Inconnus mais pas étrangers

Inconnus mais pas étrangers

Va à l’étranger comme chez ton ami
Et chez ton ami comme à l’étranger

Depuis longtemps nos langues
nous séparent
malgré les montagnes
les plaines
les rivières

que nous avons grimpées
traversées
longées

depuis longtemps nos dieux
nous séparent
malgré le désert
le ciel
la mer

que nous avons priés

Le pommier est-il l’étranger du pin
L’oranger, celui du chêne

Le reflet du peuplier dans la rivière
de Castille
est-il plus clair
que celui du bouleau

dans un lac de Finlande

la neige qui tombe à Odense
au Danemark
le jour de Noël

est-elle plus blanche

que celle qui tombe des rêves du
Touareg
à Bamako
le jour de l’Aïd

la lune que je contemple ce soir
dans l’hémisphère nord
est-elle plus ronde

que celle qu’on ne voit pas ce soir
dans l’hémisphère sud ?

Depuis longtemps nos langues
Nous attirent
grâce aux pains
aux chants

que nous partageons
autour de la même table

et la main qui m’ouvre le chemin
dans ce pays où je me perds

m’est plus proche
que celle qui menace
dans mon pays où l’on se perd

dès que de l’autre côté de la route
qui relie nos villages
nos quartiers

dans notre ville
de notre pays

ils font de l’inconnu
un étranger.

Yvon le Men (Une île en terre, les continents sont des radeaux, Ed. Bruno Doucey, 2016)

Chaque visage est un miracle

Chaque visage est un miracle

Un enfant noir, à la peau noire, aux yeux noirs, 
aux cheveux crépus ou frisés, est un enfant.
Un enfant blanc, à la peau rose, aux yeux bleus ou verts, 
aux cheveux blonds ou raides est un enfant.
L’un et l’autre, le noir et le blanc, ont le même sourire
quand une main leur caresse le visage, 
quand on les regarde avec amour et leur parle avec tendresse.
Ils verseront les mêmes larmes si on les contrarie, si on leur fait mal.
Il n’existe pas deux visages absolument identiques.
Chaque visage est un miracle.
Parce qu’il est unique.
Deux visages peuvent se ressembler, ils ne seront jamais tout à fait les mêmes.
La vie est justement ce miracle, 
ce mouvement permanent et changeant qui ne reproduit jamais le même visage.
Vivre ensemble est une aventure où l’amour, 
l’amitié est une belle rencontre avec ce qui n’est pas moi, 
avec ce qui est toujours différent de moi et qui m’enrichit.

Tahar Ben Jelloun

« Ne dormons pas »

«

  • Bizarre, ces trois apôtres Pierre, Jean et Jacques : chaque fois que Jésus les choisit au Mont Thabor ou au jardin des Oliviers, ils s’endorment !
  • Ce que je trouve bien, moi, c’est que les évangélistes n’ont pas cherché à redorer l’image de ces premiers amis de Jésus : ce sont vraiment des hommes, avec leurs faiblesses. Nous aussi, nous passons souvent à côté d’événements les plus porteurs de sens. Nous n’en percevons la portée qu’après, bien souvent.
  • Ils n’ont guère compris en effet ce qui se passait. Luc d’ailleurs le dit nettement : après la transfiguration du Christ, « on ne vit plus que Jésus seul. »  C’est-à-dire qu’ils n’ont plus vu, à nouveau, que la dimension humaine de Jésus.
  • Cela nous arrive aussi ! Nous nous arrêtons à la dignité humaine de Jésus, à la morale humaine qu’on peut tirer de son enseignement.
  • Oui Jésus super-homme !
  • Alors qu’il est l’Homme-Dieu

Pour tous qui ont perdu un être cher beaucoup trop tôt

Je vous prêterai…

Je vous prêterai pour un peu de temps,
un de mes enfants, dit Dieu,
Pour que vous l’aimiez tant qu’il vivra,
Et le pleuriez lorsqu`il vous quittera

Ce sera peut-être six ou sept semaines,
Trente ans ou trois ans,
Le voulez-vous, jusqu`à ce que je le reprenne,
Pour prendre soin de lui à ma place ?

Il apportera son charme pour vous égayer,
Et même si son passage est bref
Vous aurez de doux souvenirs de lui,
Pour vous consoler de votre peine.

Je ne peux vous promettre qu`il restera,
Puisque tout sur la terre est passager,
Mais il y a des leçons qui s`y enseignent,
Et je veux que mon enfant les apprennent.

Et là, sur la terre avec vous,
Je prête cet enfant qui est mien,
Pour bien des âmes qu`il touchera,
Avec les leçons que j`envoie.

J`ai regardé ce vaste monde,
En cherchant des âmes fidèles,
Et dans la foule qui encombre le chemin de la vie,
Je vous ai choisis.

À présent voulez-vous lui donner votre amour,
Sans penser que ce soit labeur inutile,
Et sans me détester quand je viendrai,
Pour le reprendre ?

Je vous imagine me disant :
« Seigneur que ta volonté soit faite ! « 
Pour toutes les joies que cet enfant nous a données,
Nous acceptons les risques du destin.

Mais tu es venu le reprendre,
Bien plus vite que nous pensions,
Seigneur, pardonne à nos larmes,
Et aide nous à comprendre

Renseignement s.v.p. !


Lorsque j’étais très jeune, mon père a eu l’un des premiers téléphones dans notre voisinage. Je me rappelle très bien la vieille boîte en bois, bien polie fixée au mur et le petit récepteur noir, bien lustré, accroché sur son côté.

J’étais trop petit pour atteindre le téléphone, mais j’étais habitué à écouter avec fascination ma mère lui parler. J’ai, par la suite découvert qu’en quelque part, dans ce merveilleux appareil, vivait une personne fantastique – son nom était « Renseignement SVP » et il n’y avait rien qu’elle ne savait pas. « Renseignement SVP » pouvait fournir le numéro de n’importe qui en plus de l’heure exacte.

Ma première expérience personnelle avec ce « génie dans une bouteille » s’est produite un jour où ma mère était partie chez une voisine. Je m’amusais au sous-sol et, je me suis donné un violent coup de marteau sur un doigt. La douleur était terrible, mais il ne semblait pas y avoir de raisons pour que je crie. J’étais seul et personne ne pourrait m’entendre et me réconforter.

Je faisais les cent pas autour de la maison, en suçant mon doigt pour finalement arriver devant l’escalier. Le téléphone !!! Rapidement, j’ai couru chercher le petit tabouret dans la cuisine et je l’ai traîné jusque devant le téléphone. Je suis monté dessus, j’ai décroché le combiné et l’ai placé contre mon oreille. « Renseignement SVP » dis-je dans le microphone, juste au-dessus de ma tête.

Un click ou deux et j’entends une petite voix claire me dire « Renseignement ».

Je dis alors, « Je me suis fait mal au doigt », « Est-ce que tu saignes ? » m’a demandé la voix. Je lui réponds « Non », « je me suis frappé le doigt avec un marteau et ça fait très mal ». Elle me demande alors  » Peux-tu ouvrir la boîte à glace ? » Je lui répondis que oui je pouvais. « Alors, prend un petit morceau de glace et pose le sur ton doigt » me dit-elle.

Après cette expérience, j’ai appelé « Renseignement SVP » pour n’importe quoi. Je lui ai demandé de l’aide pour ma géographie et elle m’a dit où se trouvait Montréal. Elle m’a aidé aussi avec mes mathématiques. Elle m’a dit que le petit écureuil, que j’avais trouvé dans le parc, la journée précédente, devait manger des fruits et des noix.

Un peu plus tard, mon petit canari est mort. J’ai donc appelé « Renseignement SVP » et lui ai raconté ma triste histoire. Elle m’a écouté attentivement et m’a dit les choses usuelles qu’un adulte dit pour consoler un enfant, mais j’étais inconsolable. Je lui ai demandé « Pourquoi les oiseaux chantent si merveilleusement et procurent tellement de joie aux familles, seulement pour finir comme un tas de plumes dans le fond d’une cage? »

Elle a probablement ressenti mon profond désarroi et me dit alors, d’une voix si calme « Paul, rappelle-toi toujours qu’il existe d’autres mondes où on peut chanter ». D’une certaine façon, je me sentais mieux. Une autre fois que j’utilisais le téléphone : « Renseignement SVP ». « Renseignement » me répondait la voix, maintenant devenue si familière. Je lui demande alors, « Comment épelez-vous le mot réparation ? ».

Tout ça se passait dans la ville de Québec. Alors que j’avais 9 ans, nous sommes déménagés à l’autre bout de la province, à Baie-Comeau. Je m’ennuyais terriblement de mon amie. « Renseignement SVP » appartenait à cette vieille boîte en bois de notre maison familiale, et, curieusement, je n’ai jamais songé à utiliser le nouvel appareil téléphonique étincelant, posé sur une table, dans le corridor, près de l’entrée.

Alors que je me dirigeais vers l’adolescence, les souvenirs de ces conversations de mon enfance ne m’ont jamais quitté. Souvent, lors des moments de doute et de difficultés, je me rappelais ce doux sentiment de sécurité que j’avais à cette époque. J’appréciais maintenant, la patience, la compréhension et la gentillesse qu’elle a eue à consacrer de son temps pour un petit garçon.

Quelques années plus tard, alors que je me dirigeais au Collège, à Montréal, mon avion devait faire une escale à Québec. J’avais donc près d’une demi-heure entre le transfert d’avion. J’ai donc passé 15 minutes au téléphone avec ma soeur, qui vit toujours à Québec. Ensuite, sans penser vraiment à ce que je faisais, j’ai composé le « 0 » et dit « Renseignement SVP ». Miraculeusement, j’entendis alors cette même petite voix claire que je connaissait si bien, « Renseignement ».

Je n’avais rien prévu de tout ça, mais je m’entendis lui dire, « Pouvez-vous m’aider à épeler le mot « réparation » ? ». Il y a eu un long moment de silence. Ensuite, j’entendis une voix si douce me répondre : « Je suppose que ton doigt doit être guéri maintenant.  » Je me mis à rire et lui dit « C’est donc toujours vous ». Je lui dit  » Je me demande si vous avez la moindre idée comme vous étiez importante pour moi pendant toutes ces années ». « Je me demande » dit-elle, « si tu sais combien tes appels étaient importants pour moi. Je n’ai jamais eu d’enfant et j’étais toujours impatiente de recevoir tes appels ». Je lui ai dit comment, si souvent, j’ai pensé à elle au cours de ces dernières années et je lui ai demandé si je pourrais la rappeler, lorsque je reviendrais visiter ma soeur. « Je t’en prie, tu n’auras qu’à demander Sally » me répondit-elle.

Trois mois plus tard, alors que j’étais de nouveau à Québec. Une voix différente me répondit « Renseignement ». J’ai donc demandé à parler à Sally. « Êtes-vous un ami ? » me demanda la voix inconnue. Je lui répondis « Oui, un vieil ami ». J’entendis la voix me dire « Je suis désolé d’avoir à vous dire ça, Sally ne travaillait plus qu’à temps partiel ces dernières années parce qu’elle était très malade. Elle est morte il y a cinq semaines déjà ». Avant même que je n’ai le temps de raccrocher, elle me dit « Attendez une minute. M’avez-vous dit que votre nom était Paul?  » Je répondis « Oui ». « Et bien, Sally a laissé un message pour vous. Elle l’a écrit, au cas où vous appelleriez. Laissez-moi vous le lire ». Ce message disait « Dites lui que je crois toujours qu’il y a d’autres mondes où on peut chanter. Il saura ce que je veux dire ». Je lui dis donc merci et raccrochai. Je savais ce que Sally voulait dire.

Ne sous-estimez jamais l’influence que vous pouvez avoir sur les autres.

La vie de qui avez-vous touché aujourd’hui ?

Source: Anonyme.www.lespasseurs.com

Pas à côté d’un noir !

Pas à côté d’un noir !

La scène qui suit a eu lieu lors d’un vol de la compagnie British Airways entre Johannesburg et Londres.
Une femme blanche, la cinquantaine, découvre que le hasard des réservations la place à côté d’un Noir. Visiblement perturbée, elle appelle l’hôtesse de l’air :
« Quel est votre problème, Madame ? demande l’hôtesse.
– Mais, vous ne le voyez donc pas ? répond la dame, Vous m’avez placée à côté d’un nègre. Je ne supporte pas de rester à côté d’un de ces êtres répugnants. Donnez-moi un autre siège !
– S’il vous plaît, calmez-vous, dit l’hôtesse. Presque toutes les places de ce vol sont prises mais je vais voir s’il reste une place disponible.

L’hôtesse s’éloigne et revient quelques minutes plus tard :
« Madame, comme je le pensais, il n’y a plus aucune place libre dans la classe économique. J’ai parlé au commandant et il m’a confirmé qu’il n’y en a plus dans la classe exécutive. Toutefois, nous avons encore une possibilité en première classe. »
Mais avant que la dame puisse faire un commentaire ou esquisser le moindre geste, l’hôtesse de l’air continue :
« Il est tout à fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une personne de classe économique de s’asseoir en première. Mais vu les circonstances, le commandant trouve qu’il serait scandaleux d’obliger quelqu’un à supporter pendant tout le vol une personne aussi désagréable. »
Et s’adressant à l’homme de couleur, elle conclut :
« Donc, Monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège en première classe vous attend. »
Et tous les passagers qui assistaient, choqués, à la scène, se levèrent et applaudirent.

Extrait du site « Pastorale scolaire » de l’Enseignement fondamental du diocèse de Tournai

Entrer dans l’Alliance

Entrer dans l’Alliance

DANS LE LIVRE du Deutéronome, Moïse fait le récit de la nais­sance du peuple d’Israël, engen­dré de l’Exode et de sa sortie d’Égypte. L’événement est le point de départ d’une nouvelle relation avec son Dieu, lieu de l’expérience de sa liberté.

L’Évangile annonce le nouvel exode, le drame pascal qui se jouera à Jérusa­lem, où jésus va affronter la mort. En jésus le Christ, l’homme est éprouvé

dans la tentation, il s’appuie sur la révélation de la Parole. Il lui est demandé de devenir cet homme, conduit par l’Esprit, qui par sa mort, ira jusqu’au bout de l’amour. Il s’inscrit dans la dimension d’une Alliance, où nous aussi sommes invités à entrer et à nous maintenir.

Jésus, éprouvé et victorieux, nous révèle que notre liberté pécheresse, tentée de briser l’Alliance, est aussi liberté en devenir, sous l’action de la grâce. C’est dans le désert de l’épreuve, l’espace où nous mesurons l’écart entre nos désirs et le désir de Dieu sur nous, que le Christ nous appelle à le suivre. La loi filiale de la liberté s’inscrit dans une triple reconnaissance: seul le Père est source de vie; son seul pouvoir est amour et pardon; notre vérité humaine est dans la relation filiale et la ressem­blance au Fils du Père, en qui nous avons l’assurance de notre salut. Enga­gés dans la dynamique d’une espérance absolue, préparons‑nous, par une lente purification, à l’option décisive de vivre notre condition humaine comme lieu de notre vocation filiale.