Textes pour un dernier adieu


A DIEU

Ami, nous te disons à Dieu ! Nous lui disons ce qu’il sait bien de toi : qu’il t’a placé sur cette terre, où tu n’as pas choisi de venir, et que tu as vécu avec une part en toi de jour et de nuit, de bien et de mal, d’amour et de haine, de grâce et de péché, comme il le sait ! Nous te disons à Dieu ! Ami, nous te disons à Dieu ! Nous lui disons ce qu’il sait bien de toi : qu’il t’a formé de cette terre dont tu n’as pas choisi d’être fait et qu’il t’a mis debout, avec l’Esprit en ta chair, le besoin et le désir, la peur et l’espoir, le doute et la foi, le oui et le non, comme il le sait ! Nous te disons à Dieu ! Ami, nous te disons à Dieu ! Nous lui disons ce qu’il sait bien de toi : qu’il t’a repris à cette terre d’où tu n’as pas choisi de partir et que tu as laissé tes amis, leur amour, tes projets, tes images, les arbres, les maisons, la musique, les couleurs, le blé, le vent et l’eau, comme il le sait ! Nous te disons à Dieu !

L’ARBRE ET LA GRAINE

Quelqu’un meurt, et c’est comme des pas qui s’arrêtent … Mais si c’était un départ pour un nouveau voyage ? Quelqu’un meurt, et c’est comme une porte qui claque … Mais si c’était un passage s’ouvrant sur d’autres paysages ? Quelqu’un meurt, et c’est comme un arbre qui tombe … Mais si c’était une graine germant dans une terre nouvelle ? Quelqu’un meurt, et c’est comme un silence qui hurle … Mais s’il nous aidait à entendre la fragile musique de la vie ?

NE PLEURE PLUS SI TU M’AIMES

Si tu savais le don de Dieu et ce qu’est le ciel : si un instant tu pouvais contempler comme moi la beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent ! … Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux qui m’enchaînaient et quand, un jour que Dieu connaît, ton âme viendra dans ce ciel où l’a précédée la mienne, ce jour-là, tu reverras celui qui t’aimait et qui t’aime plus encore. Tu me reverras donc, trans-figuré dans l’extase et le bonheur, non plus attendant la mort, mais avançant d’instant en instant avec toi dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie. Essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m’aimes.

IL RESTERA DE TOI

Il restera de toi, ce que tu as donné, au lieu de le garder dans des coffres rouillés. Il restera de toi, de ton jardin secret, une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée. Il restera de toi, ce que tu as chanté, à celui qui pas-sait sur son chemin désert. Il restera de toi, une brise du soir, un refrain dans le noir jusqu’au bout de l’hiver. Il restera de toi, ce que tu as offert, entre tes bras ouverts un matin au soleil. Il restera de toi, ce que tu as perdu, que tu as attendu plus loin que tes réveils. Il restera de toi, une larme tombée, un sourire germé sur les yeux de ton cœur. Il restera de toi, ce que tu as semé, que tu as partagé aux mendiants du bonheur.

L’AMOUR NE DISPARAIT JAMAIS

La mort est un passage, je suis passé dans la pièce à côté. Je suis moi, tu es toi. Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné. Parle-moi comme tul’as toujours fait. N’emploie pas un ton différent. Ne prends pas un air solennel ou triste. Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Prie, souris, pense à moi, prie pour moi. Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l’a toujours été, sans emphase d’aucune sorte, sans une trace d’ombre. La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié. Elle est ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de ta pensée, simplement parce que je suis hors de ta vue ? Je t’attends, je ne suis pas loin, juste de l’autre coté du chemin.

ILS SONT NOMBREUX LES BIENHEUREUX

Ils sont nombreux les bienheureux qui n’ont jamais fait parler d’eux et qui n’ont pas laissé d’image. Tous ceux qui ont depuis des âges aimé sans cesse et de leur mieux autant leurs frères que Dieu !Ceux dont on ne dit pas un mot. Ces bienheureux de l’humble classe, ceux qui n’ont jamais eu l’extase et n’ont laissé d’autre trace qu’un coin de terre ou un berceau. Ils sont nombreux ces gens de rien, ces bienheureux du quotidien qui n’entreront pas dans l’histoire ceux qui ont travaillé sans gloire et qui se sont usés les mains à pétrir, à gagner le pain. Ils ont leurs noms sur tant de pierres et quelque fois dans nos prières, mais ils sont dans le cœur de Dieu ! Et quand l’un deux quitte la terre, pour gagner la maison du père, une étoile naît dans les cieux.

MARIE DE LA TENDRESSE

Marie de nos détresses, quand un ami s’en va, Marie de la tendresse, nous avons besoin de toi. Pour croire au Dieu vivant, pour être forts, prie pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort. Marie de nos souffrances, debout près de la croix, Marie de l’espérance, nous avons besoin de toi. Pour croire au Dieu vivant, pour être forts, prie pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort.

TU T’EN VAS

Tu n’as pas attendu que soient tournées les pages que nous voulions écrire ensemble, tu t’en vas, et tu n’as pas attendu le temps de la moisson, le temps de récolter ce qu’ensemble nous avions semé. Tu t’en vas et tu n’as pas attendu que la maison soit finie, les enfants élevés. Tu t’en vas et tu n’as pas attendu que nous pre-nions le temps de nous réconcilier avec ceux qui nous ont fait du mal, avec ceux que nous avons blessés. Pourtant j’espère que Dieu t’attend, j’espère qu’ Il te pardonnera ce que d’autres ne t’ont pas pardonné. J’es-père que Dieu fera mûrir les semences déposées en terre, les projets encore en devenir et les amitiés qui commençaient à fleurir.

AU BOUT DU MONDE

Au bout du monde, il n’y a pas de route, mais le terme d’un pèlerinage. Au bout de l’ascension, il n’y a pas l’ascension, mais le sommet. Au bout de la nuit, il n’y a pas la nuit, mais l’aurore. Au bout de l’hiver, il n’y a pas l’hiver, mais le printemps. Au bout de la mort, il n’y a pas la mort, mais la Vie. Au bout du désespoir, il n’y a pas le désespoir, mais l’Espérance. Au bout de l’humanité, il n’y a pas l’homme, mais l’Homme-Dieu. Au bout du Carême, il n’y a pas le désert, mais la Résurrection.

C’EST BIEN NATUREL

Quand on pense à ton grand âge, c’est bien naturel que tu sois parti : nous nous y attendions : Il y avait si longtemps que tu souffrais, que tu t’affaiblissais et que tu nous disais : mon heure est proche. Pourtant nous souffrons car ceux qu’on aime n’ont pas d’âge. On les aime, c’est tout. Tu retrouves maintenant ceux que tu as aimés, certains sont partis déjà depuis bien longtemps. Nous ne les connaissons pas, mais tu nous en parlais : maintenant tu les vois. Pour toi le Christ, la Vierge Marie, et tous les saints vont accourir. Ils te prennent par la main pour te mener au Père.

UN GRAND AMOUR M’ATTEND

Ce qui se passera de l’autre côté quand tout pour moi aura basculé dans l’éternité … Je ne le sais pas ! Je crois, je crois seulement qu’un grand amour m’attend. Je sais pourtant qu’alors, pauvre et dépouillé, je laisserai Dieu peser le poids de ma vie, mais ne pensez pas que je désespère … Non, je crois, je crois tellement qu’un grand amour m’attend. Si je meurs, ne pleurez pas, c’est un amour qui me prend paisiblement. Si j’ai peur… et pourquoi pas ? Rap-pelez-moi souvent, simplement, qu’un grand amour m’attend. Mon Rédempteur va m’ouvrir la porte, de la joie, de sa lumière. Oui, Père, voici que je viens vers toi. Comme un enfant, je viens me jeter dans ton amour, ton amour qui m’attend.

PRIERE POUR LA PAIX

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix, Là où est la haine, que je mette l’amour. Là où est l’offense, que je mette le pardon. Là où est la discorde, que je mette l’union. Là où est l’erreur, que je mette la vérité. Là où est le doute, que je mette la foi. Là où est le désespoir, que je mette l’espérance. Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière. Là où est la tristesse, que je mette la joie. O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer. Car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie

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