Un « exercice » par jour


Avec l’Esprit qui nous est donné depuis notre baptême, nous pouvons en confiance nous, présenter devant le Père, même si nous ne savons pas prier… Prenons systématiquement, chaque jour, un moment pour vivre en sa présence, lui dire juste quelques mots et compter, avec foi, sur l’efficacité de cette prière.

Prier simplement


Plutôt que de reprocher à Dieu, à la manière d’Habacuc (1ère lecture), son inertie face au mal, l’Evangile nous invite à redécouvrir la simplicité de la prière. Prier, c’est entrer en relation avec Dieu qui est Notre Père, c’est nous en remettre à lui dans une totale confiance. Au lieu de calculer ce que nous avons à demander, ce que nous voulons absolument obtenir, il s’agit de s’abandonner à l’amour bienveillant de Dieu notre Père, comme un petit enfant s’abandonne à la tendresse de sa mère…Prier, c’est donc tout simple ; inutile de chercher des mots, même : c’est la foi qui importe, ce « don » que Dieu dépose en nous pour notre vie, pour notre bonheur. C’est celle prière-là qui sera efficace : Jésus lui-même nous le dit, nous rappelant une fois de plus que l’essentiel n’est pas dans le « faire» (dire beaucoup de mots …) mais dans « l’être » (être en confiance, s’en remettre au Père avec foi).

Cette prière-là déracinera les arbres, déplacera les montagnes … et obtiendra sans doute mieux que ce que nous aurions nous-mêmes demandé. Commençons donc par répéter, simplement, ces mots des apôtres : « Seigneur, augmente en nous la foi ! »

Portons dans la prière ( 27 sem ordi C)


Avec Dieu, tout est possible, nous dit Jésus. Alors demandons lui maintenant même ce qui nous semble impossible.

Beaucoup de chrétiens sont aujourd’hui perturbés dans leur foi.

Les violences, les souffrances de toutes sortes

leur font douter de l’amour de ce Dieu que l’on dit « bon ».

Pour que notre foi soit soutenue par une vie intérieure profonde

mais aussi par le vécu de toute la communauté des croyants.
Seigneur nous te prions.

De nombreux pays sont déchirés par des conflits interminables

et sont en plus accablés par la famine et toutes sortes de calamités.
Pour que les chrétiens réalisent l’impossible afin de leur venir en  aide.

Seigneur nous te prions.

Beaucoup de parents sont aujourd’hui angoissés et parfois découragés

par les difficultés croissantes avec leurs enfants.

Pour qu’ils trouvent dans leur communauté de vie

non pas des jugements et des reproches mais le soutien,

l’accueil et la chaleur dont ils ont besoin.

Seigneur nous te prions.

Maître de l’impossible, Dieu Père nous te prions, accorde-nous d’être au milieu du monde d’ardents témoins de ta fidélité et de courageux serviteurs de l’Evangile. Amen

L’amour jette dehors la peur


« Sans peur ni reproche », c’état la devise des chevaliers, jadis. Mais ne rêvons pas : nous connaissons tous la peur, sous une forme ou sous une autre. Le bébé a peur de perdre sa maman, et l’élève de rater ses examens. La crainte de l’avenir est toujours présente. Boucler les fins de mois, payer le crédit. Garder l’affection du proche, le respect de l’adolescent, la reconnaissance de ma valeur. Ne pas être atteint par la maladie, l’accident, la déprime. La personne âgée a peur de devenir dépendante…

Cette peur de vivre, c’est déjà la traduction de la peur de mourir.

Mais aujourd’hui l’apôtre Paul nous assure : « Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné. » Le Dieu de Jésus Christ n’est pas un Dieu de terreur, de toute-puissance, de règlement de comptes. La vraie question est celle-ci : « Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? »

L’Esprit en nous se fait espérance face aux dérives de ce monde vers le profit, la violence, le mépris.

Saint Paul parle d’un « esprit de force, d’amour et de raison ». Force pour refuser tout esclavage, tendresse qui devient la loi de notre vie, raison pour échapper à tout fanatisme. « L’amour jette dehors la peur. » (1 Jn  4,18)

Avec l’automne…


Credo 27 dim ordi C


Je crois en Dieu Père,

il a créé le monde entier pour réunir toutes choses en Christ.

Il veut que tous les humains vivent ensemble

comme des frères et des sœurs, en une seul famille.

Je crois en Jésus le Fils,

qui s’est fait homme, qui est mort et qui est ressuscité en gloire,

réconciliant le monde

et renversant les barrières de religion et de classe,

de race et de culture.

Je crois en l’Esprit Saint,

qui est la promesse du Royaume qui vient.

Par la foi, il nous fait prendre conscience

que tout nous est donné,

et que, lorsque nous avons travaillé dans l’amour,

nous sommes des serviteurs inutiles.

Je crois à l’Eglise,

lorsqu’elle nous stimule à aimer et servir tous les humains,

à lutter pour la justice et la paix

et lorsqu’elle appelle le monde à reconnaître ici et maintenant le règne de Dieu.

Aimer sans rien attendre en retour


« Des serviteurs inutiles »


  • Un serviteur quelconque ! Voilà ce que tu es, toi qui t’occupes tant d’aumônerie ! Ce n’est guère encourageant.
  • Tu peux même dire, en suivant certaines traductions, un esclave inutile !
  • Encore plus réconfortant !
  • Mais tu sens bien que l’expression est faite pour choquer. Dans la parabole d’ailleurs, l’adjectif ne signale pas la fainéantise, mais l’absence de tout droit lié au travail accompli.
  • Donc l’expression ne nie pas nos efforts et nos œuvres ?
  • Bien sûr que non. Dieu a voulu avoir besoin des hommes. Il compte sur nous.
  • Mais si je comprends bien, aucun n’est indispensable.
  • Exact.
  • Nous avons juste à faire notre devoir humblement.
  • Oui, un service fidèle, non par calcul de la récompense, mais par amour.
  • Et donc sans prétendre avoir des droits sur Dieu.
  • Oui, car devant Dieu, l’homme est nu de tout mérite.
  • Finalement, n’est-ce pas ainsi que nous devrions toujours nous comporter, surtout quand nous avons des responsabilités et un peu de pouvoir ?

la foi: un objet de consommation?


Il dit à ses apôtres…


II dit à ses apôtres : « Avec un brin de foi, une toute petite graine, vous diriez au grand arbre : `Déracine-toi et va te planter dans la mer’, il vous obéirait. » Et alors j’ai pensé au succès actuel à la télévision du merveilleux, des gourous, des devins, des voyantes, et même des exorcistes, des vrais qui expliquaient que le diable existe et qu’ils l’ont rencontré. Et je me suis demandé si nous-mêmes, parfois, nous ne confondions pas foi et crédulité, peut-être pour retrouver ici tous les fidèles que l’on perd autre part. Un arbre dans la mer !

II leur disait encore : Quand un serviteur rentre d’avoir gardé les bêtes ou labouré la terre, on ne dit pas « viens à table », mais « sers-moi mon repas, tu mangeras après. » Et c’est tellement vrai. Car on en voit combien de ces bons serviteurs qui, depuis tant d’années, se sont mis au service d’une société, d’une firme, d’une entreprise, et que l’on remercie parce que devenus plus chers qu’un apprenti, qu’un jeune. Et combien de travailleurs, sans qui rien ne tournerait, fidèles, réguliers, qui ne sont pas reconnus à leur juste valeur. Quantités négligeables et serviteurs quelconques.

Un arbre dans la mer, des serviteurs quelconques. Et il y en a beaucoup de serviteurs quelconques. Ces laïcs au service de nos communautés, qui visitent les malades, assurent la catéchèse, qui président et animent des célébrations, à qui l’on fait sentir qu’ils ne sont que laïcs. Ces femmes engagées et qui n’ont cependant qu’un statut de seconde zone, parce qu’elles ne sont « que femmes ». Et tous ceux et celles qui, patiemment et sans bruit, arrachent les racines des violences, des haines, des injustices, des exclusions. Des serviteurs quelconques mais bien plus merveilleux qu’un arbre dans la mer.