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Credo de Dom Helder Camara

Je crois en Dieu qui est le Père de tous les hommes  et qui leur a confié la terre.
Je crois en Jésus-Christ qui est venu pour nous encourager et pour nous guérir,
pour nous délivrer des puissances et pour nous annoncer la paix de Dieu avec l’humanité.
Il s’est livré pour le monde. Il est au milieu de nous le Seigneur vivant.
Je crois en l’Esprit de Dieu qui travaille en tout homme de bonne volonté.
Je crois en l’Eglise, donnée comme signe pour toutes les nations,
armée de la force de l’Esprit et envoyée pour servir les hommes.
Je crois que Dieu, à la fin, brisera la puissance du péché en nous et en tout être humain.
Je crois que l’homme vivra de la vie de Dieu pour toujours.
Je ne crois pas au droit du plus fort, au langage des armes, à la puissance des puissants.
Je ne veux croire qu’aux droits de l’homme,  
à la main ouverte, à la puissance des non-violents.
Je ne crois pas à la race ou à la richesse, aux privilèges, à l’ordre établi.
Je veux croire que tous les hommes sont des hommes
et que l’ordre de la force et de l’injustice est un désordre.
Je ne croirai pas que je n’ai pas à m’occuper de ce qui arrive loin d’ici.
Je veux croire que le monde entier est ma maison et que tous moissonnent ce que tous ont semé.
Je ne croirai pas que je puisse là-bas combattre l’oppression si je tolère ici l’injustice.
Je veux croire que le droit est un, ici et là, et que je ne suis pas libre tant qu’un seul homme est esclave.
Je ne croirai pas que la guerre et la faim soient inévitables et la paix inaccessible.
Je veux croire à l’action modeste et aux mains nues.
Je ne croirai pas que toute peine est veine.
Je ne croirai pas que le rêve de l’homme restera un rêve et que la mort sera la fin.
Mais j’ose croire, toujours et malgré tout, à l’homme nouveau.
J’ose croire au rêve de Dieu lui-même : un ciel nouveau et une terre nouvelle où la justice habitera.

Dom Helder Camara

« Et une, et deux, et trois paraboles »

  •  Il est habile, Jésus, quand il fait appel au sens commun et à l’expérience de ses auditeurs dans ses paraboles. Et il n’a pas peur d’insister : trois paraboles pour faire comprendre que Dieu se réjouit de la conversion.
  • Les trois récits n’ont  sans doute pas été dits le même jour. Et puis, il y a une progression entre eux.
  • Oui, retrouver un fils sur deux, ça peut procurer plus de joie qu’une pièce sur dix ou une brebis sur cent !
  • Mais surtout, la brebis et la pièce, il faut aller les chercher.
  • Mais il attend, Jésus nous montre bien ainsi les deux aspects complémentaires du pardon : la recherche de Dieu qui va chercher le pécheur et la recherche du pécheur qui va à la rencontre de l’accueil de Dieu.
  • Ainsi, le pardon, c’est une rencontre.
  • Oui, une rencontre de deux libertés. Et nos trois paraboles se complètent : paraboles de la recherche, parabole du retour.

Qui prend soin de votre parachute ?

Charles Plumb était pilote de chasse dans la marine américaine au Vietnam.
Après 75 missions de combat, son avion fut abattu par un missile sol-air.
Il s’éjecta de son appareil et atterrit avec son parachute dans une zone contrôlée par l’ennemi.
Il fut capturé par les communistes vietnamiens et passa 6 ans en prison. Il survécut à l’épreuve et donne aujourd’hui des conférences sur les leçons à tirer de son expérience.
Un jour, Plumb et sa femme étaient assis dans un restaurant, lorsqu’un homme se leva d’une autre table et s’approcha de lui pour lui dire : 
« Vous êtes Plumb ! Vous étiez pilote de chasse au Vietnam sur le porte-avion Kitty Hawk. Votre avion a été abattu ! »
« Comment donc le saviez-vous ? » demanda Plumb.
« Je me suis occupé de votre parachute » répondit l’homme.
Plumb eut le souffle coupé par la surprise et exprima toute sa gratitude.
L’homme fit un geste de la main et dit : « N’est-ce pas que ça a marché ? »
Et Plumb lui assura : « Et comment ! Si votre parachute n’avait pas fonctionné, je ne serais pas de ce monde aujourd’hui. »
Plumb n’arrivait pas à dormir cette nuit-là, car il pensait sans cesse à cet homme. Il se demandait à quoi il ressemblait dans un uniforme de marine : un béret blanc, une bavette dans le dos et un pantalon à pattes d’éléphant. Combien de fois il avait pu le voir sans même lui dire : « Bonjour, comment ça va ? » ou quelque chose de ce genre. Car voyez-vous, Plumb était pilote de chasse alors que cet homme n’était qu’un marin.
Plumb pensa à toutes ces heures que le marin avait passées, au cœur du navire, à plier soigneusement des parachutes sur une longue table de bois, ayant à chaque instant entre les mains le destin d’une personne qu’il ne connaissait pas.
Aujourd’hui, lors de ses conférences, Plumb demande à son auditoire :
« Qui prend soin de votre parachute ? »
Nous avons tous quelqu’un pour nous apporter ce dont nous avons besoin pour passer la journée. Plumb raconte aussi que lorsque son appareil fut abattu en territoire ennemi, il eut besoin de différents types de « parachutes », il eut besoin de son « parachute physique, mental, émotionnel et spirituel ». Il puisa dans toutes ces ressources pour rester en vie.
Parfois, en raison des vicissitudes de la vie quotidienne, nous oublions ce qu’il y a de vraiment important. Nous oublions de dire « Bonjour », « S’il vous plaît » ou « Merci » ou de féliciter une personne qui vient de connaître un grand événement. Nous oublions aussi, de faire un compliment ou simplement une gentillesse uniquement pour le plaisir de le faire.
Au cours de cette semaine, ce mois-ci ou cette année, retrouvez les gens qui « prennent soin de votre parachute ».

Site Enseignement fondamental Tournai

Le fardeau

Sur un sentier raide et pierreux
J’ai rencontré une petite fille
Qui portait sur le dos son jeune frère.
« Mon enfant, lui dis-je,
Tu portes un lourd fardeau.»
Elle me regarda et dit :
« Ce n’est pas un lourd fardeau, Monsieur,
C’est mon frère ! »

Je restai interdit.
Le mot de cet enfant
S’est gravé dans mon cœur.
Et quand la peine des hommes m’accable
Et que tout courage me quitte
Le mot de l’enfant me rappelle :
« Ce n’est pas un fardeau que tu portes,
C’est ton frère. » 

Parabole africaine

Le passage

Un vieil homme sage très vénéré par ceux qui l’approchaient et par ceux qui l’écoutaient,
vivait très simplement dans une maison des plus rudimentaires.
Un certain jour il reçut la visite d’un homme très riche de la ville voisine
Celui-ci fut très étonné de voir le sage logé dans une pièce meublée seulement d’un tapis, d’une table basse et d’une paillasse. L’homme riche s’exclama :
– Mais où sont vos meubles !
L’homme sage répondit :
– Mais où sont les vôtres ?
– Voyons, maître… je suis en visite… Je suis simplement de passage !
– Moi aussi, voyez-vous ! répondit le vieil homme en souriant.

D’après une parabole juive

Que nous marchions dans ta beauté

Toi dont la voix s’entend dans le souffle de la brise,
Toi dont l’haleine donne vie au monde,
Nous avons besoin de ta force et de ta sagesse.
Fais que nous marchions dans ta beauté,
Que jamais nos yeux ne se lassent de contempler
les ors et les pourpres du soleil couchant.

Aide-nous à lire les messages que tu as cachés dans les feuilles et les rochers.
Rends-nous sages, afin que nous saisissions ce que tu nous as enseigné.
Fais que nous soyons toujours prêts à venir à toi 
les mains propres et le regard clair.
Ainsi quand la vie s’éteindra comme s’éteint le couchant,
sans honte, nos esprits pourront venir à toi.

Transforme nos cœurs afin que nous n’enlevions jamais
à la beauté de ta création plus que nous ne lui donnons.
Apprend-nous à ne jamais rien détruire à la légère 
pour satisfaire notre avidité, à ne jamais oublier de prêter nos mains
pour édifier la beauté de la terre ;
à ne jamais prendre ce dont nous n’avons pas besoin.

Rends-nous capables de comprendre que détruire la musique de la terre,
c’est créer la confusion, ruiner son apparence,
et nous rendre aveugles à la beauté.
Polluer son doux parfum par notre insouciance,
c’est en faire une maison de puanteur.
Mais si nous prenons soin d’elle, la terre prendra soin de nous.

Prière des indiens américains

Bonnes vacances !

Allez, faites de vos vacances la béatitude de la paix !
Soyez des promeneurs d’infini.
Baladez votre âme au grand soleil d’été
Et que votre corps chante par tous ses pores !
Baladez votre corps sur les sommets des montagnes
Et que votre âme exulte de la joie de vivre !

Régalez-vous d’azur et de mer,
Attardez-vous à ces heures bénies du soir,
Quand le grand crépuscule des jours de solstice
N’en finit plus de s’étirer avant la nuit étoilée.

Laissez-vous bercer par la lumière
Qui se fait câline sur les prés d’herbe tendre,
Lumière rasante à fixer comme la vague
Qui vient et revient se tapir sur le sable de la plage…

Allez, faites de vos rencontres avec les villes
Des fiançailles de joie dont les lendemains seront
Un mariage de souvenirs.

Mettez votre âme au large en d’autres jardins
Que ceux de vos résidences secondaires.
Faites de vos voyages une célébration de la terre entière.

Embrassez le ciel pour mieux saisir la terre.
Humez les parfums d’horizon.
Vivez l’amitié avec tout et tous, le monde et vous.

Pierre Talec