Message du pape François pour le Carême 2020


24 février 2020 par Sophie Delhalle

Comme chaque année, le pape François adresse à l’ensemble des croyants son message de Carême, « temps favorable pour nous préparer à célébrer avec un cœur renouvelé le grand Mystère de la mort et de la résurrection de Jésus ».  Et nous devons adhérer chaque jour un peu plus à ce mystère, par une réponse libre et généreuse.

Le Mystère pascal, fondement de la conversion. Tel est le titre du premier paragraphe du message papal.  « La joie du chrétien découle de l’écoute et de l’accueil de la Bonne Nouvelle de la mort et de la résurrection de Jésus. » (qu’on appelle aussi le kérygme). Le pape rappelle que nous recevons la vie du Père, que nous ne sommes donc pas des êtres autosuffisants. Nous invite aussi à voir et à rejeter le mal qui sévit dans le monde. Et reprenant un extrait de Christus Vivit, il souhaite étendre à tous les chrétiens ce qu’il a écrit aux jeunes : « Regarde les bras ouverts du Christ crucifié, laisse-toi sauver encore et encore. Et quand tu t’approches pour confesser tes péchés, crois fermement en sa miséricorde qui te libère de la faute. Contemple son sang répandu avec tant d’amour et laisse-toi purifier par lui. Tu pourras ainsi renaître de nouveau » (n. 123). Car la Pâque de Jésus n’est pas un événement du passé, elle est toujours actuelle et « nous permet de regarder et de toucher avec foi la chair du Christ chez tant de personnes souffrantes« .

Dans un deuxième paragraphe, le pape François évoque l’ urgence de la conversion.  Contempler plus profondément le Mystère pascal, c’est aussi prendre conscience de la miséricorde de Dieu. Dans un ‘‘face à face’’ avec le Seigneur crucifié et ressuscité, dans un dialogue cœur à cœur, d’ami à ami.  Pour François, la prière est en ce temps de Carême très importante. « Avant d’être un devoir, elle exprime le besoin de correspondre à l’amour de Dieu qui nous précède et nous soutient toujours« . Cette prière peut prendre différentes formes, « mais ce qui compte vraiment aux yeux de Dieu, c’est qu’elle creuse en nous jusqu’à réussir à entamer la dureté de notre cœur, afin de le convertir toujours plus à lui et à sa volonté« . Le temps de Carême est donc un temps d’approfondissement de la Parole en nous, pour expérimenter la miséricorde gratuite du Seigneur.

Pour le saint Père, la volonté passionnée de Dieu est de dialoguer avec ses enfants. C’est ce qu’il nous explique dans un troisième paragraphe. En nous mettant directement en garde : « Le fait que le Seigneur nous offre, une fois de plus, un temps favorable pour notre conversion, ne doit jamais être tenu pour acquis« . Cette nouvelle opportunité doit éveiller en nous un sentiment de gratitude et nous secouer de notre torpeur, écrit-il encore.  Et ce , « Malgré la présence, parfois dramatique, du mal dans nos vies ainsi que dans la vie de l’Église et du monde« . Pendant le Carême, Dieu exprime sa volonté tenace de ne pas interrompre le dialogue du salut avec nous. Dieu, par le Mystère pascal de son Fils, veut dialoguer avec nous, en vérité, loin des bavardages mondains et superficiels.

Enfin, François nous exhorte à partager nos richesses plutôt qu’à les accumuler. « Mettre le Mystère pascal au centre de la vie signifie éprouver de la compassion pour les plaies du Christ crucifié perceptibles chez les nombreuses victimes innocentes des guerres, dans les atteintes à la vie, depuis le sein maternel jusqu’au troisième âge, sous les innombrables formes de violence, de catastrophes environnementales, de distribution inégale des biens de la terre, de traite des êtres humains dans tous aspects et d’appât du gain effréné qui est une forme d’idolâtrie ». C’est pourquoi les hommes et femmes de bonne volonté sont appelés aujourd’hui à partager leurs biens avec ceux qui en ont le plus besoin. Cette aumône doit être vue comme une forme de participation personnelle à la construction d’un monde plus équitable. « Le partage dans la charité rend l’homme plus humain, alors que l’accumulation risque de l’abrutir, en l’enfermant dans son propre égoïsme« . Nous pouvons et nous devons aller encore plus loin, insiste François qui annonce la convocation, du 26 au 28 mars, à Assise, de jeunes économistes, entrepreneurs et porteurs de changement, « dans le but de contribuer à l’esquisse d’une économie plus juste et plus inclusive. »

S.D.