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Tu as trouvé place

Seigneur,

Aujourd’hui tu as trouvé une place sur la terre,

elle n’est pas très spacieuse :

tu te retrouves dans une mangeoire !

Tu as choisi de t’installer dans notre fragilité

là où il y a en nous de l’orgueil,

des refus, de l’exclusion ou de la peur.

Mais par ta puissance d’amour

ce coin obscur de nos vies

tu le transformes en solidarité, en amour.

Seigneur,

aide-nous à ne plus te chercher

dans ce qui est éclatant ou tape à l’œil,

mais à te chercher dans l’obscurité,

dans les écuries et les étables de ce monde

et de nos vies.

C’est là que tu viens,

c’est là que nous te rencontrerons.

Amen.

La jeune fille ou la vierge ?

  • Si je lis bien les textes de ce dimanche, il y a une bizarrerie : Isaïe dit « la jeune femme enfantera », et Matthieu le cite en disant non plus la jeune fille, mais la vierge !
  • Oui, c’est que Matthieu ne suit pas la Bible hébraïque. C’est la Bible grecque d’Alexandrie qui a traduit ainsi.
  • Pourquoi ?
  • Ce choix des Juifs alexandrins du IIe siècle av. J-C reste une énigme. Mais il a donné une dimension messianique au texte d’Isaïe.
  • Dimension que le texte n’avait pas avant ?
  • Non. C’un très beau cas de relecture d’un texte, de son appropriation par des lecteurs à un moment déterminé de l’histoire. Traduire, c’est toujours produire un sens nouveau.
  • Et donc Matthieu, en utilisant  la traduction grecque de la Septante et le terme de « parthenos », qui veut dire vierge, a pu y lire la conception virginale de Jésus.
  • Oui. Il nous donne à comprendre que l’esprit créateur a agi dans la conception de l’enfant et que cette merveille accomplit la prophétie d’Isaïe.
  • Donc, cela n’a rien d’historique ?
  • La question n’est pas là. On voit bien que dans sa manière de bâtir la généalogie du Christ, de faire intervenir l’ange du Seigneur ou de citer la prophétie d’Isaïe, l’évangéliste offre au lecteur une perspective  résolument théologique.
  • D’accord. Il faut aller à l’essentiel du message, à savoir que c’est Dieu seul qui nous révèle qui est le Christ.

Va vers toi-même

Va vers toi-même.
Étonne-toi de toi.
Accueille la polyphonie qui t’habite.
Les couleurs de ta palette
sont plus nombreuses que tu ne l’imagines.

Réveille les lumières de ton vitrail intérieur.
As-tu déjà contemplé un vitrail de près ?
Vu de l’extérieur,
il paraît un peu gris et triste.
Il faut entrer dans le sanctuaire ou dans la maison.
Et s’asseoir.

Pas seulement un jour, une fois.
S’asseoir souvent, quelques minutes,
mais à des heures différentes,
quand il fait beau soleil,
quand il fait pluie,
par temps de neige ou de brouillard.

Quelle vie, un vitrail !
A chaque saison du jour une lumière nouvelle.
Assieds-toi près de toi, respire un bon coup,
laisse un peu de souffle t’envahir,
et dis-toi que le premier vitrail,
c’est toi.

Gabriel Ringlet

Les 4 bougies

Les 4 bougies brûlaient lentement. L’ambiance était tellement silencieuse qu’on pouvait les entendre grésiller.

La première dit :
« Je suis la Paix, et cependant personne n’arrive à me maintenir allumée.
Je crois que je vais m’éteindre. »
Sa flamme diminua rapidement et elle s’éteignit complètement.

La seconde dit :
« Je suis la Foi, mais dorénavant je ne suis plus indispensable.
Cela n’a pas de sens que je reste allumée plus longtemps. »
Quand elle eut fini de parler, une brise souffla sur elle et elle s’éteignit.

La troisième bougie se manifesta tristement à son tour :
« Je suis l’Amour, mais je n’ai plus de forces pour rester allumée.
Les gens me laissent de côté et ne comprennent pas mon importance.
Ils oublient même d’aimer ceux qui sont près d’eux. »
Et sans plus attendre, elle s’éteignit.

Soudain, un enfant entre et voit les trois bougies éteintes :
« Pourquoi sont-elles éteintes ? Elles auraient dû rester allumées jusqu’au bout ! »

Alors la quatrième bougie dit :
« Ne crains rien, tant que ma flamme brûle, nous pourrons rallumer les autres bougies, car je suis l’Espérance. »
Avec des yeux brillants, l’enfant pris la bougie de l’Espérance er ralluma les trois autres.

Que la flamme de l’Espérance ne s’éteigne jamais en vous et que chacun de nous sache être l’outil dont le monde a besoin pour maintenir la Paix, la Foi, l’Amour et l’Espérance.

Anonyme 

Le Seigneur est proche !

Convertissez-vous !

Jean Baptiste est tout à la mission qui lui a été confiée.

Préparer les cœurs à ta venue, Seigneur Jésus, est son unique souci.

Sa parole est claire, énergique ; elle interpelle.

Jean ne craint pas de s’adresser à tous

Et de dévoiler les perversions secrètes :

Engeances de vipères !

Produisez un fruit qui exprime votre conversion !

Il payera de sa vie sa liberté de langage.

Tu reprendras parfois des expressions semblables, Seigneur.

Mais c’est exceptionnel… de ta part ; c’est l’ultime moyen utilisé

Pour briser les cœurs de pierre des orgueilleux.

Habituellement ton langage ne ressemble guère à celui de ton précurseur.

Avec toi, le Royaume des cieux est tout proche.

Tu nous découvres, par ta vie et par tes paroles,

Ce qu’est ce Royaume des cieux.

C’est le règne de la miséricorde et de l’amour.

Comme les prophètes d’autrefois,

Jean Baptiste voit surtout la grandeur de Dieu

Et, par opposition, la gravité du péché de l’homme.

Toi, Seigneur Jésus, tu nous révèles que Dieu est Père,

Un Père qui ne veut pas nous écraser par sa sainteté,

Mais vivre avec nous, nous faire partager sa vie, son amour.

Il t’a envoyé pour nous baptiser,

Nous plonger dans l’Esprit Saint et dans le feu,

Le feu de son amour.

Jean a annoncé cette bonne Nouvelle,

Mais il n’a pas pu en voir la réalisation

Aussi tu peux dire :

Le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui (Mt 11,11).

Celui qui te suit entre dans ton Royaume : il est plongé dans l’amour de Dieu.

C’est mieux que tous les sacrifices de la première Alliance

Dont Jean Baptiste est le dernier et le plus grand prophète.

Seigneur, je suis Ton petit instrument

Seigneur, je suis un petit instrument. Très souvent j’ai l’impression d’être un bout de crayon entre Tes mains. C’est Toi qui penses, qui écris et agis. Fais que je ne sois rien d’autre que ce crayon. 

Tu m’as envoyée. Ce n’est pas moi qui ai choisi où aller. Tu m’as envoyée non pour enseigner mais pour apprendre : à être douce et humble de cœur. 
Tu m’as envoyée pour servir et non pour être servie. Servir avec un cœur humble. Et tu me dis : va, pour être cause de joie dans ta communauté. Va chez les pauvres avec zèle et amour. Va servir en hâte, comme la Vierge. 
Choisis les choses les plus dures. Va avec un cœur humble, avec un cœur généreux. 
Ne va pas avec des idées inadaptées à ton genre de vie, avec de grandes idées sur la théologie ou sur ce que tu aimerais enseigner ; va plutôt pour apprendre et servir. 
Partage avec un cœur humble ce que tu as reçu. Va chez les pauvres avec une grande tendresse. Sers-les avec un amour tendre et compatissant. Va te donner sans réserve.

Mère Térésa de Calcutta

Une école de la douceur

La douceur a fait pacte avec la vérité ; elle est une éthique redoutable.
Elle ne peut se trahir, sauf à être falsifiée. La menace de mort même ne peut la contrer.

La douceur est politique. Elle ne plie pas, n’accorde aucun délai, aucune excuse. Elle est un verbe : on fait acte de douceur. Elle s’accorde au présent et inquiète toutes les possibilités de l’humain.

De l’animalité, elle garde l’instinct, de l’enfance l’énigme, de la prière l’apaisement, de la nature, l’imprévisibilité, de la lumière, la lumière.

La douceur est l’un des noms de cette réconciliation avec ce qui a été refoulé, exilé dans le passé et ainsi « repris » avec mansuétude et le courage qu’il faut pour s’avouer qu’on y était, en conscience.

La douceur est ce qui nous permet d’aller au-devant de cet étranger qui s’adresse à nous, en nous. C’est la voix que le poète anime, et recueille.
C’est une part du monde sauvage déposée là.

La douceur apparaît d’abord comme une défaillance. Elle déroge à toutes les règles du savoir-vivre social. Les êtres qui en font preuve sont parfois des résistants mais ils ne portent pas le combat là où il a lieu habituellement. Ils sont ailleurs. Incapables de trahir comme de se trahir, leur puissance vient d’un agir qui est constamment une manière d’être au monde

« Puissance de la douceur », Anne Dufourmantelle