Roulons la pierre… nos pierres…

Laissons tomber la pierre qui étouffe notre cœur. Nous aussi nous pouvons à nouveau être libre de toute peur, de tous soucis, de toute angoisse face aux épreuves qui nous attendent. Ce n’est qu’en laissant la pierre tomber que nous pourrons faire l’expérience de Pâques, que nous pourrons ressusciter à notre tour. Laissons aussi tomber les plus petites pierres, celles que nous aimons jeter sur les autres !

Cette expérience de la résurrection, de la renaissance et de la libération du poids de nos fautes, nous sommes invités à la vivre aujourd’hui mais aussi chaque jour de notre vie. Chaque jour nous pouvons fêter la Pâques de notre vie. À chaque instant, un voisin, un collègue, un ami ou même moi-même, peut faire surgir une pierre dans notre jardin, dans notre cœur… une pierre sur notre chemin qui risque de nous faire trébucher. Aujourd’hui, Jésus nous fait comprendre que nous ne sommes plus seuls à vouloir faire rouler cette pierre sur le côté. Il est là, chaque jour de notre vie, à nous aider pour être libre. Il est là par pure bonté, comme il a accepté de mourir pour nous. Il est là à côté de nous pour pousser cette pierre trop lourde.

Il nous libère alors même que nous n’avons souvent rien demandé. Mais ce qui compte c’est ce que nous allons faire désormais de notre vie. Allons-nous continuer notre route comme si de rien n’était ? Ou allons-nous courir, annoncer la bonne nouvelle aux autres pour qu’eux aussi soient libérés ? Pâques est vraiment une fête que nous ne pouvons vivre qu’en communauté. Notre joie doit se communiquer, notre joie est libératrice.

Qu’est-ce que ressusciter ?


C’est quitter notre corps de chenille collée à la terre et devenir papillon aux ailes déployées dans la lumière
Quitter le côté ombragé de la vallée et découvrir son versant ensoleillé
Rompre les amarres de notre planète Terre et voguer vers l’océan de l’infini
Abandonner les limites du temps qui fuit et entrer dans l’éternel aujourd’hui
Briser le cercle étroit de la famille et être accueilli par une multitude de sœurs et de frères
Comprendre les mystères de la création devant la beauté de son ultime réalisation
Se laisser fasciner par un buisson ardent et devenir fou d’amour en le contemplant
Continuer de grandir en lumière et vie dans le rayonnement créateur de son esprit
Communier à une multitude de visages transfigurés et s’émerveiller de la légèreté de notre corps lumineux
Moissonner les gerbes d’amour dans la joie semées dans la douleur et les larmes, autrefois
Se sentir envahi par une surabondance d’amour que nous pouvons partager avec
ceux que nous aimons et qui marchent encore dans les ténèbres de la terre, à tâtons.

Michel Hubaut

Une foi à naître

Une foi à naître

           IL VIT ET IL CRUT. » Nous      retrouverons aussi ce thème dimanche prochain. Autant dire l’importance que jean lui accorde.Même si nous sommes invités à entrer dans la béatitude de ceux qui ont « cru sans avoir    vu », il est bon de nous inter­roger sur les contenus respectifs des visions de Thomas et de « l’autre dis­ciple », car ils nous donnent matière à méditer.       Si Thomas accède à la foi, c’est grâce à l’irruption du Ressuscité dans sa        vie, lequel se donne à voir, entendre, toucher et reconnaître. Une expérience unique sur laquelle repose la foi de l’Église, mais qui n’est pas sans évoquer la nôtre quand Dieu se fait proche par sa Parole, sous les espèces

du pain et du vin ou dans la prière. L’expérience de « celui que Jésus aimait » apparaît tout autre. Lui aussi a « vu ». Mais s’il a cru, c’est sur la base d’une pierre roulée, d’un tombeau vide, d’un corps absent et peut‑être d’une réminiscence de l’Écriture selon laquelle Jésus devait ressusciter. Une expérience curieuse à rappeler en un jour de fête! Mais n’est‑ce pas là nous suggérer que la foi peut tout aussi bien naître d’une présence que d’une absence, d’une parole que d’un silence, d’un vide que d’un plein? Ces versets ne nous invitent-­ils pas à cette qualité de vigilance qui nous fait percevoir le mouvement de la vie, aussi ténu soit‑il, et à cette audace qui, au‑delà de nos « préhen­sions » de Dieu, nous incite à nous ris­quer dans la confiance et la paix du coeur.

Pâques : Chemin de Pâques

Pâques : Chemin de Pâques

Quand la nuit est là, quand la lumière n’a pas de nom en dehors de la foi,
Dieu de toute aurore, avec ton Fils en agonie, nous voulons Te bénir encore.

Quand la blessure est là, quand la vie n’a pas de nom en dehors de ta volonté,
Dieu affrontant toute mort avec le Fils blessé à jamais, nous voulons Te glorifier encore.

Quand la lutte est là, quand la victoire n’a pas de nom en dehors de l’amour,
Dieu toujours plus fort, avec le Fils héritier de nos morts, nous voulons T’adorer encore.

Christian de Chergé

Dieu, un ami du silence

Dieu, un ami du silence

Au commencement de la prière se trouve le silence.
Si nous voulons prier, il nous faut d’abord apprendre à écouter car, dans le silence du cœur, Dieu parle.
Et pour être en mesure de vivre ce silence et d’entendre Dieu, il nous faut un cœur limpide car il est seul capable de voir Dieu, d’entendre Dieu, d’écouter Dieu.
Alors seulement, de la plénitude de nos cœurs, nous pouvons parler à Dieu. Et Il écoute.
Mais nous ne pouvons pas parler à moins d’avoir écouté, à moins d’être en contact avec Dieu dans le silence de nos cœurs.
La prière n’est pas censée nous torturer, nous mettre mal à l’aise, nous troubler.
Il faut s’en réjouir à l’avance : parler à mon Père, parler à Jésus, celui auquel j’appartiens, corps et âme, esprit et cœur.
Réfléchissons donc au silence de l’esprit, des yeux et de la langue.
Le silence de l’esprit et du cœur. La Vierge Marie « gardait précieusement tous ses souvenirs et les méditait en son cœur ». Ce silence la rapprochait de notre Seigneur de sorte qu’elle n’a jamais eu à regretter quoi que ce fût. Rappelez-vous ce qu’elle fit quand saint Joseph fut troublé. Un seul mot de sa part aurait dissipé tout soupçon, mais elle ne le prononça pas et c’est le Seigneur Lui-même qui accomplit le miracle d’attester son innocence.
Si seulement nous étions aussi convaincus de la nécessité du silence ! Je crois qu’alors la voie vers l’union intime avec Dieu serait bien dégagée.
Puis nous avons le silence des yeux, celui qui nous aidera toujours à voir Dieu.
Nos yeux sont comme deux fenêtres par lesquelles, le Christ ou le monde parviennent jusqu’à nos cœurs. Il nous faut souvent beaucoup de courage pour les garder clos. Ne disons-nous pas souvent : « Si seulement je n’avais pas vu telle ou telle chose ! » Et cependant nous nous donnons si peu de peine pour surmonter le désir de tout voir.
Par le silence de la langue, nous apprendrons beaucoup : à parler au Christ, à rester joyeux en tout temps et à avoir quantité de choses à dire.
Le Christ nous parle par l’intermédiaire d’autres personnes et, lorsque nous méditons, il nous parle directement.
Dieu est ami du silence. Nous avons soif de trouver Dieu, mais il ne se laisse découvrir, ni dans le bruit ni dans l’agitation.
Voyez comme la nature, les arbres, les fleurs et l’herbe croissent dans un profond silence.
Voyez comme les étoiles, la lune et le soleil se déplacent en silence.
Plus nous recevons dans une prière silencieuse, plus nous pouvons donner dans notre vie active.
Le silence nous donne un regard neuf sur toutes choses. Nous avons besoin de ce silence afin de toucher les âmes. L’essentiel n’est pas dans ce que nous disons, mais dans ce que Dieu nous dit et dans ce qu’il transmet par notre intermédiaire. C’est en silence que toujours Jésus nous attend.
Dans ce silence, il nous écoutera ; c’est là qu’Il parle à nos âmes et c’est là que nous entendrons sa voix. Dans ce silence, nous trouverons une énergie nouvelle et une véritable unité.
L’énergie de Dieu sera nôtre pour bien accomplir toutes choses dans l’unité de nos pensées avec les siennes, l’unité de nos actions avec les siennes, de notre vie avec la sienne.

Mère Teresa

Comme un arbre

Comme un arbre,
laisser courir en moi la vie
jusqu’au bout de mes branches.
Comme un arbre,
plonger mes racines au plus profond de mon humanité,
aussi loin, aussi bas que moi-même,
sans craindre les pierres,
la roche dure, les creux immenses et vides.
Comme un arbre,
m’élancer bien droit de tout mon être,
vers toi, Seigneur, plus haut que moi-même,
de toutes mes branches tordues, cassées et trop courtes.
Comme un arbre,
m’émerveiller de toi, mon arbre-frère,
qui me laisses l’espace et le temps.
Comme un arbre,
un tout petit arbre de la forêt immense.

Bernadette Rabréaude

PRIÈRE POUR LE SAMEDI SAINT

Seigneur Jésus-Christ, dans l’obscurité de la mort Tu as fait lumière; dans l’abîme de la solitude la plus profonde, habite désormais pour toujours la puissante protection de Ton amour; alors même que tu restes caché, nous pouvons désormais chanter l’alléluia de ceux qui sont sauvés. Accorde-nous l’humble simplicité de la foi, qui ne se laisse pas dévier de son chemin quand Tu nous appelles aux heures de l’obscurité et de l’abandon, quand tout semble problématique; accorde-nous, en ce temps où se livre autour de Toi un combat mortel, assez de lumière pour que nous ne te perdions pas; assez de lumière pour que nous puissions en donner à ceux qui en ont encore plus besoin que nous. Fais briller le mystère de Ta joie pascale, comme l’aurore du matin, dans nos jours; accorde-nous de pouvoir être vraiment des hommes pascals au milieu du Samedi saint de l’histoire. Accorde-nous de pouvoir toujours marcher avec joie, à travers les jours lumineux et sombres de ce temps, vers ta gloire future. 
Amen.

Benoit XVI

Pourvu qu’il me reste la foi en Toi

Pourvu qu’il me reste la foi en Toi

Rien n’est grave.
Et même si je perds confiance en moi
et même si je deviens stupide
et même ridicule
et même si l’on me hait
et si l’on me juge
et même si j’en ai assez
et même si je n’ai plus rien
et si je suis sans charme
si je ne suis pas compris
si je ne comprends pas…
Rien n’est grave.
Si j’ai le vague à l’âme
Si un grand vide me perce le coeur
Si j’ai froid
ou si j’ai chaud.
Si je ne sais plus ce que j’ai
qui je suis ou ne suis pas.
Rien n’est grave
s’il me reste la foi en Toi.

Extrait de « Même si » (Éd. Droguet et Ardant)

Quand…

Quand

Quand les cris de guerre
M’incitent à la surenchère,
Et quand, face aux violences,
Je dis n’avoir aucun pouvoir d’influence,
Tu me rappelles à la Vie, Seigneur, et me souffles
« La Paix sera chacun de nous » !

Quand l’argent vaporeux
M’incite au « sauve qui peut »,
Et quand, face aux pauvres, abandonnés,
Je dis avoir déjà donné,
Tu réveilles ma vie, Seigneur, et me souffles
« Sans Amour nous ne sommes que cuivres qui résonnent ».

Quand le stress de mes responsabilités
M’incite à enterrer mes solidarités,
Et quand, face aux regards interrogateurs,
Je dis qu’être décideur ce n’est pas être enfant de coeur
Tu éclaires ma vie, Seigneur, et me souffles
« Bienheureux les coeurs purs car ils verront Dieu ».

Alors, à mon tour je te rends grâce, Seigneur.

Bienheureux sommes-nous, par Ton Amour,
que tu nous donnes sans limite.

Bien en route garde-nous, par Ton Espérance,
dont Tu fais de nous les témoins !

Bruno et Jocelyne Boulnois

Être désarmé

Être désarmé

Il faut mener la guerre la plus dure contre soi-même.
Il faut arriver à se désarmer.

J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible.
Mais maintenant, je suis désarmé.

Je n’ai plus peur de rien, car l’amour chasse la peur.
Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier
en disqualifiant les autres.

Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses.
J’accueille et je partage.
Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets.
Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non pas meilleurs,
mais bons, j’accepte sans regrets.

J’ai renoncé au comparatif.
Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur.

C’est pourquoi je n’ai plus peur.
Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur.

Si l’on se désarme, si l’on se dépossède, si l’on s’ouvre
au Dieu-Homme, qui fait toutes choses nouvelles, alors,
Lui, efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible.

Patriarche Athénagoras