Une célébration à vivre seul ou en famille pour ouvrir le carême 2021


Pour vivre un mercredi des cendres  en cette période de covid-19, proposition de temps de prière seul ou en famille.

Ouverture

« Revenez à Dieu de tout votre coeur » : cet appel pressant que nous adressera le prophète Joël est celui de tout le temps du Carême qui s’ouvre devant nous. Par la prière, le jeûne et le partage avec les plus pauvres, nous sommes invités à mettre Dieu au coeur de notre vie. Prier en ce mercredi des cendres est  le signe de notre profond désir de conversion: ensemble, en communion de prière les uns et les autres,  nous voulons croire à la Bonne Nouvelle du Christ.

Demandons pardon à Notre Père.

– Dans nos regards passent les jugements qui condamnent, pardon Seigneur!

– De nos paroles coule la malveillance, pardon Seigneur!

– De nos chemins de chaque jour l’Evangile est éloigné, pardon Seigneur!

Prions

Dieu d’amour, nous voici pécheurs et pauvres devant toi. Tu connais nos infidélités, mais tu sais aussi le désir de notre cœur. Fais-nous revenir à toi, donne-nous de vivre ce temps de Carême comme un cœur à cœur avec toi, le Dieu vivant pour les siècles des siècles.

Ecoutons la Parole de Dieu

Lecture du livre de Joël 2, 12-18

Parole du Seigneur: Revenez à moi de tout votre coeur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos coeurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment.

Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et vous combler de ses bienfaits : ainsi vous pourrez offrir un sacrifice au Seigneur votre Dieu.

Sonnez de la trompette dans Jérusalem : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une solennité, réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons !

Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre! Entre le portail et l’autel, les prêtres, ministres du Seigneur, iront pleurer et diront : « Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n’expose pas ceux qui t’appartiennent à l’insulte et aux moqueries des païens ! Faudra‑t-il qu’on dise: ‘Où donc est leur Dieu ?’. »

Et le Seigneur s’est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple.

Psaume 50 :

Donne‑nous, Seigneur, un coeur nouveau, mets en nous un esprit nouveau

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,

selon ta grande miséricorde, efface mon péché.

Lave‑moi tout entier de ma faute,

purifie‑moi de mon offense.

Oui je connais mon péché,

ma faute est toujours devant moi.

Contre toi, et toi seul, j’ai péché,

ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu,

renouvelle et raffermis

au fond de moi mon esprit.

Ne me chasse pas loin de ta face,

ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends‑moi la joie d’être sauvé,

que l’esprit généreux me soutienne ;

Seigneur, ouvre mes lèvres,

et ma bouche annoncera ta louange.

Lecture de la seconde lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens              5, 20 ‑ 6, 2

Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ et par nous c’est Dieu lui‑même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez‑vous réconcilier avec Dieu.

Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu. Et puisque nous travaillons avec lui nous vous invitons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu. Car il dit dans l’Écriture : « Au moment favorable, je t’ai exaucé ; au jour du salut, je suis venu à ton secours. » Or, c’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut.

Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. Convertissez‑vous, dit le Seigneur, car le Royaume des cieux est proche. Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

 Évangile de Jésus‑Christ selon saint Matthieu 6,1‑6.16‑18

Comme les disciples s’étaient rassem­blés autour de Jésus sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.

Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux‑là ont tou­ché leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra.

Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux‑là ont touché leur récom­pense. Mais toi, quand tu pries, retire‑toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeû­nent. Amen, je vous le déclare : ceux‑là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume‑toi la tête et lave‑toi le visage; ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret : ton Père voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra.

Texte de réflexion :

Nous entrons aujourd’hui en Carême. Quand nous entendons « Carême », nous avons souvent tendance à penser à des restrictions sur le chocolat ou l’alcool. Cela nous attire pas trop. Mais bien sûr, comme chrétiens nous voulons faire quelque chose qui nous aide à bien nous préparer à Pâques.

« Revenez à Moi, de tout votre coeur, » dit le Seigneur par la bouche du prophète Joël. C’est là que commence le vrai problème : retourner à Dieu, de tout coeur. Retourner à Dieu, ça veut dire que nous reconnaissons que nous avons perdu le vrai chemin, qu’il faut prendre un autre chemin.

Retourner à Dieu, ça veut dire que nous reconnaissons que nous sommes pas Dieu, mais qu’il est une Personne qui nous appelle, une Personne, autre que nous. Dieu nous appelle à vivre en relation avec lui. Le Carême est un temps qui nous est donné, comme Saint Paul nous le dit : « C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut. » Le Carême est une invitation à vivre dans le temps et dans l’espace, dans l’aujourd’hui de Dieu, donc de faire des choses concrètes.

Jésus nous donne trois exemples, qui ne sont pas que des attitudes, mais des choix très concrets qui nous permettent de bien voir notre vérité et la profondeur de notre être.

Jésus nous parle d’aumônes. Il nous invite à les faire en silence, parce que si tu le fais pour obtenir la gloire qui vient des hommes, ou par devoir moral, tu as déjà touché ta récompense. C’est très peu ; Dieu en fait veut nous donner bien plus, c’est-à-dire la récompense qui n’est rien moins que Dieu lui-même. Donc : ne calculons pas. N’ayons pas trop peur de perdre quelque chose. Ce qui nous fait peur de partager, ce n’est pas forcément l’égoïsme, mais le fait de reconnaître dans l’autre, mon égal, celui qui est enfant de Dieu au même titre que moi.

Jésus nous exhorte à la prière en secret. Aujourd’hui, on n’est pas d’abord tenté de prier en public, avec ostentation, comme ces pharisiens de l’évangile de Matthieu. Prier en public est presque devenu indécent. ! Où se nicherait donc l’hypocrisie de notre temps ? Peut-être dans notre façon de dire : “Je n’ai pas besoin d’aller à la messe pour prier, je peux prier chez moi,” tout en ne le faisant pas : quelqu’un qui a une vie de prière, désire participer à la vie communautaire des croyants.

Si nous ne donnons pas réellement du temps concret dans notre vie à la prière, en fait nous finirons par ne plus prier. La prière se meurt toujours très silencieusement. Tant qu’elle ne demeure qu’un devoir, qu’une obligation purement extérieure, voire même une corvée, nous l’éviterons. Tant que Dieu demeure pour nous un moyen et pas un but en soi, nous n’apprendrons jamais à prier vraiment. La prière répond à un besoin, qui est plus métaphysique que matériel. Le plus grand défi de la prière est là : dans l’ouverture de notre coeur, dans le temps que nous donnons à Dieu et qui Lui permet de nous former, à faire de nous des hommes nouveaux. La prière est une cure d’oxygène qui est nécessaire pour notre âme. Et pour que notre prière devienne vraiment une relation vivante, elle a besoin de temps et d’espace ; d’intériorité et de repos aussi.

Et le jeûne ? Ne pensons pas trop vite uniquement à la nourriture et à la boisson. Quelles sont nos petites drogues, les choses dont nous ne pouvons pas nous passer et qui ont seulement l’air d’être indispensables ? Où sont nos petites dépendances ? La TV, l’ordinateur, voire le travail… à chacun de s’examiner.

Le temps de Carême est un temps de guérison et de libération, un temps positif. Il est un cadeau, un temps favorable, une école de vie, un temps d’exercice communautaire à la vie chrétienne. Profitons-en. A Pâques, nous aurons fait un grand pas en avant, nous serons plus authentiques. Bonne quarantaine  !

Prions :

Tu m’as confié l’amour et le don, tu m’as confié la paix et le pardon, tu m’as confié la lutte et le salut du monde, tu m’as confié la joie et l’avenir du monde.

Mai j’ai oublié la grâce reçue de toi. Tout est parti en fumée par mon indifférence, par ma volonté et c’est mon péché. Il ne reste que les cendres de la beauté passée et dans mon coeur ne demeurent que les résidus de mon être appelé aux plus hautes fonctions.

Vois, Seigneur, c’est tout ce qui me reste du bel héritage à moi confié. Pourtant, Seigneur, à tes yeux, je le crois, jamais rien n’est joué et même les cendres et les résidus gardent la puissance de germer.

Aussi me lèverai-je aujourd’hui, je prendrai mes cendres et je les convertirai en terre à semailles. Car mes cendres sont la terre nouvelle qu’il m’appartient de créer et d’habiter.

Mes prières fertilisées par ta grâce seront ma terre renouvelée où l’Evangile étendra ses racines largement. Vois, Seigneur, ma prière est déjà la promesse de la moisson à venir!

Ouvrons notre prière aux dimensions de nos frères et sœurs les Hommes

Puisque tu as confié à ton Église la prédication de la Bonne Nouvelle, suscite en elle, Seigneur, des témoins courageux dans toutes les régions du monde, nous t’en prions.

Ceux qui ont une responsabilité publique sont parfois tentés de briller aux yeux des hommes… Mets en eux, Seigneur, le désir du bien, nous t’en prions.

Quand survient la maladie ou le deuil, la souffrance injuste, l’accident, beaucoup perdent confiance. Révèle‑toi, Seigneur, à chacun de tes enfants, nous t’en prions.

Pour nous qui sommes parfois des chrétiens « habitués » : pour que ce Carême nous renouvelle en profondeur, redis‑nous, Seigneur, la joie d’aimer, nous t’en prions.

Notre Père…

Concluons notre Prière

Dieu notre Père, en priant en ce jour d’ouverture du carême nous avons dit notre désir de revenir à toi. Donne‑nous de trouver le temps et les chemins de la prière. Apprends‑nous à retrouver le sens de l’essentiel. Ouvre nos mains pour le partage avec nos frères, et nous vivrons ce temps du Carême comme un temps de réconciliation avec toi, notre Dieu pour les siècles des siècles.

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