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Jésus et le Livre


QUAND JÉSUS arrive à la synagogue de Nazareth, il fait la lecture du Prophète Isaïe. « L’Esprit du Seigneur est sur moi ». L’évangéliste Luc nous introduit dans le récit de la vie de jésus pour que nous rendions bien compte de la solidité des enseignements que nous avons reçus. Rouleaux de la Loi, Ancien Testament et Nouveau Testament sont autant d’écrits qui nous parlent de Dieu. Dans le Nouveau Testament, la parole de Dieu prend vie en jésus et il est lui-même la Parole comme le dit saint jean dans le prologue. La parole de jésus suscite toute une activité qui peut devenir la nôtre: porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres… Et quand jésus referme le Livre, ses auditeurs méditent, réfléchissent, et sans aucun doute

se mettent en route pour annoncer à leur tour tout ce que Jésus vient de révéler. Comment ne pas se laisser toucher par sa parole quand elle s’accomplit devant nous? N’est-ce pas le rôle de la liturgie dominicale de nous donner l’occasion de se laisser toucher par cette parole biblique qui s’accomplit en nous, dans nos coeurs, dans nos communautés, et dans tous nos lieux de vie ? Si Jésus annonce, qu’attendons-nous pour annoncer et pour vivre cette parole ?

La communauté chrétienne est le lieu de la parole, de la prière, des sacrements signes de la présence active du Seigneur en chacun de ses membres « désaltérés par le même Esprit ».

Il était revenu dans son pays…


II était revenu, dans son pays, en Galilée. Et dans toute la région, il devenait célèbre, on faisait son éloge. Et même à Nazareth, son village natal, où il avait grandi, il prenait la parole dans la synagogue. Ainsi, dès le départ, donnait-il la couleur. Non, il ne serait pas un de ces spécialistes qui sortent des grandes écoles, tout bardés de diplômes, qui viennent de la ville sainte, avec une auréole et munis d’un mandat. Mais il serait un homme, un vrai, bien de chez nous, avec les pieds sur terre. Pas un homme du passé, ou de loin, ou d’ailleurs, mais un homme d’aujourd’hui.

Ainsi donc au village, chez lui, à Nazareth, ce jour-là, il s’assit, en refermant le livre. Tous, à la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Et voici qu’il leur dit : « Cette parole d’Ecriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. » Ce n’est pas pour plus tard, dans un monde futur, lointain, hors de portée. Une sorte de grand soir qui permet de rêver. Une sorte d’opium pour que le peuple attende : priez, nous ferons le reste. Une de ces promesses qui vous démobilise. Parce que le bonheur, c’est toujours pour plus tard. Mais non, dit-il, pour aujourd’hui.

Et c’est à nous maintenant, dans notre Galilée, à prendre le relais. Pour que la Bonne Nouvelle soit annoncée aux pauvres. Pour que les prisonniers retrouvent la liberté. Et pour que les aveugles découvrent la lumière. Pour que les immigrés trouvent accueil et gîte. Pour que ceux qui ont faim gagnent de quoi manger. Pour que ceux qui ont froid gagnent de quoi se loger. Pour que tous les exclus, par les sociétés comme par les religions, les nations, les Eglises, retrouvent une juste place. II n’y a pas de temps à perdre. Car c’est pour aujourd’hui.

Introduction aux lectures 3ème dim ordi C


Néhémie: Après un désastre national, il faut tout rebâtir. Pour les Juifs revenus d’exil, ce renouveau se fait autour de la Parole de Dieu. C’est l’origine de l’institution de la synagogue, le lieu que Jésus choisira pour révéler sa mission.

Corinthiens: Pour expliquer la nécessité de charismes divers, Paul compare l’Eglise au corps humain. Il y a une hiérarchie des membres, mais tous sont nécessaires. Le corps ecclésial comporte une nouveauté radicale: les membres forment le Corps du Christ parce qu’ils ont reçu le baptême. Au sommet de la hiérarchie des services, il y a les porteurs de la Parole de Dieu: apôtres, prophètes, hommes et femmes chargés d’enseigner.

Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21

A partir de ce dimanche, nous lisons le récit du ministère de Jésus dans l’Evangile selon Saint Luc. C’est une épiphanie, comme à son baptême, et ensuite par tout son parcours, Jésus se manifeste investi par l’Esprit-Saint.

« L’amour à l’oeuvre»


Louez le Dieu Epoux ! Célébrez l’alliance de Dieu avec son peuple, avec l’Eglise, avec l’humanité ! Chacun de nous est appelé à devenir « sa joie ». « Tu seras la joie de ton Dieu » : cette parole nous ouvre un avenir qui donne sens à notre vie, et l’évangile des noces de Cana, en faisant écho à la première lecture, laisse apparaître le visage de l’Epoux, dont la gloire se manifeste « aujourd’hui ».

Une gloire qui relève du mystère de la foi : la capacité du Jésus à glorifier son Père en nous sauvant et son amour à l’œuvre en chacun, selon les dons divers que la 2ème lecture évoque. La mise en commun de ces dons est notre richesse.

Si telle communauté, où la hiérarchie ou tel groupe influent, s’appropriait ce qui est don gratuit, le visage de l’Eglise s’obscurcirait et le monde n’y trouverait plus celui de l’Epoux.

Tout devient possible


Ne sommes-nous pas étonnés, en contemplant la scène de l’évangile, de voir que ce sont les invités au repas de noces dont Jésus fait partie qui vont trouver la solution au manque de vin ? D’habitude, si cela devait se produire, ce serait au Maître du repas, de pallier cette pénurie… Ici, il n’en est rien. C’est Marie, la mère du
Seigneur, qui agit la première en informant son Fils de l’urgence de la situation, confi ante dans ce qu’il fera. Elle le fait avec son coeur de femme et ses yeux de mère de famille qui voient le problème pour les convives, comme si c’était elle qui avait la responsabilité du repas. À travers cet épisode, et les autres lectures, nous pouvons tirer de nombreux enseignements. Chacun, chacune, nous avons reçu des dons particuliers. Nous ne les possédons pas tous, certes, mais lorsque ces dons sont mis en commun, alors tout devient possible. L’unique
condition : ne jamais oublier que seul l’Esprit de Dieu fait l’unité dans cette diversité de charismes. Marie, en intervenant la première, manifeste sa grande attention face à une difficulté. Elle ne se dérobe pas. Tous, nous avons reçu une parcelle de la mission à faire fructifier avec les talents qui sont les nôtres. Un autre enseignement nous vient du livre d’Isaïe : Dieu, l’Époux par excellence ne renonce jamais à ceux qu’il s’est choisis : « Le Seigneur met en toi sa préférence et ta contrée aura un époux. » C’est dans une situation où tout semble bloqué, que surgit sa prévenance. Jamais il n’abandonne. En ce début d’année, mettons nos talents en lumière… quelqu’un attend que nous venions lui apporter notre soutien.
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Quels gestes accomplir?…


SOUVENT, comme les serviteurs des noces de Cana, nous aimerions que jésus nous dise ce que nous avons à faire. Quels gestes accomplir, quels choix opérer, quelles paroles prononcer pour voir, sous nos yeux, les eaux troubles de notre quotidien se transformer en vin de fête ?

Quel petit – oh, tout petit! – miracle tenter de réaliser chaque jour, en nous et autour de nous, pour que le monde aille un peu mieux et qu’advienne le Royaume…

La foi nous invite, encore et toujours, à chercher quelle est notre «vocation»: celle qui, certes, engage les grandes décisions de l’existence, mais celle aussi qui, chaque matin, nous invite à répondre au mieux, devant la journée qui s’annonce, à l’appel du Christ.

C’est en effet dans la multitude des petits choix qui parsèment notre journée – et où nous acceptons de nous donner ou au contraire de nous dérober – que peut se faire la miraculeuse transformation des eaux de nos « déluges », l’eau tempétueuse de nos « mers intérieures » en vin joyeux de la Pâque et de la Résurrection. Que vais-je faire, Seigneur, de ce jour (en couple, en famille, en communauté, au travail…), pour que, par mes mains, mes gestes et ma parole, tu accomplisses ton miracle?

Méditer le serment du prophète Isaïe : « je ne prendrai pas de repos avant que sa justice ne se lève comme l’aurore » et laisser féconder ma prière par la douce injonction de Marie: « Faites tout ce qu’il vous dira… »

De consentement en consentement


Seule, elle a fait une rencontre bouleversante et déterminante. Une annonce qu’elle gardera au cœur toute la vie, même au pied de la Croix. Elle a cherché à comprendre, pas pour remettre en cause, mais pour être sûre de ce qu’elle aurait à faire… et elle a consenti : « Qu’il me soit fait selon ta parole. » C’est ainsi qu’elle a vu sa vie basculer dans une aventure qui jusqu’au bout la mènera de surprise en surprise, de consentement en consentement. Aussi, lorsque vient à manquer le vin à Cana et qu’elle suggère au fils de sa chair que l’on pourrait peut-être faire quelque chose pour que la fête continue, elle est à nouveau surprise, mais elle consent. Surprise par la manière dont son fils l’interpelle : « Femme ! » Surprise par la mise à distance : « Que me veux-tu ? » Surprise par l’évocation de « l’heure ». Mais elle consent. Elle consent à l’inconnu, elle consent à l’agir surprenant de ce fruit de ses entrailles… Et dans ce consentement, elle entraîne les serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira. » À l’Annonciation chez Luc correspondent les noces de Cana chez Jean. Comme si Marie transmettait à l’Église quelque chose de son expérience personnelle. L’acte de foi qu’elle a posé dans sa vie personnelle et dans la solitude, elle le pose à nouveau au début de la vie publique de Jésus et en public. Elle devient ainsi la figure de l’Épouse, librement soumise à l’agir de celui qui va se révéler comme le véritable Époux. Déjà, elle enfante l’Église en lui apprenant à faire ce que dit Jésus. Elle est la joie de son Dieu pour que nous devenions nous-mêmes la joie de notre Dieu.


Méditation du … 2ème Dimanche ordinaire (C)

Pour cette Semaine de l’Unité qui commence aujourd’hui, la liturgie met en valeur l’abondance de la joie offerte à tous ceux – l’humanité entière – qui acceptent de faire « Alliance » avec Dieu»

Allons-nous faire confiance à Isaïe lorsque, en tant que prophète, il dit au peuple de Dieu: « Viendra le jour où on te nommera Ma Préférée, car le Seigneur met en toi sa préférence»?  La préférence dont il s’agi n’est pas un caprice de Dieu qui choisirait celui-ci et exclurait celui-là… Nous sommes préférés parce que chargés de mission, d’une mission exigeante et risquée : faire connaître à tous la grandeur et la bonté de Dieu.

Cette mission, qui est un don, nous l’accomplissons de diverses manières. L’apôtre Paul nous affirme que c’est l’Esprit Saint qui agit en nous, plus précisément en chacun de nous, selon nos possibilités et nos choix : les uns sont davantage priant, d’autres davantage agissant ; les uns sont plus traditionnels, les autres plus innovants ; les uns sont inconditionnels, les autres volontiers critiques… « Mais, écrit saint Paul, celui qui agit en tout cela, c’est le même et unique Esprit ». S’accepter différents, se reconnaître complémentaires, ne pas vouloir convertir l’autre à soi… telles sont les exigences de l’unité voulue dans l’Eglise.

L’évangile de ce jour nous présente, selon saint Jean, le début de la mission publique de Jésus, et également, le rôle privilégié de Marie. L’évènement se passe au cours d’un repas de noces. N’est-ce pas nous dire que l’amour partagé est déjà présence de Dieu en nous et dans le monde ? N’est-ce pas nous dire que le but de toute l’humanité est de prendre part un jour au festin nuptial éternel (les « noces de l’Agneau », dit la Bible) ?

La mission de Marie est cette attention perspicace et discrète qui lui fait dire à Jésus : ils n’ont plus de vin », c’est-à-dire aussi bien : « ils n’ont plus de joie », car c’est le vin de la joie qui manque. Est-ce parce qu’elle est maternelle qu’elle pressent « l’heure » de Jésus, cette heure où il va se révéler comme Messie ? On a pu parler d’un second accouchement, puisqu’il s’agissait pour le Christ de paraître au grand jour, c’est-à-dire de « manifester sa gloire ». Jésus a-t-il voulu que soit reconnu le lien mystérieux qui unissait le fils à sa mère : « Qu’y a-t-il entre toi et moi ?

C’est à profusion que Jésus donne sa joie aux mariés de Cana, mais surtout à nous tous par la vie eucharistique…

La phrase de Marie aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira » signe son humilité, une humilité que nous ne devons pas trahir en isolant de son Fils cette femme au grand cœur.

L’Epoux divin


Il y avait un mariage à Cana en Galilée…

Cana : un village dont la Bible n’avait jamais parlé.

La Galilée : une région méprisée à cause du mélange des Juifs et de païens.

C’Est là, Seigneur, que tu inaugures ta mission de Messie.

Et tu le fais en procurant du bon vin en abondance à un repas de noces !

Quel mystère !

On dirait, Jésus, que tu fournis déjà des arguments à tes futures adversaires.

C’est un glouton et un ivrogne ! dira-t-on (Lc 7,34).

Que ton Esprit nous éclaire sur ce premier signe que tu accomplis à Cana.

Un repas de noces : c’est la joie d’une alliance qui se noue.

Tu es venu sur terre pour rétablir l’Alliance entre Dieu et l’humanité,

cette alliance que le péché de l’homme avait brisée.

Tu épouses notre nature humaine pour nous faire partager ta nature divine.

Voilà ce que ta participation aux noces de Cana exprime déjà.

Tu développeras plus tard ce message avec des paraboles.

Tu es l’Epoux divin venu faire alliance avec tous, Juifs, païens.

Comme à cette fête de village, tous sont invités à tes noces !

Convoquez à la noce tous ceux que vous trouverez (Mt 22,9).

Tu offres du bon vin en abondance, le vin de ton amour et ta joie :

Les invités ne jeûnent pas quand l’époux est avec eux. (Lc 5,34).

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit.

Ce signe se poursuit depuis deux mille ans dans les sacrements de l’Eucharistie.

Sans cesse, tu nous invites au festin des noces de l’Agneau (Ap 19,9).

Tu nous offres la coupe de ton sang,

le sang de l’Alliance Nouvelle et Eternelle, versé pour la multitude.

A Cana, tu manifestas ta gloire et tes disciples crurent en toi.

Tu révélas qui tu étais : c’est-à-dire le Messie promis, l’Epoux divin.

Que notre rencontre avec toi à la messe fortifie notre foi !

Qu’elle nous fasse vivre dans la vérité et la joie de l’Alliance !

L’Alliance est don de soi : tu te donnes à nous par la communion…

Que Marie nous aide à nous livrer à toi, totalement, à son exemple !

A nous aussi, elle dit : Faites tout ce qu’il vous dira !

Méditation :   Les noces de Cana


Il y avait un mariage à Cana en Galilée.

La mère de Jésus était là.

Jésus aussi avait été invité au repas de noces avec ses disciples…

Il y avait un mariage à Cana en Galilée…

Tu commences ton ministère en prenant part à un repas de noces…

Certains esprits grognons ont dû penser ;

« Voilà une curieuse façon d’annoncer la Parole de Dieu ! »

On te le reprochera. Tu t’en es rendu compte,

Puisqu’un jour tu diras :

Le Fils de l’homme est venu, il mange et il boit et l’on dit :

C’est un glouton et un ivrogne !  (Mat  11,19)

En agissant ainsi, tu es pourtant dans la ligne des Prophètes :

Ils proclamaient le message de Dieu

Autant par des gestes symboliques que par des paroles.

Que veux-tu donc nous dire par cette participation à des noces ?

Tu nous renvoies à la Bible :

L’image des noces exprime l’amour de Dieu pour son peuple.

Ton geste nous rappelle l’alliance nouvelle annoncée par Jérémie :

En ces temps-là (quand le Messie viendra).

Je mettrai ma loi au fond de leur être  (Jér. 31.33)

Par tes paraboles, tu expliqueras la magnifique réalité :

Le Royaume des cieux est semblable à un festin de noces… (Mt 22)

Tu as épousé notre humanité pécheresse

Pour l’élever jusqu’à ta divinité.

Tu invites chacun à vivre une alliance d’amour avec toi.

Le vin manqua…

Dans la Bible, le vin est le symbole de la joie

Et de la bénédiction divine.

Le vin qui manque exprime la détresse des hommes loin de Dieu.

Tu as vu cette détresse et tu es descendu parmi nous

Pour que nous ayons la plénitude de ta joie (Jn 17,15)

Tu le diras à tes disciples au dernier soir de ta vie.

Mais dès le début de ton apostolat

Tu le manifestes à Cana par ces noces :

Et tu ne lésines pas sur les moyens :

  • six cuves, environ 6OO litres !

il en faut pour tous les hommes de la terre !

et pas du vin ordinaire, du vraiment « supérieur »

comme on en n’avait jamais goûté !

le bon vin gardé jusqu’à maintenant,

celui de ton amour pour nous.

Merci, Seigneur, pour l’alliance de mon baptême,

Merci pour ce bon vin de la célébration eucharistique,

Et qui est ton sang, ta vie de ressuscité…

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