 
Un type fait une réflexion sur ton passage… tu es pressé… tu passes… mais souris, souris largement. Si ton sourire est franc joyeux, ton type sourira aussi… et l’incident sera clos dans la paix… Essaie. 
Tu veux faire à un camarade une critique que tu juges nécessaire, lui donner un conseil que tu crois utile. Critique, conseil, choses dures à avaler. Mais souris, compense la dureté des mots par l’affection de ton regard, le rire de tes lèvres, par toute ta physionomie joyeuse. Et ta critique, ton conseil porteront mieux… parce qu’ils n’auront pas blessé. 
Il est des moments où, devant certaines détresses, les mots ne viennent pas, les paroles consolatrices ne veulent pas sortir… Souris avec tout ton cœur, avec toute ton âme compatissante. 
Tu as souffert et le sourire muet d’un ami t’a réconforté. Tu ne peux pas ne pas avoir fait cette expérience. Agis de même pour les autres. ..
Souris à ce pauvre à qui tu viens de donner deux sous…, à cette dame à qui tu viens de céder ta place…, à ce monsieur qui s’excuse parce qu’il t’a écrasé le pied en passant. Il est malaisé parfois de trouver le mot juste, l’attitude vraie, le geste approprié. Mais sourire ! C’est si facile… et cela arrange tant de choses ! Pourquoi ne pas user et abuser de ce moyen si simple. Le sourire est un reflet de joie. Il en est source. 

Guy de Larigaudie

… La transfiguration

Jésus prit avec lui Pierre, jean et Jacques, et il alla sur la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre…

Jésus alla sur la montagne pour prier…

Saint Luc nous parle souvent de ta prière, Jésus prière dans la solitude de la montagne, dans le calme de la nuit. Tu nous en montres ainsi l’importance; tu désires nous y entraîner.

II prit avec lui Pierre, jean et Jacques.:.

C’est ce que tu veux faire, ce jour-là, en emmenant tes trois disciples. Mais le résultat n’est guère brillant: Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil; la montée les avait fatigués. Ce sera la même chose au moment de ton agonie; là encore ils dormiront et te laisseront seul… Mais n’est-ce pas mon cas, trop souvent? Réveille-moi, Seigneur! Apprends-moi à prier!

Pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre…

Ces mots nous renvoient au Sinaï; la rencontre de Moïse avec Dieu avait rendu son visage rayonnant. Pour toi, Jésus, c’est ta lumière intérieure, ta divinité, qui transparaît et fait deviner un peu le « Tout Autre » que tu es. Nos prières, en étant rencontre avec toi et avec notre Père des cieux, sont pour nous aussi des moments de lumière, d’illumination intérieure, où nous prenons conscience du « tout autre » que nous sommes. Au-delà de ce qui est visible à nos yeux humains, nous nous redécouvrons enfants de Dieu… même si aucun « éclat » extérieur ne paraît.

Moïse et Elie s’entretenaient avec lui…

La prière est d’abord contemplation, écoute… En voyant Moise et Elie, tes trois disciples peuvent comprendre qu’ils te désignent comme le grand prophète qu’ils annonçaient: tu es vraiment l’envoyé de Dieu. La voix mystérieuse venue de la nuée, comme autrefois dans le Sinaï, les confirmera dans leur foi et les invitera à te suivre fidèlement: « Celui-ci est mon Fils… Écoutez-le ! »

Te regarder, Jésus… Te contempler dans le mystère de l’Eucharistie où tu te fais « tout autre » pour être plus près de nous, pour venir en nous ! T’écouter, « demeurer » avec toi, pour être enfants de Dieu par toi, en toi.