Jean-Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples


Deux jours de suite, Jean-Baptiste voyant Jésus au bord du Jourdain parle de lui à ses disciples. Il n’en faudra pas plus pour que certains d’entre eux, comme André, par exemple, le quittent et suivent Jésus. En quelques lignes, ce texte nous fait passer de l’Ancien au Nouveau Testament : jusqu’ici, on était dans le temps de la Promesse ; désormais est venu le temps de l’accomplissement Le Messie était annoncé, attendu… et le voici. Jean-Baptiste a accompli sa mission. Il s’efface et s’en réjouit Plus tard, il dira dans ce même évan­gile de Jean : «Je ne suis pas le Christ, mais je suis celui qui a été envoyé devant lui… Il faut qu’il grandisse et que moi, je diminue » (Jn 3,28-30).

Voici l’Agneau de Dieu

C’est parce que Jean-Baptiste a désigné Jésus comme l’agneau de Dieu que ses disciples s’intéressent au nouveau venu. Cette appellation évoquait l’agneau pascal : chaque année, lors de la Pâque, les Juifs partageaient (et partagent encore aujourd’hui) l’agneau en souvenir de la sortie d’Egypte et dans l’attente du salut final. La même foi les animait : Dieu a libéré son peuple de l’esclavage en Egypte, il poursuit en permanence son œuvre de libération, et le jour viendra où il enverra son Messie, nouvel agneau, pour délivrer l’humanité tout entière de ses chaînes.

Jean-Baptiste pensait-il en même temps à Moïse ? Car les com­mentaires juifs de l’Exode comparaient Moïse à un agneau : face à la puissance des Pharaons, la faiblesse et l’innocence l’avaient emporté. Saint Jean, lui, y pense probablement.

Plus tard, après la Passion et la Résurrection du Christ, on a certainement fait d’autres rapprochements. Mais Jean-Bap­tiste ne pouvait probablement pas les envisager. Car, s’il a clairement deviné la véritable personnalité de son cousin (dans les versets précédents, saint Jean rapporte qu’il l’a désigné comme le Christ), il n’a peut-être pas immédiate­ment entrevu les souffrances qu’il devrait endurer. Mais, après Pâques et la Pentecôte, on a relu le texte dans lequel Isaïe annonce que le salut sera accompli par celui qu’il appelle le Serviteur de Dieu. Le prophète le compare à un agneau innocent qui porte les péchés de la multitude ! (Is 52-53). « Brutalisé, il s’humilie ; il n’ouvre pas la bouche, comme un agneau traîné à l’abattoir, comme une brebis devant ceux qui la tondent : elle est muette ; lui n’ouvre pas la bouche » (Is 53,7).   Autre méditation d’après Pâques : dans le fameux épisodedu sacrifice d’Abraham, quand Isaac avait posé à son père la question : « Mais où est donc l’agneau pour l’holocauste ? »  Abraham avait répondu : « C’est Dieu qui pourvoiera à l’agneau pour l’holocauste, mon fils. » Jésus n’est-il pas cet agneau donné par Dieu ? Sa disponibilité à la volonté du Père est le plus beau des sacrifices.               

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :