Bonnes vacances !

Allez, faites de vos vacances la béatitude de la paix !
Soyez des promeneurs d’infini.
Baladez votre âme au grand soleil d’été
Et que votre corps chante par tous ses pores !
Baladez votre corps sur les sommets des montagnes
Et que votre âme exulte de la joie de vivre !

Régalez-vous d’azur et de mer,
Attardez-vous à ces heures bénies du soir,
Quand le grand crépuscule des jours de solstice
N’en finit plus de s’étirer avant la nuit étoilée.

Laissez-vous bercer par la lumière
Qui se fait câline sur les prés d’herbe tendre,
Lumière rasante à fixer comme la vague
Qui vient et revient se tapir sur le sable de la plage…

Allez, faites de vos rencontres avec les villes
Des fiançailles de joie dont les lendemains seront
Un mariage de souvenirs.

Mettez votre âme au large en d’autres jardins
Que ceux de vos résidences secondaires.
Faites de vos voyages une célébration de la terre entière.

Embrassez le ciel pour mieux saisir la terre.
Humez les parfums d’horizon.
Vivez l’amitié avec tout et tous, le monde et vous.

Pierre Talec

Offrir un printemps

Il est urgent d’éradiquer ce principe de compétition qui place l’enfant, dès sa scolarité, dans une rivalité terrible avec les autres et lui laisse croire que s’il n’est pas le meilleur, il va rater sa vie. Beaucoup répondent à cette insécurité par une accumulation stupide de richesses, ou par le déploiement d’une violence qui vise à dominer l’autre, que l’on croit devoir surpasser. Aujourd’hui, on est tout fier lorsqu’un enfant de cinq ans sait manipuler la souris de l’ordinateur et compter parfaitement. Très bien. Mais trop d’enfants accèdent à l’abstraction aux dépens de leur intériorité, et se retrouvent décalés par rapport à la découverte de leur vraie vocation.
Dans notre jeune âge, nous appréhendons la réalité avec nos sens, pas avec des concepts abstraits. Prendre connaissance de soi, c’est d’abord prendre connaissance de son corps, de sa façon d’écouter, de se nourrir, de regarder, c’est ainsi que l’on accède à ses émotions et à ses désirs. Quel dommage que l’intellect prime à ce point sur le travail manuel. Nos mains sont des outils magnifiques, capables de construire une maison, de jouer une sonate, de donner de la tendresse.
Offrons à nos enfants ce printemps où l’on goûte le monde, où l’on consulte son âme pour pouvoir définir, petit à petit, ce à quoi l’on veut consacrer sa vie. Offrons-leur l’épreuve de la nature, du travail de la terre, des saisons. L’intelligence humaine n’a pas de meilleure école que celle de l’intelligence universelle qui la précède et se manifeste dans la moindre petite plante, dans la diversité, la complexité, la continuité du vivant.

Pierre Rabhi

Vous serez mes témoins aujourd’hui…..

Si vous évitez tout esprit de secte et toute occasion de le produire

  • Avec les obsèques de Jean-Paul II on a bien vu que l’Eglise n’est pas une secte. Le retentissement universel de l’évènement a bien montré que l’Eglise est à l’abri d’un tel danger.
  • C’est peut-être aller un peu vite  à des conclusions aussi hâtives que définitives ! Dans les témoignages recueillis, j’ai entendu tel ou tel dire que c’était bien là le signe de l’évidence supériorité de l’Eglise sur toutes les religions.
  • J’ai en tête deux comportements qui me posent question : un aumônier de lycée qui, au nom de sa foi en Jésus-Christ, dit ouvertement qu’il se considère au-dessus de toute loi. Et en même temps une personne de ma paroisse qui ne voit aucun inconvénient à venir communier à la messe alors qu’elle est membre d’une secte du New-Age.
  • Moi, ce qui me pose le plus question, c’est d’avoir protesté contre une injustice flagrante vis-à-vis d’un collègue de travail, en citant l’Evangile auquel je crois, et de m’être entendu dire : «  Vous les chrétiens, avec votre intransigeance inconditionnelle au nom de l’Evangile, vous ne vous apercevez même pas que vous êtes tout bonnement sectaires. »
  • Le naïf de service, assis à la même table : « Connaîtriez-vous un antidote à l’esprit de secte ? »
  • L’Eglise est encore trop enfermée dans les églises ! Alors qu’elle sorte et aille au devant des gens.
  • Et qu’elle en finisse avec sa langue de bois !
  • Plus de béatitudes et moins de morale, à la manière de Jésus.

Un regard neuf

Un regard neuf

Chaque être porte en lui-même une part de résurrection.
Chaque être peut nous enrichir, à condition de plonger en lui
dans ce qu’il y a de beau, de meilleur, de lumineux, de divin.

Malheureusement, nous épluchons d’abord les ténèbres de l’autre. Et nous en restons là.
Le Christ est là, dans chaque être, enfoui, prêt à se faire reconnaître, et nous passons sans le voir.
Nous manquons la rencontre souvent, pris par notre égoïsme, nos refus,
nos barrières, nos intolérances, nos rejets.
Nous avons besoin de demander dans notre prière le regard du Christ.
Il plongeait dans les êtres avec une telle intensité, une telle fraîcheur, une telle nouveauté,
que personne n’oubliait jamais plus ce regard. Et en vivait.

Le Christ ressuscité a besoin de notre regard de tendresse et de miséricorde pour aborder chaque être.
Plonger dans ce que chaque personne a de meilleur, c’est recevoir une parcelle de la lumière du Ressuscité.

Père Guy Gilbert

Pour la semaine qui vient… Vous savez

« Christ est ressuscité ! », disent nos frères orthodoxes pour se saluer en ce jour de Pâques ! Et la Parole de Dieu s’adresse à nous de façon très directe : « Vous savez… » (Discours de pierre à Césarée, dans la première lecture ; Paul aux Corinthiens en 1 Co 5,6-8). Come si elle voulait vraiment nous dire : Vous savez… alors… allez…. Allez le dire… ne restez pas là… partez, courez l’annoncer… il faut le dire….

Christ est Ressuscité !

Mais quel est, en réalité, notre empressement ? Nous sommes-nous montrés, une seule fois, empressés d’annoncer la Bonne Nouvelle ? Nous savons, oui, c’est vrai : par la Révélation de l’Ecriture, par le témoignage des apôtres et de toute l’Eglise, par la foi. Mais qu’en faisons-nous ? Il n’est pas certainement pas inutile d’y réfléchir un peu, personnellement et en communauté, en petite équipe de chrétiens.

Réfléchir à ce que « nous savons », rendre grâce pour ce que cela nous apporte dans notre vie, et faire un peu le bilan de ce que nous en avons fait.

Car cette  Bonne Nouvelle doit être partagée, portée à d’autres, être semée pour porter des fruits de joie et de paix.

Nous ne sommes pas les dépositaires d’un trésor à cacher mais les destinataires d’un message de bonheur destiné à tous les hommes.

Prière pour un matin de Pâques

Le Christ est ressuscité des morts, par la mort il a vaincu la mort,
à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie !
Réjouissons-nous en ce jour de la Résurrection car le Christ, hier accablé de moqueries,
couronné d’épines, pendu au bois, aujourd’hui se relève du tombeau.

Réjouissons-nous car le Christ baigne de sa clarté ceux que les ténèbres de l’enfer retiennent captifs.
Réjouissons-nous en ce printemps de la vie, car une espérance jaillit parmi les victimes
des guerres, des tremblements de terre, parmi les affligés du corps et de l’âme.

Réjouissons-nous, car, par la croix, toute tristesse est abolie, et la joie inonde le monde.
Réjouissons-nous, car le Seigneur est descendu au plus profond de la terre,
est descendu au plus profond du cœur des hommes où se tapit l’angoisse ;
Il les a visités, Il les a illuminés, et tourments, angoisse, enfer sont anéantis, engloutis
dans l’abîme d’amour ouvert au flanc percé du Seigneur.

Réjouissons-nous, car il est ressuscité le Christ, la joie éternelle.

Michel Evdokimov (prêtre orthodoxe)

Pâques c’est cela…

L’homme était allongé tout au fond du tombeau. Lui qui avait toujours vécu libre et debout. Debout face aux puissants, aux Hérode, aux Pilate, qui s’en lavent les mains. Et debout face aux riches qui ne remarquent plus l’obole de la veuve. Debout face au grand prêtre et aux hommes de religion, aveuglés par leur Loi. Et face aux pharisiens perdus par leurs vertus. Mais ils se sont ligués contre l’homme debout. Et ils l’ont abattu. Un linge sur la face pour qu’il se taise enfin. Un linceul, des bandelettes, pour qu’il ne bouge plus. Et qu’il reste allongé.

Mais avec lui tant d’hommes, tant de femmes allongés. Ceux et celles qu’on fait taire parce que leur parole entend demeurer libre et qu’elle est dérangeante. Ceux et celles qu’on repousse parce qu’ils ne montrent pas patte blanche. Ceux et celles qu’on exclut parce qu’ils mettent en question le bon ordre établi. Ceux et celles qui font passer l’homme et la femme avant les règle­ments, les lois, les commandements. Ceux et celles aussi qui prennent le parti des petits et des pauvres, qui parlent pour les sans‑voix. Qui voulaient vivre debout et qui sont allongés.

Mais, un matin, voici que l’homme s’est levé. Qu’il s’est remis debout. Car Dieu ne supporte pas qu’on dise à l’homme « Couché ! » comme on dit à un chien. Parce qu’il veut l’homme debout et libre de l’aimer. Parce que Dieu mourrait pour en arri­ver là. Mais depuis ce jour‑là, une brise légère, légère comme un espoir, légère comme l’amour, légère comme l’Esprit, se répand sur le monde. Qui inquiète les puissants, les riches, les phari­siens. Mais les petits, les pauvres, se remettent debout. Et c’est Pâques pour eux.

Prière de l’homme éprouvé dans son corps et dans son existence

Prière de l’homme éprouvé dans son corps et dans son existence

J’avais demandé à Dieu la force
pour atteindre le succès,
il m’a rendu faible
afin que j’apprenne humblement à obéir…

J’avais demandé la richesse
pour que je puisse être heureux,
il m’a donné la pauvreté
pour que je puisse être sage…

J’avais demandé un compagnon
afin de ne pas vivre seul,
il m’a donné un coeur,
afin que je puisse aimer tous mes frères…

Je n’ai jamais rien eu
de ce que j’avais demandé
mais j’ai reçu
tout ce que j’avais espéré.

Je suis parmi les hommes
le plus richement comblé !

J’avais demandé la santé
pour faire de grandes choses,
il m’a donné l’infirmité
pour que je fasse des choses meilleures…

J’avais demandé le pouvoir
pour être apprécié des hommes,
il m’a donné la faiblesse
afin que j’éprouve le besoin de Dieu…

J’avais demandé des choses
qui puissent réjouir ma vie,
j’ai reçu la vie
afin que je puisse me réjouir de toutes choses…

Anonyme (texte gravé sur une tablette de bronze de la salle d’attente de l’institut de réadaptation de New-York)

Joie

Joie

Seigneur Jésus, de dimanche en dimanche, nous apprenons celui que tu es pour nous. Tu n’es pas un maître qui punit. Les injustices de la vie ne viennent pas de toi, mais des hommes malfaisants, ou des constructeurs négligents. Apprends-nous à ne pas t’accuser des maux ou des hasard de la vie.

Tu n’es pas un maître exigeant, intraitable. Tu respectes le travail de chacun. Tu comptes sur notre persévérance pour bâtir un monde qui donne du fruit à chacun.

Seigneur Jésus, apprends-nous à être patients dans nos relations avec nos proches.

il était chez les siens…

II était chez les siens, les gens de Nazareth, où il avait vécu, où il avait grandi. II pouvait mettre un nom sur chacune des têtes qu’il avait devant lui. Et à la synagogue, les gens le reconnaissaient : « C’est le fils de Joseph! » Et ils en étaient fiers. Un prophète, vous pensez, qui sortait de chez eux ! Et qui était connu jusqu’à Capharnaüm ! Et ainsi, d’âge en âge, chaque génération, chaque secte, chaque Eglise et chaque religion firent main basse sur Dieu : c’est de chez nous qu’il est, c’est nous qui savons bien ce qu’il veut et ne veut pas. Ils accaparèrent Dieu.

Mais les siens, pour Jésus, ce n’était pas seulement les gens de son village. II leur parla d’Elie, le prophète envoyé non pas vers une veuve du pays, une croyante, mais vers une païenne. Et Elisée aussi qui guérit un lépreux, un Syrien, non un Juif, un païen, lui aussi. Et ce fut le scandale. Ainsi donc leur prophète ne venait pas pour eux. Ni pour les bien-portants, plutôt pour les malades. Pour ceux qui ne voient pas clair et pour ceux qui se trompent. Pour ceux que l’on rejette, qu’on regarde de travers, qu’on dit d’un autre bord. Finis les privilèges, finies les chasses gardées.

Et c’est parmi les siens qu’il faudrait donc le suivre. Manger chez les pécheurs et toucher les lépreux. Aimer Marie-Madeleine et dîner chez Zachée. Libérer ceux qui peinent, qu’on enferme dans des lois trop pesantes pour eux, qu’on opprime, qu’on exclut au nom de nos idées, ou de nos traditions, ou de nos religions. Qui ont besoin surtout d’être enfin écoutés, et d’être reconnus, d’être aimés comme ils sont. Mais ceux qui se croyaient propriétaires de Dieu sont devenus furieux. Ils chassèrent le prophète. Qu’il aille donc chez les siens ! Passant au milieu d’eux, lui allait son chemin.