4ème dimanche du carême 31mars 2019

Un père avait deux fils. Tout s’est joué entre eux. II y a le cadet qui voulait faire sa vie. Un jour, il s’éloigna pour un autre pays, une autre façon de vivre. II quitta le droit chemin, les lois de sa famille, la morale de son père. Et ce fut l’engrenage, la grande vie, les dépenses, et puis vint la misère, la faim, la solitude. Alors, il repense à son père, sa maison, son Eglise. II décide d’y retourner. II demandera pardon, pour avoir à manger. II ne sera plus un fils, car il n’en est pas digne, mais un simple ouvrier. Ce n’est plus un père qu’il cherche, mais plutôt un patron.

Puis il y a l’aîné. Fidèle en toutes choses et depuis tant d’années, pas un pas de côté. Pratiquant régulier, la messe, les sacrements. Obéissant, soumis à tous les commandements, respectant la morale, admettant tous les dogmes, croyant ce qu’il faut croire, disant ce qu’il faut dire, faisant ce qu’il faut faire. Un exemple vivant. II n’en est pas peu fier. Bon pharisien, en somme. Et voilà que le père voudrait faire la fête pour ce fils dévoyé quia tout dépensé, avec des filles en plus. Mais ce serait injuste ! Ainsi, ce que l’aîné attend, ce n’est pas un père, mais bien un justicier.

Et il y a le père. Un père qui est père. Qui aime sans calcul, sans arrière-pensée. Qui ne juge pas ses fils en fonction de leur vertu, ni de leur soumission aux lois, aux règlements, ni non plus de leurs mérites. Qui juge selon son coeur. Et qui se réjouit quand on revient chez lui : « Qu’on l’habille, qu’on le chausse, qu’on tue le veau gras, mangeons, faisons la fête. » Un père comme on en rêve quand on se sait pécheur. Et quand l’aîné lui dit : « Ton fils que voilà », le père lui répond : « Ton frère que voilà. » Car pour pouvoir dire père, il faut d’abord dire frère.

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