Archives de Catégorie: Actualités

Refus de la misère

Pour ces millions d’enfants tordus par les douleurs de la faim,
n’ayant plus de sourire, voulant encore aimer.
Pour ces millions de jeunes qui, sans raison de croire, ni d’exister,
cherchent en vain un avenir en ce monde insensé.
Toi notre Père nous te prions envoie des ouvriers pour faire ta moisson.

Pour ces millions d’hommes, de femmes et d’enfants
dont le cœur à grands coups bat encore pour lutter.
Dont l’esprit se révolte contre l’injuste sort qui leur fut imposé.
Dont le courage exige le droit à l’inestimable dignité.
Toi notre Père nous te prions envoie des ouvriers pour faire ta moisson.

Pour ces millions d’enfants, de femmes et d’hommes
qui ne veulent pas maudire mais aimer et prier, travailler et s’unir,
pour que naisse une terre solidaire.
Une terre, notre terre, où tout homme aurait mis
le meilleur de lui-même avant que de mourir.
Toi notre Père nous te prions envoie des ouvriers pour faire ta moisson.

Pour que tous ceux qui prient trouvent écho près de Dieu
et reçoivent de lui la puissance d’écarter la misère
d’une humanité dont l’image est la sienne.
Toi notre Père nous te prions envoie des ouvriers pour faire ta moisson.

Joseph Wresinski

Recette d'une bonne année

Une recette pas comme les autres

Une mesure bien tassée d’amour vrai,
beaucoup d’écoute et de compréhension,
une bonne dose de disponibilité,
mélangée à quelques grammes de douceur et de calme.
Ajoutez un rien de fermeté.

Cherchez un peu de bonne volonté.
Assaisonnez avec de la droiture et de la sincérité,
afin de conserver le bon goût de la vérité.

Râpez les désirs égoïstes, les brusqueries et les impatiences,
faites fondre votre orgueil et votre suffisance.
Vous trouverez encore bien dans vos réserves
quelques grains de foi inébranlable,
une espérance sans conditions,
une dose infinie de tendresse.

Faites revenir à la surface
des tranches entières d’accueil et de partage.
Additionnez du dialogue, menus services, mercis bien placés,
don de soi sans retour en arrière.
Laissez mijoter… longtemps… dans de la patience.

Avant de présenter votre plat, flambez-le dans la joie,
Et, si possible, dans un grand élan de prière.
Complétez par un petit verre d’humour.
Et vous obtiendrez une école savoureuse,
des parents coopérants,
des enfants libres, joyeux et réceptifs,
une bonne entente entre tous.

Anonyme

Poème pour une nouvelle année

Si tu es las et que la route te paraît longue,
Si tu t’aperçois que tu t’es trompé de chemin,
Ne te laisse pas couler au fil des jours et du temps,
Recommence !

Si la vie te semble trop absurde,
Si tu es déçu par trop de choses et trop de gens,
Ne cherche pas à comprendre pourquoi,
Recommence !

Si tu as essayé d’aimer et d’être utile,
Si tu as connu la pauvreté et les limites,
Ne laisse pas là une tâche à moitié faite,
Recommence !

Si les autres te regardent avec reproche,
S’ils sont déçus par toi, irrités,
Ne te révolte pas, ne leur demande rien,
Recommence !

Car l’arbre rebourgeonne en oubliant l’hiver,
Car le rameau fleurit sans demander pourquoi,
Car l’oiseau fait son nid sans songer à l’automne,
Car la vie est espoir et recommencement.

Anonyme

C'est Jésus, le voleur

Il viendra comme un voleur. Jésus vient déjà comme un voleur. Il nous dérobe notre suffisance, nos sécurités, nos paresses, notre tranquillité. Il va tout jeter au feu, tout brûler dans quelque buisson ardent.

On attendait qu’il frappe à la porte, pour l’entrebâiller, le reconnaître, lui faire une petite place. Voilà qu’il perce le mur. Il y a longtemps d’ailleurs qu’il traverse les murailles, toutes les murailles. Inutile de tirer les verrous de nos peurs quand le Ressuscité s’approche.

Alors que faire? Veiller, être prêts. Comme si c’était pour la nuit prochaine ou pour ce soir. Et si c’était pour tout de suite? Puisqu’on a les yeux grands ouverts, puisqu’on est prêt, il ne va pas tarder. Vous allez voir: il est déjà là, il y a longtemps qu’il a fait une brèche dans notre mur de torchis et qu’il nous appelle dehors.

Veiller, être prêts, c’est toujours partir, partir avec lui. Il n’a rien volé. Il a même dit de tout laisser, de tout donner. Si, il a volé! Il nous a volés à nous-mêmes.

Solidaires de l’Univers

Célébrer le Christ, « Roi de l’Univers », c’est découvrir notre solidarité avec l’univers tout entier : en avons-nous bien conscience, dans nos célébrations, dans notre prière, dans notre vie ? La fête de ce dimanche nous invite à y penser davantage. Par exemple, avant chaque repas, remercier Dieu pour ce que nous allons pouvoir manger, un peu à la manière de la prière de présentation des dons qui, à la messe, s’adresse à Dieu en disant : « Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes… ».  Ou bien, le soir, prendre le temps d’une prière familiale qui rende grâce

Pour la création : les astres du ciel, les richesses des océans, l’intelligence des chercheurs qui nous fait connaître ces merveilles…   Une prière qui offre au Seigneur ce que nous avons fait pour le service de la création qu’il nous confie : au cœur de l’univers, il donne à l’homme une place primordiale, et lui confie de participer à sa propre mission sacerdotale, prophétique et royale.

A la suite du Christ-Roi, de quelle manière répondons-nous à notre vocation royale de serviteurs des hommes et de la création ?

Par rapport à notre entourage et à notre environnement, notre comportement peut-il être amélioré, stimulé par l’exemple du Christ ?

L’homme au cœur sincère

Demandez à n’importe quel enfant catéchisé quel est son passage préféré de l’Évan­gile. Il y a de fortes chances qu’il vous réponde : « Zachée ! » Parce qu’il monte sur un arbre ? Parce qu’il est de petite taille ? Peut-être…Ce qui est sûr, c’est que ce passage met en scène un homme riche et puissant dont la vie est profondément boule­versée par sa rencontre avec Jésus. Zachée veut voir Jésus. Jésus ne commence pas par lui demander de vendre et de dis­tribuer ses biens, pas plus que de changer de métier et de renoncer au pouvoir. Encore moins de s’inscrire à l’école rabbinique et de pousser des études de théologie. Non. Jésus s’invite chez lui. Zachée n’a pas besoin de son pouvoir, de son intelligence, de ses relations pour accueillir cet homme. Ce n’est pas non plus une conduite irréprochable qui lui ouvre l’accès au Fils de Dieu. Seul un cœur ouvert, inquiet, qui cherche sincèrement lui suffit. La foi de Zachée est une foi du cœur, une foi franche et simple, une foi d’amour. Non pas qu’il soit inu­tile de se former, ni que toute conduite se vaille. Mais l’es­sentiel reste la rencontre avec Jésus ressuscité et ce qu’il apporte de nou­veauté dans la vie de tous les jours. Alors que notre approche de la foi est devenue tellement cérébrale, morale et culturelle, comment retrouver la sim­plicité enfantine de Zachée ? Aidons-nous de la lecture quotidienne de l’Écriture, des récits de conversion des saints et des mystiques, de l’accom­pagnement d’un père spirituel pour avancer dans l’accueil de Jésus. « Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas » (Lc 18, 17).

L’homme qui te ressemble

J’ai frappé à ta porte 
pour avoir un bon lit
j’ai frappé à ton cœur 
pour avoir un bon lit
pour avoir un bon feu
pourquoi me repousser ?
Ouvre-moi, mon frère… !

Pourquoi me demander 
si je suis d’Afrique 
si je suis d’Amérique 
si je suis d’Europe ? 

Ouvre-moi, mon frère… !

Pourquoi me demander 
la longueur de mon nez 
l’épaisseur de ma bouche 
la couleur de ma peau 
et le nom de mes dieux ? 

Ouvre-moi, mon frère… ! 
Ouvre-moi ta porte 
Ouvre-moi ton cœur 
Car je suis un homme 
L’homme de tous les temps 
L’homme de tous les cieux 
L’homme qui te ressemble…! 

René Philombé