Archives de Catégorie: cela porte à la réflexion

J’aurai souhaité…

Aimer le prochain

Maître, qui dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ?

C’est une très bonne question… et tu y répondras, Seigneur

Cependant tu n’es pas venu pour discuter sur de belles et savantes théories.

Le docteur de la Loi voudrait t’entraîner sur ce terrain.

Tu le ramènes dans le concret en l’interrogeant à ton tour :

Dans la loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Que lis-tu ?

Autrement dit  Dieu a parlé, ne va pas chercher  ailleurs !

Pris à son piège, le spécialiste de la Loi donne la bonne réponse :

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… Tu aimeras ton prochain…

Tu l’as amené à l’essentiel ; et tu en tires une conclusion qui l’engage :

Fais ainsi et tu auras la vie !

Apprends-nous, Seigneur Jésus, à moins discutailler pour mieux écouter :

À moins bavarder pour agir mieux et plus !

Qui donc est mon prochain ?

L’homme reste néanmoins dans son désir de « discuter ».

Patiemment tu le fais revenir sur terre avec un exemple bien concret.

Tu lui poses une nouvelle question qui va changer la sienne et l’interpeller.

Ce n’est plus : qui est mon prochain ?

C’est : qui se fait proche de l’homme dans le besoin.

Le docteur de la loi, devenu élève, donne de nouveau une bonne réponse.

Tu conclus alors en l’invitant à tirer une conséquence concrète :

Va, et toi aussi, fais de même !

Seigneur, tu ne t’es pas contenté de parler ; avant tout, tu as agi.

Tu es ce Bon Samaritain. Tu es descendu vers nous.

Tu veux te faire « proche » de chacun,

Si proche que tu as partagé notre nature humaine, nos souffrances, notre mort.

Par tes sacrements, tu continues de venir panser nos plaies…

Par l’Eucharistie surtout, tu prends soin de nous de chacun…

Tu es notre pain de vie… de vie éternelle.

Béni sois-tu, Seigneur… et donne-nous de te ressembler !

Prière pour le voyageur

Ô toi Dieu très présent
Guide-nous dans la paix
Vers laquelle nous voulons aller.
Permets que nous atteignions
Notre but sans encombre.
Protège-nous de tous les dangers
Pendant que nous voyageons
Sur terre, sur mer ou dans les airs.
Ouvre nos yeux et notre cœur
Afin que nous voyions ton visage
A travers la beauté du monde et
De la rencontre du prochain.
La création que nous découvrons
Avec étonnement,
Jour après jour,
C’est la tienne, Seigneur.
Tu es merveilleux.
Nous te remercions.
Amen.

Aumônerie de l’aéroport de Paris

Vos enfants ne sont pas vos enfants

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit :
Parlez-nous des enfants.

Et il dit :
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour,
Mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps, mais non pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain,
Que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.
Vous pouvez être les arcs par qui vos enfants 
Comme des flèches vivantes sont projetés. 
L’archer voit le but sur le chemin de l’infini, 
Et il vous tend Sa puissance pour que ses flèches 
Puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’archer soit pour la joie :
Car de même qu’il aime la flèche qui vole,
Il aime l’arc qui est stable.
 
Khalil Gibran

Roulons la pierre… nos pierres…

Laissons tomber la pierre qui étouffe notre cœur. Nous aussi nous pouvons à nouveau être libre de toute peur, de tous soucis, de toute angoisse face aux épreuves qui nous attendent. Ce n’est qu’en laissant la pierre tomber que nous pourrons faire l’expérience de Pâques, que nous pourrons ressusciter à notre tour. Laissons aussi tomber les plus petites pierres, celles que nous aimons jeter sur les autres !

Cette expérience de la résurrection, de la renaissance et de la libération du poids de nos fautes, nous sommes invités à la vivre aujourd’hui mais aussi chaque jour de notre vie. Chaque jour nous pouvons fêter la Pâques de notre vie. À chaque instant, un voisin, un collègue, un ami ou même moi-même, peut faire surgir une pierre dans notre jardin, dans notre cœur… une pierre sur notre chemin qui risque de nous faire trébucher. Aujourd’hui, Jésus nous fait comprendre que nous ne sommes plus seuls à vouloir faire rouler cette pierre sur le côté. Il est là, chaque jour de notre vie, à nous aider pour être libre. Il est là par pure bonté, comme il a accepté de mourir pour nous. Il est là à côté de nous pour pousser cette pierre trop lourde.

Il nous libère alors même que nous n’avons souvent rien demandé. Mais ce qui compte c’est ce que nous allons faire désormais de notre vie. Allons-nous continuer notre route comme si de rien n’était ? Ou allons-nous courir, annoncer la bonne nouvelle aux autres pour qu’eux aussi soient libérés ? Pâques est vraiment une fête que nous ne pouvons vivre qu’en communauté. Notre joie doit se communiquer, notre joie est libératrice.

Qu’est-ce que ressusciter ?


C’est quitter notre corps de chenille collée à la terre et devenir papillon aux ailes déployées dans la lumière
Quitter le côté ombragé de la vallée et découvrir son versant ensoleillé
Rompre les amarres de notre planète Terre et voguer vers l’océan de l’infini
Abandonner les limites du temps qui fuit et entrer dans l’éternel aujourd’hui
Briser le cercle étroit de la famille et être accueilli par une multitude de sœurs et de frères
Comprendre les mystères de la création devant la beauté de son ultime réalisation
Se laisser fasciner par un buisson ardent et devenir fou d’amour en le contemplant
Continuer de grandir en lumière et vie dans le rayonnement créateur de son esprit
Communier à une multitude de visages transfigurés et s’émerveiller de la légèreté de notre corps lumineux
Moissonner les gerbes d’amour dans la joie semées dans la douleur et les larmes, autrefois
Se sentir envahi par une surabondance d’amour que nous pouvons partager avec
ceux que nous aimons et qui marchent encore dans les ténèbres de la terre, à tâtons.

Michel Hubaut

Une foi à naître

Une foi à naître

           IL VIT ET IL CRUT. » Nous      retrouverons aussi ce thème dimanche prochain. Autant dire l’importance que jean lui accorde.Même si nous sommes invités à entrer dans la béatitude de ceux qui ont « cru sans avoir    vu », il est bon de nous inter­roger sur les contenus respectifs des visions de Thomas et de « l’autre dis­ciple », car ils nous donnent matière à méditer.       Si Thomas accède à la foi, c’est grâce à l’irruption du Ressuscité dans sa        vie, lequel se donne à voir, entendre, toucher et reconnaître. Une expérience unique sur laquelle repose la foi de l’Église, mais qui n’est pas sans évoquer la nôtre quand Dieu se fait proche par sa Parole, sous les espèces

du pain et du vin ou dans la prière. L’expérience de « celui que Jésus aimait » apparaît tout autre. Lui aussi a « vu ». Mais s’il a cru, c’est sur la base d’une pierre roulée, d’un tombeau vide, d’un corps absent et peut‑être d’une réminiscence de l’Écriture selon laquelle Jésus devait ressusciter. Une expérience curieuse à rappeler en un jour de fête! Mais n’est‑ce pas là nous suggérer que la foi peut tout aussi bien naître d’une présence que d’une absence, d’une parole que d’un silence, d’un vide que d’un plein? Ces versets ne nous invitent-­ils pas à cette qualité de vigilance qui nous fait percevoir le mouvement de la vie, aussi ténu soit‑il, et à cette audace qui, au‑delà de nos « préhen­sions » de Dieu, nous incite à nous ris­quer dans la confiance et la paix du coeur.