Tous… saints ?


Les saints seraient-ils pétris dans une humanité différente de la nôtre ? Entourés d’anges protecteurs dès le ­berceau, ne vivraient-ils que de visions et d’extases ? Leurs souffrances seraient-elles sans lien avec nos peines bien humaines ? En cette fête de la Toussaint, ces pensées peuvent nous effleurer et nous ­dispenser d’accepter pour nous-mêmes un chemin de sainteté. Or, tous les chrétiens sont appelés à la sainteté. S’il existe en effet des saints dont la vie extraordinaire ne peut être imitée, d’autres ont eu une vie tout ordinaire, dans laquelle, pourtant, Dieu avait la première place. Pensons aux parents de Thérèse de Lisieux, béatifiés ré­cemment, qui n’ont cessé de vivre sous le regard de Dieu. Mais comment en faire autant ? Mode d’emploi de la sainteté, les béatitudes peuvent nous aider. Le mot « heureux », s’il est une ­promesse de bonheur, est d’abord une invitation à nous mettre « en marche ». L’essentiel est d’avancer, sans nous ­préoccuper du chemin parcouru, ni des étapes encore à franchir.

Cessons de nous interroger sur l’éclat de notre future auréole, mais ­choisissons une béatitude qui nous attire davantage. Sentons-nous un appel à aimer les autres avec douceur et ­miséricorde ? Au travail ! Militer pour plus de justice et de paix nous motive ? En avant ! L’épreuve nous ouvre-t-elle à la supplication et à la confiance en Dieu ? Heureux ceux qui pleurent… Notre témoignage nous conduit-il à être méprisé ou insulté ? Heureux sommes-nous.
Avec, au cœur, une béatitude qui nous stimule, nous serons conduits à vivre toutes les autres. Sans doute notre nom ne sera-t-il jamais au calendrier. Mais il sera gravé pour toujours dans le cœur de Dieu.

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