Archives de Catégorie: Non classé

… Persévérer

« Doit persévérer » : même si une telle mention fait un peu trop livret scolaire, elle nous est adressée aujourd’hui… et de la part du Maître ! Il faut dire que Jésus interpelle les disciples et attire leur attention sur la nécessité d’être vigilants et de toujours chercher à progresser : face aux dangers d’affadissement qui menacent notre foi, face aux bruits assourdissants de notre monde moderne qui tente de la relayer au second plan, face à la mollesse de notre vie spirituelle, notre foi risque en effet de chanceler, de dépérir, de disparaître même à notre insu… Il faut tenir bon, nous dit Jésus. La vie se gagne sur les forces d’inertie, sur les forces du mal : la vie est victoire et c’est pourquoi elle est joie. Ne nous étonnons donc pas de ressentir des forces contraires, des résistances… Ne soyons pas surpris des incompréhensions, voire des jugements blessants : il nous faut les surmonter, et ainsi persévérer. Au cœur de ces efforts de résistance, de persévérance, Jésus est avec nous : demandons-lui son Esprit, son langage, sa force. Cette semaine, choisissons le point précis pour lequel nous avons justement besoin de lui pour persévérer ainsi…

Chaque visage est un miracle

Un enfant noir, à la peau noire, aux yeux noirs, 
aux cheveux crépus ou frisés, est un enfant.
Un enfant blanc, à la peau rose, aux yeux bleus ou verts, 
aux cheveux blonds ou raides est un enfant.
L’un et l’autre, le noir et le blanc, ont le même sourire
quand une main leur caresse le visage, 
quand on les regarde avec amour et leur parle avec tendresse.
Ils verseront les mêmes larmes si on les contrarie, si on leur fait mal.
Il n’existe pas deux visages absolument identiques.
Chaque visage est un miracle.
Parce qu’il est unique.
Deux visages peuvent se ressembler, ils ne seront jamais tout à fait les mêmes.
La vie est justement ce miracle, 
ce mouvement permanent et changeant qui ne reproduit jamais le même visage.
Vivre ensemble est une aventure où l’amour, 
l’amitié est une belle rencontre avec ce qui n’est pas moi, 
avec ce qui est toujours différent de moi et qui m’enrichit.

Tahar Ben Jelloun

Tu peux parler

Tu peux parler mais pas trop fort
Tu peux parler mais après moi
Tu peux parler mais pas comme ça
Tu peux parler mais jusque-là
Tu peux parler mais si je te le dis
Tu peux parler si c’est joli
Tu peux parler une autre fois
Tu peux parler mais comme moi
Tu peux parler mais ne crie pas
Tu peux parler mais tiens-toi droit
Tu peux parler mais d’abord moi
Tu peux parler un peu plus bas
Tu ne dis rien ?
Tu vois !

Noëlle de Smet

Credo de Dom Helder Camara

Je crois en Dieu qui est le Père de tous les hommes  et qui leur a confié la terre.
Je crois en Jésus-Christ qui est venu pour nous encourager et pour nous guérir,
pour nous délivrer des puissances et pour nous annoncer la paix de Dieu avec l’humanité.
Il s’est livré pour le monde. Il est au milieu de nous le Seigneur vivant.
Je crois en l’Esprit de Dieu qui travaille en tout homme de bonne volonté.
Je crois en l’Eglise, donnée comme signe pour toutes les nations,
armée de la force de l’Esprit et envoyée pour servir les hommes.
Je crois que Dieu, à la fin, brisera la puissance du péché en nous et en tout être humain.
Je crois que l’homme vivra de la vie de Dieu pour toujours.
Je ne crois pas au droit du plus fort, au langage des armes, à la puissance des puissants.
Je ne veux croire qu’aux droits de l’homme,  
à la main ouverte, à la puissance des non-violents.
Je ne crois pas à la race ou à la richesse, aux privilèges, à l’ordre établi.
Je veux croire que tous les hommes sont des hommes
et que l’ordre de la force et de l’injustice est un désordre.
Je ne croirai pas que je n’ai pas à m’occuper de ce qui arrive loin d’ici.
Je veux croire que le monde entier est ma maison et que tous moissonnent ce que tous ont semé.
Je ne croirai pas que je puisse là-bas combattre l’oppression si je tolère ici l’injustice.
Je veux croire que le droit est un, ici et là, et que je ne suis pas libre tant qu’un seul homme est esclave.
Je ne croirai pas que la guerre et la faim soient inévitables et la paix inaccessible.
Je veux croire à l’action modeste et aux mains nues.
Je ne croirai pas que toute peine est veine.
Je ne croirai pas que le rêve de l’homme restera un rêve et que la mort sera la fin.
Mais j’ose croire, toujours et malgré tout, à l’homme nouveau.
J’ose croire au rêve de Dieu lui-même : un ciel nouveau et une terre nouvelle où la justice habitera.

Dom Helder Camara

« Et une, et deux, et trois paraboles »

  •  Il est habile, Jésus, quand il fait appel au sens commun et à l’expérience de ses auditeurs dans ses paraboles. Et il n’a pas peur d’insister : trois paraboles pour faire comprendre que Dieu se réjouit de la conversion.
  • Les trois récits n’ont  sans doute pas été dits le même jour. Et puis, il y a une progression entre eux.
  • Oui, retrouver un fils sur deux, ça peut procurer plus de joie qu’une pièce sur dix ou une brebis sur cent !
  • Mais surtout, la brebis et la pièce, il faut aller les chercher.
  • Mais il attend, Jésus nous montre bien ainsi les deux aspects complémentaires du pardon : la recherche de Dieu qui va chercher le pécheur et la recherche du pécheur qui va à la rencontre de l’accueil de Dieu.
  • Ainsi, le pardon, c’est une rencontre.
  • Oui, une rencontre de deux libertés. Et nos trois paraboles se complètent : paraboles de la recherche, parabole du retour.

Qui prend soin de votre parachute ?

Charles Plumb était pilote de chasse dans la marine américaine au Vietnam.
Après 75 missions de combat, son avion fut abattu par un missile sol-air.
Il s’éjecta de son appareil et atterrit avec son parachute dans une zone contrôlée par l’ennemi.
Il fut capturé par les communistes vietnamiens et passa 6 ans en prison. Il survécut à l’épreuve et donne aujourd’hui des conférences sur les leçons à tirer de son expérience.
Un jour, Plumb et sa femme étaient assis dans un restaurant, lorsqu’un homme se leva d’une autre table et s’approcha de lui pour lui dire : 
« Vous êtes Plumb ! Vous étiez pilote de chasse au Vietnam sur le porte-avion Kitty Hawk. Votre avion a été abattu ! »
« Comment donc le saviez-vous ? » demanda Plumb.
« Je me suis occupé de votre parachute » répondit l’homme.
Plumb eut le souffle coupé par la surprise et exprima toute sa gratitude.
L’homme fit un geste de la main et dit : « N’est-ce pas que ça a marché ? »
Et Plumb lui assura : « Et comment ! Si votre parachute n’avait pas fonctionné, je ne serais pas de ce monde aujourd’hui. »
Plumb n’arrivait pas à dormir cette nuit-là, car il pensait sans cesse à cet homme. Il se demandait à quoi il ressemblait dans un uniforme de marine : un béret blanc, une bavette dans le dos et un pantalon à pattes d’éléphant. Combien de fois il avait pu le voir sans même lui dire : « Bonjour, comment ça va ? » ou quelque chose de ce genre. Car voyez-vous, Plumb était pilote de chasse alors que cet homme n’était qu’un marin.
Plumb pensa à toutes ces heures que le marin avait passées, au cœur du navire, à plier soigneusement des parachutes sur une longue table de bois, ayant à chaque instant entre les mains le destin d’une personne qu’il ne connaissait pas.
Aujourd’hui, lors de ses conférences, Plumb demande à son auditoire :
« Qui prend soin de votre parachute ? »
Nous avons tous quelqu’un pour nous apporter ce dont nous avons besoin pour passer la journée. Plumb raconte aussi que lorsque son appareil fut abattu en territoire ennemi, il eut besoin de différents types de « parachutes », il eut besoin de son « parachute physique, mental, émotionnel et spirituel ». Il puisa dans toutes ces ressources pour rester en vie.
Parfois, en raison des vicissitudes de la vie quotidienne, nous oublions ce qu’il y a de vraiment important. Nous oublions de dire « Bonjour », « S’il vous plaît » ou « Merci » ou de féliciter une personne qui vient de connaître un grand événement. Nous oublions aussi, de faire un compliment ou simplement une gentillesse uniquement pour le plaisir de le faire.
Au cours de cette semaine, ce mois-ci ou cette année, retrouvez les gens qui « prennent soin de votre parachute ».

Site Enseignement fondamental Tournai

Le fardeau

Sur un sentier raide et pierreux
J’ai rencontré une petite fille
Qui portait sur le dos son jeune frère.
« Mon enfant, lui dis-je,
Tu portes un lourd fardeau.»
Elle me regarda et dit :
« Ce n’est pas un lourd fardeau, Monsieur,
C’est mon frère ! »

Je restai interdit.
Le mot de cet enfant
S’est gravé dans mon cœur.
Et quand la peine des hommes m’accable
Et que tout courage me quitte
Le mot de l’enfant me rappelle :
« Ce n’est pas un fardeau que tu portes,
C’est ton frère. » 

Parabole africaine