Cinquième dimanche de Carême année B :21 mars 2021


1 ier temps  je prends un moment de silence et je demande à Dieu d’ouvrir mon cœur à sa Parole

Avec cette prière…:

Une prière attribuée à Saint François de Sales ( 17 ième siècle) d’une autre époque , qui nous rejoint encore aujourd’hui cependant.. .

«  Je crie vers Toi,  ô mon Dieu, je prononce ton Nom très saint, mais sans jamais pouvoir te saisir !

Seigneur, mon Dieu, tu es plus grand que nos paroles, plus silencieux que notre silence, plus profond que nos  pensées , plus élevé que nos désirs…

Donne-nous ,  ô Dieu souverain, si grand et si proche, un cœur vivant, des yeux nouveaux, pour te découvrir et pour t’accueillir quand tu viens à nous.. »

Ou avec mes mots personnels…

2 ième temps : «  lectio » :

– je lis le texte en silence

De l’Evangile de Jean 12 ,20-33

« Il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque. Ils abordèrent Philippe , qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. »Philippe va le dire à André, et tous deux  vont le dire à Jésus. Jésus leur déclare : « l’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. Amen, amen, je vous le dis :si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas , il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde  la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut  me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? « Père, sauve-moi de cette heure » ?-Mais non ! C’est pour cela  que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! »Alors du ciel vint une voix qui disait : «  Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : «  C’est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus  leur répondit : «  Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

Quelques repères pour éclairer  et guider notre méditation :

– Ce dimanche, nous sommes transportés au chapitre 12 de l’Evangile de Jean et, dans le récit de ce quatrième évangile, Jésus a fait son entrée triomphale à Jérusalem, ( versets 12 à 19°) ce que nous célébrerons dimanche prochain, dimanche des Rameaux. Dans la foule arrivée à Jérusalem pour fêter la Pâque, se trouvent quelques Grecs : ils sont étrangers à la race juive mais viennent tout de même pour le pèlerinage et souhaitent rencontrer Jésus. C’est pourquoi ils disent à Philippe : «  Nous voudrions voir Jésus ».Et c’est cette accroche, en quelque sorte , qui sert à Jésus pour dire  des choses importantes , pour révéler le sens de sa mission de salut. Dans cette révélation sur lui-même , il est beaucoup question de l’heure, de «  son heure ».Ce n’est pas la première fois  que saint Jean emploie cette expression biblique très significative. Dès le début de son ministère public au «  premier signe » rapporté par Jean , les noces de Cana ( Jn 2, 1-12), Jésus avait répondu à Marie : «  Mon heure n’est pas encore venue. » De même, un peu plus loin ( Jn 7, 6), nous lisons à nouveau cette indication de l’heure qui n’est pas venue, cette heure qui est celle de la glorification de Jésus par son Père. Ainsi dan l’épisode que nous entendons ce dimanche, Jésus dit bien : «  l’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié ». Il en détaille alors toutes les modalités et tout  le sens.

L’heure du  Fils , c’est l’heure de sa mort, une mort entièrement vécue par amour, et qui va donc porter beaucoup de fruit. Jésus ne recule pas devant cette échéance, il s’y soumet par amour…Son heure, c’est  l’heure ultime de l’Amour, et c’est pourquoi il peut dire : «  Père, glorifie ton nom ! ».Saint Jean ne dit-il pas :Dieu est amour ? L’amour jusqu’au bout de Jésus révèle parfaitement le Père, et sauve tous les hommes en les entraînant dans cet amour éternel.

Invitation nous est alors faite de suivre le Christ sur ce chemin exigeant.Jésus nous parle très clairement , parce qu’il nous aime :pour le suivre, pour être sauvés, il faut accepter de se perdre, de mourir à soi-même et de servir,il faut s’abandonner à la grâce de Dieu et se donner aux autres  dans le service. La voie nous est ouverte par le Christ, et nous savons qu’elle conduit à la vie, à la joie, à la gloire sans fin.

Ce commentaire biblique est issu presque  tel quel du livre «  célébrons le dimanche » pour les assemblées dominicales de la Parole-dimanches, fêtes année B- éditions du Signe.

-Comme une annonce de la mission à venir, Jésus déclare que son «  heure » est venue, l’heure glorieuse de la croix. La mise en terre du grain de blé cond itionne une vie nouvelle et multipliée. Le croyant devra, lui aussi,  se dessaisir de sa vie centrée sur lui-même pour recevoir de Jésus la « vie éternelle », la pleine communion avec Dieu, il s’agit de servir le Christ en sa mission pour parvenir  «  là où il est », là où il n’a  jamais cessé d’être, c’est-à- dire dans la gloire de Dieu, là où le Père honore ceux qui suivent son Fils .

L’Evangile de Jean ne raconte ni la transfiguration, ni l’agonie  de Jésus à Gethsémani, mais il reprend ici la teneur de ces deux épisodes , à sa façon.  Devant la perspective de sa mort, Jésus est bouleversé, parallèle à l’expression «  Que ton nom soit sanctifié », voici la demande de Jésus : «  Glorifie ton Nom », montre ta gloire, fais-toi reconnaître dans le don d’amour , que je vais accomplir en ton nom .Comme dans l’épisode de la Transfiguration survient la voix céleste. Elle dit littéralement : «  J’ai glorifié et je le glorifierai encore « .Par la croix de Jésus , Dieu révélera l’étendue de son amour. Mais en même temps, c’est bien Jésus qu’il met par là en valeur.

La foule ne comprend pas : est-ce un coup de tonnerre ?Un ange ?Jésus seul peut révéler le double message de Dieu :l’amour est plus fort que le Mal qui cherche à emprisonner l’homme. Est vaincu par la croix, le satan «  le prince de ce monde »ou le «  dieu de ce monde », ces expressions symbolisent et résument les forces néfastes , hostiles aux projets de Dieu .Par cette victoire, l’amour aspire  l’humanité  vers le Christ hissé sur la croix et élevé par le Père. Cet amour ne se comprend de la part du croyant, que par une expérience de dépouillement de soi à la suite du Christ, grain de blé tombé en terre » Qui aime sa vie la perd ».

Commentaire  quasi intégral de Claude Tassin dans «  Feu Nouveau » 61/2

Dans la Bible, le mot « gloire »ne signifie pas la renommée, ni les honneurs dus à une supériorité triomphale, mais désigne l’importance, le poids, l’influence d’une action , d’une vie .Par le don de sa vie sur la croix Jésus manifeste toute l’importance , tout «  le poids » de son amour pour le Père et pour nous.

Tiré de «  Feu Nouveau » 58/2

Jésus semble avoir oublié les Grecs, il a pourtant répondu à leur requête et à la nôtre, nous ne pouvons voir un Jésus du passé. Comprenons plutôt » de quel genre de mort , il allait mourir » ( Jn 18, 32) ; Nous devons voir une histoire d’amour, l’histoire de celui qui a été élevé  pour conduire à Dieu, les Grecs, les humains de toutes les nations.

Tiré de «  Feu Nouveau » 61/2

Pour qui veut plus : consulter les commentaires de Marie-Noëlle Thabut sur internet  ;s’inspirer de l’homélie d’une messe télévisée ou retransmise sur you tube…

3 ième temps : » meditatio »

Je relis de nouveau lentement le texte, j’identifie un message qui me touche  plus particulièrement, qui me rejoint. Que message le Seigneur m’adresse-t-il par cette Parole ? Je prends le temps, je me fixe sur Dieu en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du message révélé. Je note  le message  que le Seigneur m’adresse par cet Evangile.

4 ième temps : « oratio »

L’oraison ou prière consiste à entrer en relation avec le Seigneur à partir de ce que je retiens de la Parole. Je laisse mon être profond parler librement au Seigneur, avec tout ce que je suis.

5 ième temps : «  contemplatio »

La contemplation consiste à goûter dans la paix, les lumières perçues dans la Parole de ce jour. Je ne me précipite pas…je prends le temps pour permettre une adhésion profonde du cœur et me laisser ajuster à la disposition intérieure du Christ J’accueille et goûte les fruits que l’Esprit suscite en moi : paix, joie, patience, courage…

6 ième temps : «  actio »

L’action me permet  de faire fleurir la Parole dans ma vie :  

Quelques pistes :

Le verbe «  voir » dans l’Evangile de Jean évoque entre autre cette rencontre intérieure qui permet de découvrir l’identité profonde du Christ ?Par quels moyens , puis-je avancer sur ce chemin qui permet de mieux connaître le Christ ?Comment se manifeste mon désir de rencontrer Celui qui donne sens à nos vie ? Comment dans le monde actuel, puis-je conduire les chercheurs de Dieu à rencontrer le Christ : dans ma famille, mes amis, ma communauté ? Qu’est-ce qui donne à ma vie personnelle tout «  son poids » , tout son sens  en profondeur ?L’image du «  grain de blé » explique cette fécondité du grain qui doit mourir pour vivre, comment cette image  peut concrètement rejoindre ma vie ?

Inspiré de «  Feu Nouveau » 58/2

7 ième temps : la prière :le psaume  et le Notre Père

-Prière du peuple juif, de Jésus, de l’Eglise, le psaume  est composé de mots humains, je prie avec le psaume 50 proposé par la liturgie de ce dimanche.

Dans ce psaume 50, nous découvrons Dieu toujours prêt à nous pardonner, Il nous offre  sans cesse de repartir à neuf, Il nous offre sans cesse sa joie, la vraie joie. Avec le psalmiste, disons notre foi, notre joie de croire.

Donne-nous Seigneur, un cœur nouveau !

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde , efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur , ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit .Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne. Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins  ;vers toi, reviendront les égarés.

– Je termine par le  « Notre Père » en communion avec toute l’Eglise.

Semaine après semaine, nous avançons vers Pâques, laissons-nous refaçonner en profondeur à l’image de Dieu. Laissons-nous é »ressusciter »à la vie nouvelle à la suite du Christ !

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